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Eric Triton Encore !
La rénovation du Plaza devrait se faire plus tôt que prévue. Eric Triton a fait trembler ses murs, mercredi soir, dans un concert d’excellence, ovationné par un public conquis d’avance. Juste retour de cause pour cet artiste mauricien qui a dû s’échapper pour s’épanouir.
Les quelque 550 chanceux présents se souviendront d’une soirée mémorable, d’un feu d’artifice musical de près de trois heures. «La révolution pratiquée en musique», chère à Triton, a bel et bien commencé.
Car c’est dans les misères de son île chérie qu’il puise sa force et forge à coups de guitare électrique, une arme (larme), appelée blues. Sur la scène, son lieu favori après, la plage de Tamarin (bien sûr), il explose et pète une corde de guitare au passage. Le spectacle a, à peine débuté, que le public s’enflamme aux premières notes d’Ayo.
Triton et son génial multi-percussionniste, Frédérique Piot, forment un duo à huit mains. Si, les calculs sont bien exacts, si l’on se réfère au degré de virtuosité de chacun des deux. A leur complicité s’ajoute celle d’un public fou, dansant, swinguant et chantant, scandant «laisse nou exprimé».
De l’orchestre au poulailler, le théâtre vibre et danse tout autant, sur les rythmes endiablés de ces swings et blues pimentés à la sauce mauricienne. De sa guitare noire naissent les couleurs chaudes d’un pays volcan, qui, mercredi soir, a explosé de joie.
Avec un sublime sourire à la Armstrong, de géniales mimiques de Calloway, un rythme à la Hooker ; mais sans le ventre de B.B. King, notre bluesman chéri séduit, fait battre les cœurs et frissonner les corps.
C’est exagérément pompeux, certes. Mais on se laisse si facilement emporter par la musique…
Il enchaîne les chansons de son dernier album, Nation, pour notre plus grand bonheur. Pendant les intermèdes, il change de guitare, et échange quelques bons mots, avec son public, qui n’attend que ça. L’on était peut-être pas au Plaza mercredi, mais quelque part, sur la plage, en attendant que le pro revienne en scène.
S’il déchaîne les cris de joies dans la première partie, la seconde partie fait froid dans le dos, avec Dan Koin Légliz, Linité et le désormais légendaire Blues Dan Mwa, que reprend le public, comme un hymne à la Nation dont rêve Triton. C’est l’apogée du spectacle, qui nous réserve encore de belles surprises, comme le solo de Philippe Thomas sur Armstrong.
Triton conclut un spectacle sur un blues-séga qui fait se lever et danser toute la salle. Soudain il disparaît. Pour mieux revenir après quelque dix minutes de standing ovation et d’applaudissements qui n’ont jamais faibli.
Que du bonheur encore et trois chansons exclusives de son prochain album, L’Art Vaincra ! si ce n’est pas déjà fait. Le concert s’achève avec les Famous Five mauriciens, improvisant sur Zen, l’un des futurs succès qui attendent Eric Triton. Les planches du Plaza tremblent sous le blues d’Eric, aidé dans sa tâche par la guitare de Steve Deville, la trompette de Philippe Thomas, la batterie-djembé-tabla de Frédérique Piot et le rouleur de Menwar !
Le concert était unique au sens propre comme au figuré. Espérons qu’un Père Noël nommé Philippe Capponi, le manager d’Eric depuis 10 ans, parviendra comme il l’a confié après le concert à faire revenir dans la chaleur de décembre l’enfant chéri d’une île qui a grand besoin de swinguer !
<I>«De l’orchestre au poulailler, le théâtre vibre et danse tout autant, sur les rythmes endiablés de ces swings et blues pimentés à la sauce mauricienne. De sa guitare noire naissent les couleurs chaudes d’un pays volcan, qui a explosé de joie.»</I>
<I>«C’est dans les misères de son île chérie qu’il puise sa force et forge à coup de guitare électrique, une arme (larme), appelée blues.»</I>
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