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Le rôle du ?témoin? Nadine Chaton intrigue les enquêteurs
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Le rôle du ?témoin? Nadine Chaton intrigue les enquêteurs
Le scénario était plausible. Même les enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT) s?y sont laissé prendre : Marie Laura Nadine Chaton, 24 ans, leur avait affirmé avoir assisté à l?agression mortelle de Nadine Dantier, le mercredi 25 juin 2003. Cette déclaration, rapportée, il y a près d?une semaine, était si bien cousue qu?elle a conduit les enquêteurs à évoquer un ?développement majeur? dans l?affaire.
Puis, hier, coup de théâtre : Nadine Chaton et le sergent Louis James Mardi, 33 ans, de l?Anti-Drug & Smuggling Unit (Adsu) de Vacoas, sont présentés devant la magistrate Asha Egan-Ramano au tribunal de Curepipe. Une accusation provisoire de complot pour entraver l?enquête policière dans l?agression mortelle de Nadine Dantier est retenue contre eux. À la demande du police prosecutor, l?inspecteur Aniff Thug, les deux suspects sont renvoyés en cellule policière jusqu?au 23 septembre. Une objection to departure pèse sur eux. Convoqués aux Casernes centrales mercredi soir, ils avaient été arrêtés.
L?interpellation de Nadine Chaton fait suite aux doutes émis par les enquêteurs quant à sa présence réelle sur les lieux du crime. Dans une première version, qu?elle a niée par la suite, elle a mis en cause Jean-Yvon Dantier, le beau-père de la victime.
Devant ces ?affabulations?, Jean-Yvon Dantier est hors de lui. ?Je ne compte pas rester les bras croisés. Ces personnes m?auraient incriminé dans l?assassinat de Nadine et de folles rumeurs ont circulé à propos de mon arrestation imminente. Je consulterai donc mon avocat pour voir dans quelle mesure il est possible d?intenter des poursuites au civil à leur encontre.?
Quant au suspect Mardi, il a été arrêté sur la base des allégations de Nadine Chaton : il lui aurait demandé d?apporter un faux témoignage. Interrogé aux Casernes centrales hier soir en présence de son avocat, Me Jim Seetaram, le sergent Mardi maintient sa version initiale. Il affirme depuis le début que Nadine Chaton lui avait confié qu?elle se trouvait à Albion le jour du drame. Il explique être un ami de l?époux de la jeune femme.
Dans sa déclaration aux enquêteurs mercredi, Nadine Chaton affirme d?abord qu?elle se trouvait à Albion, le jour du drame, à proxi-mité du terrain sur lequel a été tuée Nadine Dantier. Si près qu?elle aurait vu des visages et entendu l?échange de propos entre la victime et ses agresseurs. Elle relate en détail les sévices que celle-ci aurait subis. Elle allègue avoir ?reconnu? deux des trois personnes qu?elle désigne comme les ?agresseurs? à travers leurs photos publiées dans la presse. Elle allègue ainsi avoir identifié Jean-Yvon Dantier et Marcelin Azie, le suspect arrêté et toujours en détention.
Rapidement sceptiques
Surpris par cette révélation, les enquêteurs se montrent rapidement sceptiques quant aux motivations réelles de la jeune femme. Elle semble peu encline à s?expliquer sur son long silence. Face à l?insistance des enquêteurs, Nadine Chaton cède finalement et change de version en affirmant que le sergent mardi lui aurait demandé de donner ce témoignage.
Peu avant 13 h 30, hier, les deux suspects arrivent au tribunal à bord de véhicules banalisés. Nadine Chaton trompe la vigilance des photographes de presse et pénètre furtivement dans l?enceinte du tribunal. Quelques minutes après, le sergent Mardi arrive mais sa voiture est repérée à cause de la présence de policiers de la MCIT à bord. Des éléments de l?ADSU de Vacoas, solidaires du sergent Mardi font un cordon autour du véhicule, jusqu?à son entrée au tribunal. Il est si bien encadré que les photographes ne peuvent le prendre en photo.
À sa sortie, Nadine Chaton cache son visage sous son pull-over. Le sergent Mardi, lui, quitte le tribunal sans jamais être aperçu.
Marié et père de deux enfants, le sergent Mardi compte une dizaine d?années au sein de la force policière. Son frère Patrick, 19 ans, peine à contenir son émotion. Il attribue le profond bouleversement de la famille au fait que son frère aîné n?informait jamais ses proches des détails de sa vie professionnelle.
