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La technologie au volantne simplifie pas la vie du conducteur
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La technologie au volantne simplifie pas la vie du conducteur
Les automobilistes qui éprouvent des difficultés à avoir une conversation téléphonique tout en conduisant ne sont pas au bout de leurs peines, la technologie supposée les assister ne se révélant pas toujours à la portée de tous.
Aide à la navigation routière par internet, films sur DVD et divers avertissements signalant qu’il est temps de changer l’huile ou regonfler les pneus sont autant d’options technologiques qui solliciteront l’attention du conducteur.
Mais l’explosion du nombre de gadgets électroniques pour faciliter la conduite risque de compromettre la sécurité routière, avertissent des chercheurs.
«La vie devient trop compliquée», dit Peter Kissinger, président de la fondation américaine AAA pour la sécurité sur les routes.
Avec l’introduction d’internet dans les voitures, les automobilistes seront assaillis d’informations, pris entre les indications de trajets, les résultats boursiers, les prévisions météorologiques, les lecteurs de DVD ou les machines à karaoké.
Certaines distractions devraient être réservées aux seuls passagers, mais Kissinger souligne le peu de législation existant en la matière.
Kissinger ne préconise pas pour autant l’abandon des appareils électroniques, mais il souhaite essentiellement attirer l’attention des fabricants et des conducteurs sur les dangers.
Des études sur la présence de technologie dans les véhicules se sont focalisées sur les téléphones portables et ont montré en premier lieu que les problèmes et les avantages n’étaient que peu perçus.
Une nouvelle étude conduite par des chercheurs en circulation et en conduite automobile de l’université de l’Utah montre que le recours aux kits mains libres des téléphones portables n’est pas plus sécurisant que le fait de tenir le combiné, démontrant ainsi que c’est la conversation qui est source de distraction.
Près d’un quart des accidents de la route sont dus à la distraction du conducteur, allant de la conversation téléphonique au repas pris au volant, selon les études de l’AAA.
«Il est très facile de prendre de l’assurance», explique Kissinger. «Il n’arrive pas quelque chose à chaque fois, alors les mauvaises habitudes s’installent.»
<B>Baisse conséquente de la concentration</B>
Mais les automobilistes revendiquent l’utilité du téléphone portable et certains chercheurs ont cherché à en quantifier les avantages.
En 2002, le Centre d’analyse des risques de Harvard a étudié l’utilisation des mobiles en terme de coûts et d’avantages économiques. Ils ont comparé ce que les automobilistes dépensaient en communication téléphonique dans leur véhicule et leurs factures consécutives à des accidents ou en frais d’hôpitaux.
Le centre a conclu à une égalité entre les bénéfices et les coûts engendrés, malgré un bilan en 2001 de 2600 décès et 330000 blessures consécutives à l’utilisation de téléphones portables. Les estimations sont imprécises, mais elles donnent une façon d’évaluer les pour et les contre du mobile, estime David Ropeik, directeur du centre d’évaluation des risques des télécommunications.
Les études de Harvard ont aussi montré que les gens qui passaient plus d’une heure par mois au téléphone en conduisant augmentaient le risque de se tuer dans un accident de douze sur un million. Le risque de tuer quelqu’un d’autre augmente lui aussi, mais reste plus bas avec quatre sur un million.
Ce résultat a surpris de nombreuses personnes qui pensaient qu’elles avaient plus de chances d’être tuées par quelqu’un d’autre que de se tuer elles-mêmes si elles conduisaient en téléphonant, ajoute Ropeik.
Les chercheurs de l’université de l’Utah estiment que le vrai problème n’est pas de tenir le téléphone portable, mais la concentration centrée sur la conversation.
Leurs tests sur des étudiants placés dans un simulateur de conduite n’ont pas montré de distraction différente entre l’utilisation d’un téléphone avec ou sans kit mains-libres. Les chercheurs l’ont expliqué par toute la concentration que demande la conversation.
Par contre, une chose surprenante est qu’une conversation avec des gens dans le même véhicule peut aider le conducteur parce que ces mêmes passagers sont à l’affût du danger. Ils ont même tendance à réduire leur débit de parole quand la circulation se densifie, explique Frank Drews, chercheur à l’université.A l’instar des téléphones mobiles, de nombreux gadgets sollicitent l’intellect, comme par exemple lors de l’interprétation d’un itinéraire. Et même s’ils s’avèrent moins accaparants qu’une conversation téléphonique, les sources de distraction auront tendance à se multiplier.
«Imaginez que vous soyez au téléphone, tout en essayant d’utiliser votre système de navigation au moment où votre voiture vous dit que la pression de l’un de vos pneus est trop faible», demande Drews. Drews demande à ce qu’il y ait plus d’études sur le sujet, mais pense «qu’il est certain que plus il y aura de technologie dans une voiture, plus les sollicitations cognitives seront importantes, et plus les capacités des conducteurs à circuler seront amoindries.»
Peter Henderson
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