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Sandra Mayotte Le grand saut
C’est à chaque fois un mystère renouvelé que la réussite d’un disque. Avec Sandra Mayotte et Gérard Louis, chaque album constitue non seulement un événement, mais une belle réussite, à mettre au profit d’un professionnalisme rigoureux. On le sait dès les premières notes de Samedi Sawalé, un album de dix titres sur lequel la chanteuse irradie. L’artiste a mûri. La chanteuse a trouvé ses marques, parce qu’être artiste c’est un métier. Sandra Mayotte a donc pris le temps d’embellir ses cordes vocales, de se frotter davantage au monde artistique. Il en découle des chansons d’ambiance, une imposante section de cuivres, une rythmique bien mauricienne, des paroles choisies et une voix assurée.
Pourtant, l’album a été enregistré sous un ciel gris, orageux et pluvieux. Enfermée pendant un mois dans le studio haute technologie de Gérard Louis, Sandra a travaillé avec sa voix et son coeur. Le résultat est là. Personne ne pourrait passer à côté des dix titres de Samedi Sawalé. Pourquoi ? Parce que cet album renferme des chansons à la fois sucrées et piquantes sur nos réalités, sur la vie, l’amour et les hommes. «Sawalé», pour celui qui l’a inventé, Gérard Louis, ce petit bonhomme devenu en quelques années, un auteur, compositeur et producteur de génie, c’est à la fois le «sawal», et le «chula» qu’on aime tant chez nous.
L’album a pris trois ans avant d’être porté à maturation. Trois ans, au cours desquels, Sandra Mayotte s’est impatientée, mais nécessaire à la plénitude de l’artiste. «Je peux dire sans prétention que le public mauricien m’a vue grandir au fil de ces années. Grâce aux différentes tournées que j’ai faites, j’ai pris le temps d’apprendre des autres, de grandir et de gagner en assurance,» explique la chanteuse.
Samedi Sawalé, l’album de cette maturation, souffle la culture mauricienne et s’appuie sur des mélodies sobrement charpentées, dont quelques-unes vont rouiller lentement, tandis que d’autres vieilliront comme le bon vin. Il y a d’abord Hier, ce premier morceau proposé à la chanteuse, une balade acoustique qui raconte l’histoire d’une mère courage, une chanson bouleversante qui témoigne de l’engagement de la chanteuse dans son art. «En devenant un personnage public, j’ai également pris un engagement social.»
Outre la promesse tenue face à Marie-Michelle Etienne, sa confidente et sa complice des ondes et la voix de Mario Noorah qui joue au mari tortionnaire, Sandra Mayotte chante en duo avec ses enfants Sébastien, Chloé et Mélodie, ainsi qu’avec Yavnéel, la fille de Gérard Louis, sur Santé Noël. «C’est une chanson que je ne peux pas écouter parce qu’elle me fait pleurer. Je pleure toujours quand j’entends chanter les enfants, avant c’était L’Ecole des Fans, aujourd’hui je pleure lorsque je regarde Ti Mambo,»explique-t-elle dans un éclat de rire.
Puis, il y a Nou Destin, ce duo avec Dominique Barret, un autre instant béni, à mettre sur le compte d’une chance inouïe que Sandra Mayotte peine à expliquer. «Dans les moments difficiles, j’ai tendance à me demander pourquoi moi? Avec toutes les belles choses qui m’arrivent, c’est la même question que je me pose.
Dominique Barret est un homme si simple, si humble. Il est venu un week-end pour enregistrer cette chanson. Quand je l’ai écoutée et que j’ai réalisé à quel point elle était belle, j’ai eu les larmes aux yeux.»
Parler de cet album fait remonter, des milliers de souvenirs qui lui font venir des larmes aux yeux. Sandra est une tendre, une émotive que chaque compliment et chaque cadeau touchent en plein coeur. «C’est un grand bonheur !» Pourtant, dit-elle, elle n’est pas «née chanteuse». C’est un métier qu’elle a appris, une habitude qu’elle a développée. Depuis Kot li fine allé, une première expérience tentée comme un coup de poker, Sandra Moyotte s’est affirmée. Sacrée Meilleure artiste féminine de l’Afrique de l’Est aux Kora Awards avec Oh yo yo, composition de Gérard Louis, elle a été la première Mauricienne à décrocher ce titre prestigieux. Depuis cette reconnaissance de la profession au niveau africain, Sandra Mayotte est incontournable dans le circuit musical local.
Malgré certains esprits chagrins qui ont peu de foi en la musique locale, Sandra Mayotte ne s’est pas laissée démonter. Elle était persuadée de pouvoir gagner sa vie en chantant.
La chanteuse gagne sa vie en faisant ce qu’elle aime : la radio, mais elle a également la chance inespérée de chanter l’Afrique, sa terre nourricière. L’Afrique de son enfance, l’Afrique de son amie Mina. Sandra Mayotte est à la fois convaincante et convaincue.
Samedi Sawalé est donc un aboutissement. Pas seulement pour l’artiste et ses compositeurs, Gérard Louis pour neuf des dix titres, et Sedley Assone, pour Ki Nou Zom Ki nou Fam, mais un aboutissement dans la présentation. Sandra Mayotte et son mentor ont compris qu’il ne faut pas seulement soigner la musique, mais également l’emballage.
Le CD est une réussite visuelle, à la fois album musical et album photo. Le livret, rehaussé par des photos qui accompagnent chaque chanson, est auréolé de blanc. A défaut de la salopette rouge dans laquelle Gérard Louis l’avait imaginée, Sandra a choisi le blanc, une couleur qu’elle porte souvent sur scène, une couleur «infinie, profonde et pure,» dit-elle.
Les photos signées Jean-Bernard Adoue, mettent en scène la chanteuse, une chaise en fer forgé et une rose rouge, une, choisie à la volée, dans la boutique d’une fleuriste.
Souriante Sandra joue avec l’objectif, s’amuse et adopte même la pause du penseur. Et de tous les rôles dont elle s’acquitte consciencieusement et avec beaucoup de coeur, Sandra Mayotte, donne beaucoup d’elle- même. Son naturel, son élégance, sa voix et cet immense sourire qui n’a de cesse d’illuminer son visage, Sandra Mayotte conjugue le bonheur à tous les temps.
<B>Marie-Michelle Etienne sa nouvelle voie</B>
On savait qu’elle avait de multiples talents Mamie Michelle, mais de là à imaginer qu’elle savait chanter ! «Chanter sous la douche et chanter en studio, ce n’est pas du tout la même chose,» s’exclame Marie-Michelle Etienne. Mamie Ti là, qu’elle interprète sur l’album de Sandra nous la montre sous un nouveau jour. La voix est bien posée, elle sonne juste, elle est douce et bien arrondie.
Composée par Gérard Louis, Mamie Ti là ressemble à Marie-Michelle Etienne. A Radio One, on l’appelle affectueusement «mamie». Et pour que la surprise ne soit pas gâchée, Marie-Michelle a pris soin de cacher sa nouvelle activité à son entourage. Seule sa fille Pauline était plus ou moins dans la confidence. «Elle a dû penser que c’était encore une autre de mes folies !»
Marie-Michelle ne tarit pas d’éloge au sujet de Sandra. «Nous avons cheminé ensemble. C’est ma petite sœur. Au fil des albums, Sandra s’est révélée. Avec Samedi Sawalé, je dirais qu’elle a atteint de hauts sommets,» explique-t-elle. Et si vous vous demandez si Marie-Michelle Etienne songe à enregistrer un album… qui sait, Gérard Louis y travaille peut-être déjà !
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