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Drame de St.-Paul : le lien avec Deelchand sous examen
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Drame de St.-Paul : le lien avec Deelchand sous examen
Le voile se lève peu à peu sur les dix cadavres retrouvés dans une maison à St.-Paul. L?enquête policière, menée par le surintendant de police, Anand Ramchamdar, de la Criminal Investigation Division (CID) de Phoenix, tente d?établir des liens entre ce drame et l?affaire incriminant le notaire Vinay Deelchand dans des transactions foncières illégales.
Le point de départ : Jeetendra Jhungee, alias Carol, un sans domicile fixe de 44 ans. Ce dernier a été arrêté le 3 septembre dernier dans un bungalow à Flic-en-Flac dans le cadre du drame de St.-Paul. Longuement interrogé au quartier général de l?Anti Drug and Smuggling Unit, il a révélé l?existence d?une vaste escroquerie foncière. De plus, de nombreux documents, notamment de fausses cartes d?identité, des affidavits ainsi que des procurations saisis par la police révèlent l?ampleur de la fraude.
Jeetendra Jhungee a de nouveau comparu, hier matin en cour de district de Port-Louis. Accusé provisoirement d?usage de faux, il a été reconduit en cellule policière. Le suspect a expliqué que son rôle consistait à procéder à l?enregistrement de documents falsifiés, sur la vente de terrains et autres biens immobiliers. L?ancien employé à l?étude du notaire touchait Rs 50 000 pour cette opération frauduleuse. Hervé Janvier (identifié comme le 10e cadavre de la maison des Mawooa) imitait de son côté la signature du notaire Marcel Joson, révèle Jeetendra Jhungee.
Outre le nom d?Hervé Janvier, il balance également celui de Gita Lutchigadoo, femme d?affaires à la route Bassin, Quatre-Bornes. Un lien solide entre les deux affaires, avancent les enquêteurs.
Gita Lutchigadoo les prend toutefois à contre-pied. Elle affirme être victime d?une vengeance d?Antoine Chetty. Ce dernier, chauffeur du notaire, avait incriminé son patron mais avait également cité à plusieurs reprises le prénom de Gita et celui de sa fille.
Le sans domicile fixe évoque de son côté les prénoms de Saraswatee et Dhunrajoo, respectivement fille et fils de Gita. Ces derniers ont retenu les services de Me Joy Beeharry.
Ainsi, concluent les enquêteurs, au moins trois des victimes de St.-Paul ? Crithika Nundkumar, Rajesh Dhayam et Hervé janvier ? étaient impliquées dans des opérations foncières illégales. Des procurations, au nom de Rajesh Dhayam, ex-cadre au Mahatma Gandhi Institute, saisies par les enquêteurs sur les lieux du drame tendent à confirmer cette thèse.
?Solliciter des faveurs sexuelles?
Crithika Nundkumar, cerveau présumé de ce drame, est par ailleurs soupçonnée d?avoir participé à ces transactions douteuses. Des faux documents à son nom ont été découverts. Dans la lettre de 14 pages qu?elle a laissée derrière elle, le constable Bhupendra Aukhaj, arrêté puis relâché, y est cité pour ?avoir sollicité des faveurs sexuelles? auprès d?elle. En échange de se porter garant pour un prêt de Rs 350 000. Allégations que nie le constable qui ne peut contenir son amertume.
Les implications sont multiples. Des développements devraient intervenir dans le courant de la semaine.
LES PRINCIPAUX PROTAGONISTES
<B>■ Rajesh Dhayam et ses Rs 360 000</B>
Porté manquant depuis le 6 août dernier, l?ex-cadre au Mahatma Gandhi Institute, âgé de 49 ans, fait partie des dix victimes retrouvées dans la maison de St.-Paul. Divorcé et père de deux enfants, il entretenait une liaison amoureuse avec Crithika Nundkumar, une autre victime trouvée sur les lieux.
Résidant à l?avenue Shiv Shakti à Solférino, Rajesh Dhayam avait, le jour de sa disparition, un chèque de Rs 360 000 en sa possession. Il serait, selon les dires de ses proches, rentré chez lui vers 16 heures avant de repartir, trois heures plus tard à bord d?une fourgonnette. Depuis, aucun signe de vie.
