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La troupe Theatralis joue Molière

12 septembre 2004, 20:00

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Ses comédiens étaient dans une forme éblouissante. Ils ont fait preuve d’un effort exceptionnel. Samedi dernier, ils ont tous brillé sur les planches de la salle du CCEF, à Curepipe, en s’incarnant dans la peau des personnages de Le Malade imaginaire de Molière.

Si l’on excepte les quelques petites maladresses, la troupe étant toute jeune et l’on n’excelle jamais complètement sur scène, on peut sans conteste affirmer que le public qui a fait le déplacement ce samedi après-midi est rentré satisfait. Les applaudissements, à la tombée du rideau, témoignaient d’une reconnaissance sincère de la part de ce public qui a su goûter sans réserve à un spectacle à la performance satisfaisante.

En effet, qu’il soit débutant ou pas, chaque acteur, selon son art et son savoir-faire théâtral, s’investissait à fond dans son rôle. On n’ira pas jusqu’à affirmer que le résultat était époustoufflant, mais le jeu était, du moins dans l’ensemble, d’une certaine cohérence. La pièce a été jouée dans le respect de l’art. Il y avait de quoi plaire à un public qui a reconnu ne pas s’être déplacé pour rien par un temps de pluie.

C’est cette cohérence entre acteurs, sorte de symphonie dans le jeu théâtral, qui a permis à chaque comédien de retrouver confiance en lui devant les situations difficiles où la mémoire tendait à flancher. Il faut reconnaître que les quelques mots avalés ça et là, les quelques sons mal articulés ici, et les quelques expressions déformées ailleurs n’étaient dans aucune mesure nuisibles aux performances des acteurs. Chacun a su rattraper la situation de justesse grâce à sa flexibilité et à son autonomie, même si l’on pouvait déceler parfois la présence chez certains d’un trouble passager dû à ce dysfonctionnement mémoriel.

D’ailleurs, il importe de savoir que chez Theatralis, comme le veut aussi le metteur en scène, Kevin Bissonauth, on ne fait point appel à un souffleur. La présence de ce dernier signifierait un échec de l’entreprise théâtrale. Dès le lever du rideau, les acteurs sont livrés à eux-mêmes. Il appartient à eux seuls de trouver la voie, avec rapidité et ruse, qui leur permet d’éviter tout engrenage verbal dans lequel ils pourraient entremêler leur tirade et troubler ainsi leur interlocuteur.

Performances

Si cette astuce a permis aux acteurs de dépasser certains obstacles sur scène, elle a également poussé d’autres à prendre un peu de liberté dans leur rôle. Ce qui traduisait une cetaine aisance de leur part. C’est ainsi qu’Alexandre Martin, dans son rôle du sympathique et non moins comique Thomas Diafoirus, a pu conquérir le cœur du public. L’originalité de son jeu avait pour fondement des mimiques faciales qui à elles seules suffisaient pour déclencher le rire chez le spectateur. A cela, se rajoutait un accent africain quelque peu prononcé. Ce comédien à su, rien que par ses atouts physiques, donner une version moderne du personnage Thomas Diafoirus qui a vu sa présence scénique revalorisée, voire relookée.

Dans l’ensemble – le public présent dans la salle ne dira pas le contraire – tous les acteurs ont su marquer l’esprit du public par l’affirmation de leur présence et par leur jeu. Si Fabrice Chaperon, dans son rôle d’Argan, et Nora Imbert, dans celui de la servante Toinette, ont dominé la scène, Delphine Challier n’a pas raté une occasion pour gagner le cœur du public par sa prestation. La manière dont elle interprétait le rôle de Béline, épouse d’Argan, était fort impressionnante. On ne pouvait s’empêcher de voir se dessiner chez cette comédienne l’image d’un personnage sorti tout droit d’une tragédie classique, telle une Phèdre ou une Agrippine de chez Racine. Faudrait y songer d’ailleurs !

Ce que Theatralis montre derrière cette représentation de la pièce Le Malade imaginaire de Molière, destinée principalement à un public scolaire, c’est le résultat d’un tavail où règne un esprit. C’est sans doute là, la clé de la réussite de cette troupe appelée à régner au-devant de la scène dans les années à venir. C’est certainement aussi le genre de troupe théâtrale que le public mauricien aurait souhaité voir évoluer plus souvent dans des festivals annuels de théâtre.

La troupe Theatralis et ses comédiens vous donnent rendez-vous à l’Alliance française de Bell-Village le samedi 18 septembre à 13 heures et à 17 h 30 pour deux dernières représentation de Le Malade imaginaire de Molière. Prix des places : adultes Rs 100 et étudiants Rs 75.

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