Enceinte de son cinquième enfant, Nadine Chaton habite Camp-Roche, à Henrietta. Elle est connue dans son voisinage comme une personne discrète.
Dès ce matin, la MCIT s?attellera à comprendre les motivations de ces deux suspects. Si, d?ici jeudi, la police n?a pas vu la lumière au bout du tunnel, elle réclamera la prolongation de leur détention.
TRIBUNAL DE BAMBOUS
La motion de remise en liberté d?Azie renvoyée au 30 septembre
■ ?Nous voulons la justice.? Cette phrase revient comme un leitmotiv dans la bouche des proches de l?accusé Marcelin Azie et de la victime Nadine Dantier. Leur enthousiasme cède la place à la déception lorsqu?ils apprennent que l?affaire est renvoyée au 30 septembre.
Marcelin Azie a comparu hier après-midi devant le tribunal de Bambous, dans le cadre de sa motion de remise en liberté conditionnelle. Il répond d?une accusation provisoire de viol et d?assassinat de la jeune étudiante Nadine Dantier, le 25 juin 2003, dans un terrain vague à Albion.
Le tribunal de Bambous a connu une effervescence inhabituelle, hier. Les proches de Marcelin Azie et ceux de Nadine Dantier étaient présents très tôt pour prendre connaissance des développements annoncés par Me Rashid Ahmine, Principal State Counsel, lors de la séance de la semaine dernière.
L?entrée des Dantier (Caroline, la mère de Nadine et Jean-Yvon, le père, accompagnés d?autres parents) dans l?enceinte du tribunal est très remarquée. Le couple porte un drapeau blanc sur lequel est inscrit le mot ?justice?. On y remarque aussi trois gouttes de sang dessinées. Ils se dirigent d?un pas lent vers les parents d?Azie. Ces derniers sont assis à l?ombre d?un grand manguier et suivent attentivement les mouvements des Dantier. Ils les saluent et échangent quelques mots. Louloune, la tante de Marcelin Azie, déclare : ?Nou osi nou oule trouv la zistis dan sa zafer. Marcelin pe tro soufer.?
Après cette petite démonstration, les deux familles pénètrent dans la salle d?audience pour suivre les débats sur la motion. Une bousculade s?ensuit à la porte, car chacun veut obtenir une place à l?intérieur. Cehl Meeah, leader du Hizbullah et Mario Flore, porte-parole du Muvman Kreol Morisien (MKM) sont également présents au tribunal. Ils sont venus se porter garants pour Azie s?il est libéré sous caution.
Entre-temps, les avocats arrivent. Me Kishore Pertab, qui représente les intérêts de la famille Dantier, entre en premier dans la salle d?audience, après avoir brièvement discuté avec ses clients.
Me Rama Valayden, avocat de Marcelin Azie, fait son apparition, suivi de Me Rashid Ahmine et Me Pretty Ramful représentants du parquet.
La salle d?audience est comble. Plusieurs personnes sont restées à l?extérieur. Les avocats se rendent dans le cabinet de la magistrate Razia Janoo-Jaunbaccus qui préside l?affaire. Deux minutes après, ils regagnent le prétoire. L?huissier de service annonce l?arrivée de la magistrate. Le silence règne dans la salle. Tout à coup la voix de l?huissier retentit. Il crie ?Marcelin Azie?. Les policiers répondent : ?Present, your Honour.? Menottes aux poignets, Azie pénètre dans la salle d?audience. On le dirige vers le box des accusés. Il paraît inquiet et a l?air hagard. Lorsque Me Valayden le regarde, il sourit. Dans une déclaration en cour au nom du Directeur des poursuites publiques (DPP), Me Ahmine demande à la presse de faire preuve de retenue dans la couverture de l?enquête policière sur cette affaire, ?in view of the wide public interest?.
Me Ahmine reconnaît que la presse est habilitée à couvrir cette affaire, mais ajoute que ?the sort of coverage presently being given would cause untold harm to the progress of the police enquiry?. Le ?Principal State Counsel? souligne finalement : ?In fact there has been development since last week. Change of events has taken place last week until now.? Dans ce contexte, il réclame un nouveau renvoi des débats sur la motion de remise en liberté d?Azie.
Me Valayden n?objecte pas. Les débats auront lieu le 30 septembre. La séance est levée. Les policiers emmènent Azie dans le fourgon en direction de la prison de Beau-Bassin. Les parents de Marcelin Azie ne sont pas contents. ?Zot riss li kouma lisien.
Zot trapp so licou. Li inosen li.?
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