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« Les Mauriciens ont droit à autant de distractions que les touristes»

10 septembre 2004, 20:00

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<B> Eric Triton sur une scène mauricienne, cela faisait longtemps, non ?</B>

Oui, si l’on ne tient pas en compte ma venue pour la fermeture des Jeux des Iles l’an dernier. La dernière fois, ce devait être en 1997. Mais je n’y étais pas encore en tant qu’artiste reconnu. Donc d’une certaine manière, c’est une première pour moi que d’être une tête d’affiche à Maurice.

<B> Nombreux sont ceux qui vous connaissent déjà et encore plus nombreux sont ceux qui vous ont découvert à la télévision française. Le public n’attendait plus que de vous voir à Maurice… Mais, dommage, pour un concert unique.</B>

Je suis même très étonné de la rapidité avec laquelle les places du concert sont parties. Je ne m’attendais pas du tout à ce que tant de gens viennent m’écouter chanter.

Je viens pourtant à Maurice trois fois par an. Je joue sur la plage tranquillement, avec des amis. Même mes amis, mes proches n’ont pas eu de places pour le concert.

<B> Comment se fait-il que l’on vous connaisse mieux en dehors de Maurice ?</B>

J’ai fait carrière à La Réunion plus qu’à Maurice, avant de partir en France.

<B>Une carrière telle que la vôtre aujourd’hui n’aurait- elle jamais pu naître ici ?</B>

Non. Avant, à Maurice, je travaillais dans un bar, beaucoup de musiciens venaient jouer. Mais les policiers passaient souvent. Moi, je suis un musicien qui veut pouvoir jouer ce qu’il aime. Donc, pas dans les hôtels.

<B>C’était il y a quelques années. Aujourd’hui, est-ce possible ?</B>

Ce n’est pas encore ça. Il faut laisser s’exprimer un artiste et pour cela il faut plus d’endroits où jouer de la musique. Les Mauriciens ont le droit d’avoir autant de distraction que les touristes dans leurs hôtels.

Il faudrait plus d’événements et la possibilité pour les artistes de pouvoir tourner un peu partout dans l’île.

<B>Pensez-vous, fort de votre réussite, avoir un rôle à jouer ?</B>

Tout d’abord, je pense qu’il y a plusieurs formes de réussite. La mienne se renouvelle chaque fois que je suis sur scène. C’est un nouvel effort à chaque fois.Sinon, depuis toujours effectivement, je pense avoir un rôle à jouer. Je le crie haut et fort :unité. J’avais compris ça quand j’avais 14 ans.Si mon titre L’unité, pouvait passer régulièrement à la radio mauricienne, pour moi, ce serait une réussite.

<B>Avez-vous l’envie de vous investir davantage à Maurice ?</B>

J’aimerais en effet faire quelque chose à Maurice. Mais je préfère ne pas en parler pour le moment. Et si les choses se passent mieux pour moi à l’aéroport. Je fais le tour du monde et je n’ai de problèmes que dans mon propre pays, où l’on me fait fouiller. Mais ça me donne encore plus envie de chanter. Je refuse que l’on puisse vouloir casser l’image des artistes.

<B>Vous avez au moins le soutien du public mauricien.</B>

Oui, je ne croyais pas cela possible.

<B>En plus de celui du public français… </B>

Oui. Le public français est aussi très accueillant. Il peut découvrir une autre facette de l’île Maurice. Car on sait très bien leur cacher notre misère.

<B> Qu’aura à découvrir le public mauricien ?</B>

Je pense que ça va être bien. Il va découvrir que c’est le créole qui m’a permis d’aller si loin.

<B> Un dernier mot ?</B>

L’art vaincra !

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