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Textile : difficile intégration au niveau régional
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Textile : difficile intégration au niveau régional
Comment mettre en place une activité de textile à l?échelle de l?Afrique australe ? Le cabinet de consultants Straconsult penche sur les aspects de la question dans une étude sur la production de vêtements dans la Southern Africa Development Community (SADC). Intitulée The SADC textile and garment industries: towards a global vision, l?étude fait partie d?un ouvrage plus global sur la contribution du textile-habillement et de la fabrication des chaussures dans l?industrialisation en Afrique.
Le textile demeure le fer de lance de toute activité manufacturière dans les pays sous-développés et en voie de développement. Il repose sur une main-d??uvre peu chère et en abondance. Les produits fabriqués en Afrique sont destinés aux marchés européen et américain. Les accords commerciaux tels que l?Accord de Cotonou et l?Africa Growth and Opportunity Act (Agoa) sont les principaux moteurs des exportations vers l?Europe et les Etats-Unis respectivement.
Mais le secteur de l?habillement de la SADC doit améliorer son offre et devenir plus compétitif. Straconsult fait un diagnostic exhaustif des forces et faiblesses de l?industrie dans l?optique d?une supply chain intégrée à l?échelon régional. Il y a d?abord les facteurs locaux.
Il existe aussi plusieurs éléments telles les règles d?échanges entre les Etats membres, qui ne jouent pas en faveur de l?intégration. Straconsult suggère un modèle audacieux pour sortir les industries de leurs cloisonnements géographiques mais aussi pour mettre en place des chaînes de valeur, englobant la production du coton et du fil, la fabrication du tissu et la confection finale.
Il est question d?alliances stratégiques dans le cadre d?un pipeline transnational qui couvre non seulement les étapes de production mais aussi la distribution. Cela implique des systèmes d?achat et de livraison efficaces et efficients ainsi que des méthodes sophistiquées de marketing international.
Mais les conditions sont loin d?êtres idéales. La région fait face à un gros déficit de fil et de tissus. Le manque se situerait à quelque 300 000 tonnes en 2003. Il faut donc s?approvisionner dans des pays tiers notamment l?Asie. Ce qui est contraire aux règles ? l?Agoa et le SADC Trade Protocol ? portant sur l?origine des matières premières utilisées dans le produit fini.
Dans le cas de l?Agoa où l?adhésion aux besoins des third country fabrics est cruciale pour tirer un maximum de bénéfices, le problème est plus percutant. Certains pays ont pu obtenir une exemption de cette règle. D?autres, à l?instar de Maurice, n?en bénéficient pas. ?Ces pays ont un gros handicap pour accéder au marché américain. Mais nous avons aussi constaté que les règles d?origine de l?accord commercial de la SADC fait aussi très mal à la région?, affirme Amédée Darga, managing director de Straconsult et un des auteurs du rapport.
Le principe de double transformation du SADC Trade Protocol est le même qu?énoncé dans l?Agoa. Il préconise qu?un vêtement soit fabriqué à partir de fils et tissus produits dans la zone SADC. ?Puisqu?il y a un déficit de ces matières dans la région, beaucoup de produits ne se qualifient pas sous cette règle?, constate Amédée Darga. Les coûts élevés du transport intra-SADC doivent aussi être considérés. L?acheminement des matières premières et des produits finis et semi-finis fait souvent les frais des systèmes déficients de transports internes et externes.
Plusieurs conditions locales bloquent l?épanouissement du textile-habillement dans la zone de la SADC surtout au Mozambique, au Malawi, en Tanzanie et en Zambie. L?étude suggère de rehausser la technologie de production de même que le niveau de la main-d??uvre car il reste encore beaucoup à faire pour gagner la bataille du coût et de la qualité. Le management au sein des entreprises ne motive pas les ouvriers à être plus productifs. Les empêchements légaux et l?opposition des syndicats au travail à la pièce n?aident pas non plus à la productivité. D?autre part, les coûts élevés liés au marketing international n?incitent pas à démarcher les clients convenablement.
Plusieurs éléments institutionnels devront être revus pour un meilleur encadrement. Les financements demeurent une source de préoccupation. Les crédits ne sont pas aisément accessibles. Le rapport cite le cas du Malawi où le pre-shipment finance est impossible à obtenir. Les entrepreneurs locaux sont les plus touchés car les filiales des sociétés étrangères disposent de sources étrangères pour financer les exportations.
La formation technique est à la traîne dans la majorité des pays de la SADC. Les gouvernements doivent faire plus d?efforts pour créer les institutions et définir les plans incitatifs. Et les coûts d?électricité, jugés prohibitifs, sont des entraves majeures à la compétitivité des entreprises.
Plusieurs points positifs en faveur de l?intégration industrielle régionale sont aussi relevés. La présence de plusieurs sociétés de niveau mondial en Afrique australe permet d?envisager une logistique de production et de distribution avec plusieurs pays. Grâce à cette expérience internationale, ces entreprises peuvent diriger des chaînes de production et de distribution régionale.
Pour s?attaquer aux problèmes en amont, il importe impérativement d?augmenter la production du coton dans la région. Le fil produit à partir des matières premières de la région devra être de meilleure qualité.
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