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Sucre : l?Europe attentive aux intérêts mauriciens
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Sucre : l?Europe attentive aux intérêts mauriciens
Le Luxembourg est le prochain arrêt, aujourd?hui, du vice-Premier ministre Pravind Jugnauth, dans sa campagne européenne de lobbying sur le dossier sucre. Le futur président du Conseil européen, le Grand Duché, accorde une attention particulière aux intérêts en jeu des pays du bloc Afrique, Caraïbes et Pacifique. Hier, le ministre des Finances a rencontré la ministre fédérale allemande de l?Agriculture, Renate Künast.
Cette tournée s?est avérée nécessaire au vu des développements récents sur le plan mondial. D?abord, la menace de baisse de prix (-37 %) dans le cadre de la réforme proposée du régime sucrier européen en 2007. Puis ce nouveau péril venant de l?Organisation mondiale du commerce, ayant confirmé l?illégalité des mesures préférentielles de l?Union européenne (UE). Ces mesures permettent à Maurice d?écouler, dans certains cas, son sucre à un prix trois fois supérieur au cours du marché.
L?Allemagne, membre influent de l?UE, reconnaît prestement la complexité du dossier. D?une part, l?Europe est contrainte aux réformes, et de l?autre elle ne peut décider sans tenir compte de l?impact sur les pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Pour la ministre allemande, interrogée hier par la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC), ?il y aura une solution?.
Ce dénouement, de fait, prendra en considération l?importance du sucre pour des économies telles que Maurice, et respectera les intérêts ?politiques et financiers?.
Après sa fructueuse rencontre, mardi, avec Cees Veerman, ministre néerlandais et président du Conseil des ministres de l?Agriculture de l?UE, Pravind Jugnauth aura une session de travail au Grand Duché de Luxembourg. Il discutera du dossier sucre avec le ministre de l?Agriculture, Fernand Boden et Jean-Louis Schiltz, ministre de Coopération et de l?action humanitaire.
Un porte-parole du ministre Fernand Boden affirme : ?Le Grand Duché abordera le sujet dans un esprit d?ouverture, étant donné que le pays n?est pas producteur de sucre?. Et d?ajouter : ?On écoutera les préoccupations des pays ACP, dans la mesure où le pays assumera la présidence du Conseil de l?union européenne à partir du 1er janvier 2005. C?est un probable dossier important à l?ordre du jour?.
Une logique de continuité
Le Grand Duché, rappelle cet interlocuteur, a été président du Conseil au moment où l?aide au bloc ACP a été décidée, ce qui fait que l?année prochaine, elle ira dans la même direction. ?On s?assurera que l?Union européenne tiendra compte des doléances et intérêts des pays ACP?.
Tout comme la ministre allemande, ce porte-parole estime que le Grand Duché ne restera pas insensibles au changement. ?On ne peut être tout à fait fermé à une réforme du secteur sucrier, quoi que l?envergure de la réforme reste à être déterminée?.
Après l?Allemagne, le ministre Pravind Jugnauth rencontre le ministre français de l?Agriculture, Hervé Gaymard, en visite officielle à Maurice ce samedi.
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