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Etoiles et toiles
Les esprits critiques lui reprocheront de ne pas avoir remporté le moindre tournoi du Grand Chelem, ni même d’avoir atteint la moindre finale en tournoi majeur depuis l’Open d’Australie en 1999.
Il n’empêche qu’Amélie Mauresmo a accédé ce lundi au rang de numéro 1 au classement WTA, fait unique dans l’histoire du tennis français. La prime à la régularité pour une joueuse qui a atteint cette saison les quarts de finale de tous les tournois du Grand Chelem mais aussi remporté quelques épreuves prestigieuses comme Berlin, Rome ou Montréal. La Picarde doit maintenant faire taire tous ses détracteurs en s’imposant dans l’une des quatre places fortes du tennis.
<B>La force de frappe russe</B>
Si Amélie Mauresmo est la nouvelle reine du tennis féminin, la nouvelle tsarine se nomme Svetlana Kuznetsova. Heureux tennis russe qui possède dans ses rangs pas moins de sept joueuses dans les dix-sept premières. Après Myskina à Roland-Garros et Sharapova à Wimbledon, c’est donc une troisième joueuse de l’armada slave qui l’a emporté sur le ciment new-yorkais.
En pratiquant un tennis puissant et à haute cadence, Kuznetsova a étouffé toutes ses adversaires. Mais l’on aura une pensée pour sa dauphine à New York, Elena Dementieva, auteur d’un superbe tournoi mais qui, comme à la Porte d’Auteuil, bute sur la dernière marche par excès de nervosité.
Tandis que les Russes ont dominé leur sujet tout au long de la quinzaine, les Américaines sont passées au travers. Après trois finales 100 % US de 2000 à 2002, c’est la deuxième année consécutive qu’aucune des représentantes de l’Oncle Sam n’est présente en finale du tournoi new-yorkais.
Lindsay Davenport, diminuée en demi-finale contre Kuznetsova, et Jennifer Capriati, dominée au même stade de la compétition par Dementieva dans le jeu décisif du troisième set, ont tenu leur rang. On en dira moins des sœurs Williams, absentes dans le dernier carré.
La cadette Serena a échoué contre Capriati en quarts, et l’aînée, Venus, a été battue en deux manches par Davenport un tour plus tôt. Avec la rechute de Justine Henin, surprise en 8e de finale par Nadia Petrova, c’est une véritable redistribution des cartes qui s’opère dans le tennis féminin.
A l’image de leurs consœurs, les joueurs américains ont aussi déçu. Certes, André Agassi a réalisé un parcours plus qu’honorable, en étant le seul joueur à inquiéter Roger Federer. A 34 ans, le Kid de La Vegas a démontré qu’il était toujours redoutable lorsqu’il évolue sur le ciment américain.
<B>Federer intouchable</B>
En revanche, Andy Roddick, qu’une grosse pression entourait dans les médias d’Outre-Atlantique, a loupé son tournoi , en s’inclinant dès les quarts de finale, alors que beaucoup en voyaient le favori idéal. Derrière Agassi l’ancien et Roddick le moderne, c’est le désert : aucun autre tennisman US n’a atteint les 16es de finale. Taylor Dent et Mardy Fish ont échoué, comme beaucoup d’autres, dès le 2e tour.
Bref, dans le tennis masculin actuel, un homme semble au-dessus du lot. Seize ans après Mats Wilander, Roger Federer a remporté à son tour le “petit Chelem”. Après l’Open d’Australie et Wimbledon, l’US Open est tombé dans l’escarcelle du joueur le plus talentueux de sa génération.
Quasiment assuré de terminer l’année au sommet du classement ATP, le Suisse, qui n’a toujours pas d’entraîneur attitré, aura sans doute un objectif déterminant en 2005. Roland-Garros est en effet le seul titre majeur qui manque à son étonnant palmarès. Mais, à 23 ans, le maître de Bâle a encore tout l’avenir devant lui.
Nom Johansson Prénom Joachim</B>
Un autre joueur qui est promis à un brillant futur est sans aucun doute Joachim Johansson. Grand (1,98 m), puissant, doté d’un service efficace, le Suédois, à ne pas confondre avec son homonyme Thomas, incarne le prototype même du joueur moderne. Andy Roddick en a fait les frais en quart, et seul Leyton Hewitt, le frère de sa fiancée, a pu mettre fin à ses illusions, en demi-finale.
Parmi les autres faits marquants, on retiendra la bonne santé du tennis allemand avec les présences de Nicolas Kiefer et Tommy Haas en deuxième semaine, mais aussi l’épopée du vétéran arménien Sargis Sargsian, auteur de deux matches mémorables en 32es de finale contre le champion olympique Nicolas Massu puis en 16es contre Paul-Henri Mathieu.
Du côté féminin, la Japonaise Shinobu Asagoe, 62e mondiale, qui s’est glissée en quart de finale après des victoires sur Paola Suarez et Eleni Daniilidou, mérite une palme pour son brillant parcours. Quant à Tatiana Golovin, qui a atteint les 16es de finale contre Serena Williams, elle s’affirme de plus en plus comme la nouvelle égérie du tennis français. Avec des 8es de finale à Melbourne et Londres, elle a réalisé une saison pleine qui en annonce de plus belles encore. Rendez-vous est déjà pris pour 2005.
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