Rajesh Dhayam devait utiliser cette somme pour s?acheter une voiture hors taxes. Après vérifications, la police confirme : Rajesh Dhayam a bel et bien encaissé le chèque à la succursale de la State Bank of Mauritius de Réduit. Les enquêteurs n?ont toutefois pas encore retracé l?argent.
Rajesh Dhayam était également un membre actif de la secte Eckankar de 1990 à 1996. Période durant laquelle il aurait prétexté des problèmes d?ordre personnel pour prendre du recul par rapport à l?organisation.
<B>■ Crithika Nundkumar, le cerveau présumé </B>
Selon la thèse retenue par les enquêteurs, elle serait le cerveau derrière ce drame. Mariée et mère d?un enfant, Devesh, 11 ans, Crithika était considérée comme une ?illuminée? par ses proches. Selon les témoignages de ses proches, la jeune femme ?se perdait fréquemment dans des débats sur les religions mais se livrait à ses propres interprétations.?
Esthéticienne de profession, Crithika exerçait une grande influence sur ses proches et plus particulièrement sur Maya Jhowry, l?une des victimes. Une lettre, écrite par cette dernière et adressée à Crithika a été retrouvée sur les lieux du drame. La missive évoque l?admiration que porte Maya à son ?gourou?.
Dans sa note suicidaire de 14 pages retrouvée à ses côtés, Crithika mentionne des avocats, des ?casseurs? ainsi que des proches qui auraient refusé de lui venir en aide. Elle leur aurait demandé, à plusieurs reprises, des emprunts énormes pour ?sauver le monde?. Elle évoque également ses déboires amoureux, affirmant qu?elle n?a jamais été aimée et que sa vie de couple était quasi inexistante. Un examen graphologique, ainsi que le témoignage de son époux a permis d?authentifier son écriture.
<B>■ Hervé Janvier, le faussaire </B>
Au départ, un dixième cadavre retrouvé dans l?une des deux chambres situées au premier étage du domicile des Mawooa à St.-Paul n?avait pu être identifié. Il sera ensuite reconnu comme étant le corps de Hervé Janvier, porté disparu depuis le 20 novembre 2002.
Les enquêteurs avaient néanmoins des réserves quant à la véritable identité du 10e cadavre. Mais un prélèvement d?empreinte effectué par le Forensic Science Laboratory la semaine dernière a permis de dissiper tout doute.
Hervé Janvier, âgé de 49 ans, résidait, avant sa disparition, aux Flats Bhunjun. Il était connu dans le milieu des courtiers des environs du bâtiment Emmanuel Anquetil, Port-Louis. Son nom a été cité à plusieurs reprises dans le cadre de l?enquête de l?Anti Drug & Smuggling Unit dans l?affaire incriminant le notaire Vinay Deelchand.
Le jour de sa disparition, il aurait été en possession de plusieurs documents et disquettes concernant des ventes frauduleuses de terres.
Jeetendra Jhungee, autre suspect arrêté dans cette affaire, est revenu, lors de son interrogatoire, sur le rôle joué par Hervé Janvier. Ce dernier, explique-t-il était chargé d?imiter la signature du notaire Marcel Joson sur des faux documents afin de procéder à des ventes frauduleuses de terrains.
Hervé Janvier était par ailleurs recherché par le Central Criminal Investigation Department pour une affaire de fausses cartes d?identité.
<B>■ Gita Lutchigadoo : le maillon Deelchand?St.-Paul</B>
Le prénom de Gita Lutchigadoo avait déjà été cité dans le sillage de l?affaire incriminant le notaire Vinay Deelchand. Selon Antoine Chetty, chauffeur du notaire, elle serait, de même qu?Hervé Janvier, proche de Vinay Deelchand. La femme d?affaires, de la route Bassin, Quatre-Bornes, a nié mercredi dernier ces allégations et se dit victime d?une vengeance d?Antoine Chetty. Travaillant comme courtier et promoteur de terres, Gita dit avoir travaillé dans la légalité.
Sa fille, Saraswatee, 26 ans, et son fils Dhunrajoo, 25 ans, dont les noms sont cités par Jhungee, sont catégoriques : ils n?ont rien à se reprocher car ils ont acheté un terrain proposé en vente par Jhungee. Ils affirment avoir rempli toutes les formalités.
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