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Nouveau plan sucrier pour 2005-2015

16 septembre 2004, 20:00

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Le gouvernement planche actuellement sur un nouveau plan d?action pour permettre à l?industrie sucrière de se restructurer et de survivre. Face aux menaces qui pèsent sur l?industrie sucrière, notamment une réduction de prix de 37 %, il est vital de donner à ce secteur les moyens de sa survie. Après le Sugar Sector Strategic Plan (SSSP) de 2001, le gouvernement vient de l?avant avec un nouveau plan.

Couvrant la période 2005 à 2015, il prendra en considération de nombreux aspects vitaux pour l?industrie. Le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, en a évoqué les contours hier lors de l?assemblée générale annuelle du Mauritius Sugar Syndicate (MSS).

La centralisation des usines sucrières, une utilisation optimale de la bagasse, la production d?éthanol qui pourrait être utilisé comme co-carburant pour les véhicules, la production de plus de sucres spéciaux avec davantage de valeur ajoutée créés localement, un programme intensif d?épierrage, d?irrigation et de mécanisation qui inclut le regroupement des petits planteurs, la poursuite du plan de mise à la retraite volontaire (VRS) et la restructuration des institutions de service à l?industrie. Tels sont les principaux aspects de ce plan évoqué par Nando Bodha.

Ce plan sera utilisé comme base de discussions avec les partenaires du groupe Afrique, Caraïbe, Pacifique (ACP) et ceux de l?Union européenne (UE) dans le cadre des compensations dont nous avons besoin pour faire face aux propositions de réforme du régime sucrier. Le président sortant du MSS, Hector Espitalier Noël, a lui aussi évoqué la nécessité d?engager de nouvelles mesures pour poursuivre et accélérer la restructuration du secteur sucre qui a démarré en 1997 avec le Blueprint sur la centralisation, rappelle-t-il.

Prévisions bousculées

L?adoption du SSSP et la mise en application du VRS en 2001 ont été une nouvelle étape. Ce plan a coûté cher à l?industrie qui a consenti à le financer en se basant sur les revenus attendus. La proposition de réforme du régime sucrier bouscule ces prévisions par l?ampleur de la baisse de prix annoncée et par la rapidité avec laquelle elle pourrait être appliquée, soit dès juillet 2005.

Maurice et les ACP devraient faire pression pour qu?il n?y ait pas de réduction du prix jusqu?en 2008. Ce qui donnerait à l?industrie le temps nécessaire pour se préparer à cette réforme, déclare Hector Espitalier Noël.

Outre le temps, il faut également que l?industrie sucrière soit en mesure de prédire avec confiance le niveau de revenus qu?elle pourra générer afin de pouvoir investir dans la viabilité à long terme de ce secteur, ajoute-t-il. Sans cela personne ne voudra investir davantage. Le ministre de l?Agriculture insiste également sur cet élément de prédictibilité.

Dans les grandes lignes, Hector Espitalier Noël et Nando Bodha sont sur la même longueur d?onde concernant les multiples actions de lobbying entreprises par Maurice et les ACP au niveau de toutes les instances de l?UE pour préserver les intérêts de l?industrie.

Pravind Jugnauth est actuellement en Europe à cette fin et Maurice accueille samedi le ministre français de l?Agriculture, Hervé Gaymard. ?Ce sera une occasion de lui montrer de visu ce que le sucre veut dire pour une petite île comme la nôtre?, commente Nando Bodha.

De même, il y a également convergence sur les mesures à prendre pour poursuivre la restructuration du secteur. Le président sortant du MSS a pratiquement évoqué les mêmes aspects que ceux soulevés par le ministre de l?Agriculture. Hector Espitalier Noël remet toutefois sur le tapis la question d?une révision du prix du sucre vendu sur le marché local. ?Il faut le relever à des niveaux économiquement viables pour éliminer les lourdes subventions que payent actuellement les producteurs.?

La hausse croissante du global cess reste définitivement au travers de la gorge de l?industrie. ?Ce prélèvement, destiné à financer les institutions de service à l?industrie sucrière, a atteint le niveau record de Rs 622 millions, souligne Hector Espitalier Noël, et cela représente quelque Rs 1 156 sur chaque tonne de canne produite.?

PRÉSIDENCE

Hansraj Ruhee remplace Hector Noël

■ Le directeur du groupe Ramphul Ltée présidera aux destinées du Mauritius Sugar Syndicate en 2004-2005. Il succède à Hector Espitalier Noël. Il a, depuis 1989, siégé au comité du Syndicat des sucres comme représentant de la ?Cane Growers? Association?. Il en a été le président en 1992-1993.

