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“Nous rêvons de placer quelques joueurs mauriciens parmi les 300 mondiaux”

13 septembre 2004, 20:00

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<B>Vous avez eu l’occasion, depuis votre arrivée à Maurice, d’assister à deux tournois de tennis. Quel est votre premier constat ?</B>

— J’ai été surpris par le niveau. Il y a des joueurs talentueux qui ont beaucoup de fair-play. Le point faible du joueur mauricien, c’est l’absence de confrontation avec les étrangers. Comme il y a très peu de licenciés, il y a des confrontations permanentes et fréquentes entre les mêmes joueurs. Cela les empêche d’évoluer.

<B>Comment résoudre ce problème ?</B>

— Par contrainte budgétaire, nous ne pouvons envisager le déplacement d’une équipe plusieurs fois l’an. Mon équipe a travaillé sur une autre alternative. Nous financerons la venue à Maurice de deux joueurs huit fois l’an. Nous ciblerons une fille et un garçon de quatre pays spécifiques, la France, l’Afrique du Sud, la Réunion et Madagascar. Mais bien que ce projet ait été ratifié par la Fédération mauricienne de tennis, nous attendons encore le feu vert du ministère de la Jeunesse et des Sports, qui est mon employeur.

<B>Quels sont vos projets pour le tennis mauricien ?</B>

— Ce qui nous fait rêver c’est de placer quelques joueurs mauriciens parmi les 300 mondiaux et aussi former un entraîneur qui pourrait assurer le poste de DTN d’ici une douzaine d’années. Pour arriver à ce résultat, il nous faut un plan qui s’étale sur 8 à 16 ans.

<B>Huit à seize ans, est-ce le nombre d’années que vous espérez passer à Maurice ?</B>

— J’aimerais bien, car c’est le temps qu’il faut pour remplir mes objectifs. Pour former un joueur, il faut huit à dix ans et la formation d’un directeur technique prend également du temps.

<B>Par rapport aux problèmes que vos prédécesseurs ont eus avec la FMT, n’avez-vous pas quelques appréhensions ?</B>

— Je préfère ne pas prendre en considération les rumeurs et me faire ma propre opinion. Pour l’instant, je trouve que la FMT, les parents et le ministère font tous du bon travail.

<B>Avez-vous déjà un plan de travail ?</B>

— Nous l’avons, mais pour 2005. Il a été ratifié par la fédération mais on attend encore le feu vert du ministère. Quant au projet à long terme, si le MJS est intéressé, il faudra qu’il me laisse jusqu’à la fin du mois de juin pour que je puisse proposer un vrai dossier.

<B>Quels seront les axes prioritaires ?</B>

— Nous pensons travailler sur quatre axes. Nous allons mettre en place le Brevet d’État de cadres sportifs et développer le tennis à l’école et dans les douze régions de Maurice et à Rodrigues. Notre troisième objectif, c’est l’enseignement du tennis à Petit-Camp. Nous voulons à la fois initier les jeunes et les adultes à cette discipline. Et notre dernier axe, c’est l’entraînement de haut niveau collectif et individuel.

<B>Promouvoir le tennis de masse est une bonne idée en soi. Mais ne pensez-vous pas que Petit-Camp et le staff technique devraient être principalement à la dispostion du groupe élite ?</B>

— Oui et non. C’est la pratique dans les pays de l’Est où les joueurs s’entraînent 6 à 8 heures par jour. Mais je ne suis pas sûr que c’est dans la culture mauricienne d’aller jusque-là. En plus, les joueurs de l’élite ne devraient pas se couper de la base. Le haut niveau nourrit la masse et c’est de la masse que sortent les joueurs de haut niveau. Et puis, pour l’instant il ne peut pas avoir de démarcation entre la masse et l’élite car Maurice n’a pas les structures et le nombre d’entraîneurs adéquat. Pour qu’il y ait cette démarcation, il faut un délai de 3 à 4 ans pour former les entraîneurs et rendre la régionalisation efficace.

<B>Vous avez également apporté des changements dans le programme d’entraînement. Que sont-ils ?</B>

— Les joueurs de Petit-Camp sont classés en trois groupes. Nous avons un groupe espoirs. C’est un groupe de 200 jeunes qui débutent et qui, pour les compétitions, se retrouvent dans le tableau développement. Ils s’entraînent les mercredi, vendredi et samedi matin. Le groupe élite est composé des meilleurs joueurs nationaux. Il sont une quarantaine qui s’entraînent deux fois par semaines, mardi et jeudi. Le groupe Avenir, c’est le nouveau groupe. C’est un groupe de 8 à 12 joueurs de 10 à 11 ans comme Enzo Couacaud, Mark Pillai, Marine Lincoln, Emma Perrier, Deena Li Kam Wa, Vanessa Ah-Fong. Ces jeunes vont évoluer dans une structure spécifique. Il s’entraîneront à la fois avec les groupes élite et espoir. Les joueurs de tous les groupes confondus auront des entraînements individuels.

<B>Qu’entendez-vous par des entraînements individuels ?</B>

— Les entraînements nous permettent de détecter chez les joueurs des lacunes techniques qui leur sont propres. Nous les prenons à part et travaillons avec eux.

<B>Par rapport au classement français, à quel niveau se situerait, selon vous, le meilleur joueur mauricien ?</B>

— Les meilleurs joueurs mauriciens sont du même niveau qu’un joueur régional français. C’est un peu normal car vous avez très peu de joueurs. Dans ma région, le Midi Pyrénées, il y a 50 000 licenciés. Avec un nombre de joueurs aussi conséquent, c’est normal d’avoir un niveau moyen plus élevé.

<B>Que manque-t-il au joueur mauricien pour passer professionnel ?</B>

— Le Mauricien doit se débarrasser de ses complexes et se convaincre que cela peut marcher comme pour Stéphan Buckland et les autres en athlétisme. Après tout, la tenniswoman Marinne Giraud l’a fait et ça marche pas mal pour elle. Et puis, les Mauriciens doivent avoir plus de frottements avec les étrangers. Ces échanges sont indispensables pour passer au niveau supérieur.

<B>Votre staff technique est composé de deux Mauriciens, Bruno Lebon et Emma Taikie, ainsi que deux Français, Stéphanie Sagaspe et Fabrice Peroux. Comment se passe l’entente franco-mauricienne ?</B>

— À la perfection. On fait un vrai travail d’équipe. Nous sommes tous présents aux compétitions pour voir la perfomance des joueurs et après chaque tournoi, nous avons des briefings pour analyser la performance de chaque compétiteur.

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