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Ondes de choc
Avec le nouvel ordre mondial, le destin d?une petite économie insulaire comme la nôtre est fortement tributaire des enjeux mondiaux. Notre avenir n?a rien à voir avec le ?cirque? dont sont friands certains politiciens. En ce moment, il vaut mieux s?intéresser au lobby qu?entreprend Pravind Jugnauth à Bruxelles qu?au cinéma qui se déroule sur le plan purement local.
Deux développements importants pourraient avoir un impact considérable sur la viabilité de notre industrie sucrière si nous ne parvenons pas à en limiter les dégâts. Il y a eu d?abord une proposition de réforme de l?Union européenne (UE) qui entraînera d?ici 2007 une baisse de 37 % du prix du sucre qu?elle importe de Maurice. Ensuite, un verdict de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) est venu corser la situation. Celle-ci a condamné mercredi dernier la préférence accordée par l?UE et qui permet à Maurice d?écouler son sucre à des prix parfois trois fois plus élevé que le cours du marché. Du coup, l?UE pourrait être forcée d?appliquer des réformes encore plus drastiques du régime sucrier.
Il est, bien entendu, très difficile pour un pays comme Maurice, d?influer significativement sur les règles du commerce international. En ce qui concerne le sucre, nous pouvons nous attendre, au mieux à des compensations, pas à un maintien des filets qui ont existé jusqu?ici. Les stratégies adoptées par le gouvernement avec l?accélération de la centralisation, le coup de pouce à l?exploitation de la bagasse et l?incitation à la production d?éthanol vont dans le bon sens mais elles restent des mesures palliatives, sans plus.
De même, nous disposons de peu de moyens pour mitiger l?impact du démantèlement de l?Accord multifibre prévu pour le 1er janvier 2005. Nous subissons déjà les conséquences désastreuses de cette libéralisation annoncée des échanges en textile. Les pertes d?emploi dans la zone franche ont laissé des dizaines de milliers de familles dans le dénuement. Une fois que les quotas seront abolis, un petit pays comme Maurice aura bien du mal à affronter des géants comme l?Inde et la Chine.
Certes, nous pouvons continuer à nous battre pour obtenir la dérogation qui autorise certains pays africains à utiliser du tissu en provenance de pays tiers tout en bénéficiant des avantages de l?Agoa mais cette bataille est rude. Il est vrai que Maurice peut tirer quelque consolation du fait de la prorogation de l?Agoa mais c?est loin d?être suffisant pour résister au séisme attendu en janvier 2005.
Quant au tourisme, chacun reconnaît qu?il subit une mauvaise passe même si on peut débattre sur ses causes. Cependant, il est clair que la conjoncture internationale, et en particulier les turbulences dans l?aviation, ne favorisent guère sa reprise. Les perspectives restent moroses pour toutes les destinations depuis le choc du 9/X1.
S?il y a un chiffre qui démontre mieux que d?autres l?impact des événements extérieurs sur notre économie, c?est celui donné par le ministre Alan Ganoo au Parlement mardi dernier : ?A one-dollar increase in the price of a barrel entails an additional expenditure of Rs200 million to the country annually?.
Dans un tel contexte où les facteurs exogènes sont si déterminants, nous ne pouvons disperser les énergies en ayant à gérer des crises provoquées par les caprices de politiciens inconscients. Nous devrons recentrer l?attention sur l?essentiel.
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