Il a été auparavant président de la Chambre d?agriculture en 1990, memebre de l??Advisory Council? de la ?Mauritius Sugar Authority? de 1995 à 1997 et du Conseil d?administration de la ?Bulk Sugar Terminal Corporation? de 1993 à 1998.

Il a aussi siégé au sein de la ?Task Force? sur les institutions de l?industrie sucrière mis sur pied dans le cadre du ?Sugar Sector Strategic Plan?. Hansraj Ruhee est marié et père de trois enfants.

RÉCOLTE 2004

Production et revenus en hausse

■ La récolte sucrière 2004 devrait être meilleure que celle de l?année dernière. La production de sucre devrait s?élever à 590000 tonnes contre 537 155 tonnes en 2003. Toutefois avec 47% de la récolte achevée à ce stade, la production finale dépendra des conditions climatiques et de l?évolution du taux d?extraction. Sur cette base, la récolte 2004 devrait générer Rs 10,3 milliards de recettes contre Rs 9,3 milliards en 2003. Là aussi toutefois, les revenus seront tributaires du taux de l?euro sur le marché international et du taux de change contre la roupie.

LOBBYING

Le Luxembourg prêt pour une nouvelle rencontre avec les ACP

Le lobbying politique et diplomatique des États d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) s?est poursuivi hier au Luxembourg. L?objectif de la mission est d?essayer de contrecarrer l?application des recommandations de la Commission européenne (CE) sur une éventuelle réduction du prix du sucre.

Pravind Jugnauth, vice-Premier ministre et ministre des Finances, a eu une séance de travail d?environ deux heures hier matin avec les ministres luxembourgeois, Fernand Boden, (Agriculture) et Jean-Louis Schiltz (Coopération). Une nouvelle rencontre avec le ministre Boden pourrait avoir lieu au début de l?année prochaine.

Outre Pravind Jugnauth, la délégation des ACP comprenait le ministre du Commerce du Swaziland et celui de l?Industrie du Mozambique ainsi qu?un certain nombre d?ambassadeurs.

?Les ministres ont exposé leurs points de vue au sujet des propositions de réforme du régime sucre par la CE. Cela a permis au ministre Boden d?avoir une idée plus complète de cette problématique?, déclare le porte-parole luxembourgeois.

Campagne de lobbying efficace

Le Luxembourg va assurer la présidence du conseil de l?Union européenne (UE) à partir de janvier 2005. La délégation des ACP souhaite rencontrer le ministre Fernand Boden une nouvelle fois au début de la présidence luxembourgeoise. Le ministre a agréé à cette requête. ?Nous allons essayer de faire de sorte que les préoccupations des ACP soient tenues en ligne de compte dans la mesure du possible lors des discussions sur la proposition de réforme du régime sucre. Nous essaierons de faire entrer cette problématique dans les discussions.? Selon un porte-parole du ministère de l?Agriculture du Luxembourg, la réunion s?est déroulée ?dans un esprit très constructif?.

Dans l?après-midi de mercredi, la délégation des ACP avait aussi rencontré la Sugar Association et la Farmers? Association d?Allemagne. Pravind Jugnauth a rencontré mercredi matin Renate Kùnast, la ministre allemande de l?Agriculture. Mardi, il avait rencontré Cees Veerman, le ministre néerlandais et président du Conseil des ministres de l?Agriculture de l?UE.

La mission de lobbying est suivie de près par la Chambre d?agriculture. Jean-Noël Humbert, secrétaire de Chambre d?agriculture, se dit ?convaincu? que cette campagne de lobbying a été efficace dans la mesure où elle aura permis à des ministres de certains États clés de l?UE d?être davantage sensibilisés aux dangers que représentent les propositions de réforme du régime sucrier. ?Les ministres que Pravind Jugnauth a rencontrés ont tous été réceptifs et sensibles aux problèmes des ACP et de Maurice. Nous attendons maintenant la réunion du Conseil des ministres prévue pour la fin de novembre.?

Nous espérons, ajoute Jean-Noël Humbert, que cette campagne permettra aux ministres de l?UE d?être mieux avertis et d?apporter les amendements nécessaires au projet de réforme du régime sucre afin d?assurer aux pays ACP une production sucrière durable et rentable. Il pense également ?qu?il faut continuer d?alerter et de sensibiliser les États membres de l?UE?.

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