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Début des débats sur la motion de Maigrot

10 septembre 2004, 20:00

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Les débats sur la motion logée par Bernard Maigrot, accusé du meurtre de la styliste Vanessa Lagesse, pour obtenir le dossier à charge, ont commencé hier en Cour suprême devant le juge Asraf Caunhye. Il conteste la décision du magistrat Maneesh Gobin, du tribunal de Mapou, de n’avoir pas accédé à sa requête.

D’entrée de jeu, Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, avocat de l’accusé, a soutenu que les droits constitutionnels de son client ont été violés par l’accusation. Selon lui, cette attitude prive son client d’un procès équitable, et ne lui permet pas de préparer convenablement sa défense en vue de l’enquête préliminaire. Ce refus de communiquer les documents, les photos et les films vidéo a constitué le point fort des arguments de l’avocat.

Il a donc proposé au juge de suspendre les travaux de cette enquête préliminaire, en attendant la fin des débats en cours, et a réitéré expressément sa demande que la Cour suprême ordonne au DPP et au commissaire de police de remettre à son client les documents réclamés.

Me Karuna Guness-Balghee, Principal State Counsel, a, elle, invité la Cour à rejeter la demande de Bernard Maigrot, en soutenant qu’il n’y a pas eu de violation de droits constitutionnels.Les débats reprendront le 27 septembre 2004, au retour de Me Collendavelloo au pays.

La styliste Vanessa Lagesse avait été retrouvée morte dans la baignoire de son bungalow à Grand-Baie le 10 mars 2001. Le 24 suivant, les enquêteurs de la Major Crime Investigation Unit (MCIT), avaient convoqué Bernard Maigrot et son épouse Isabelle. Ce jour-là, vers 12 h 30, alors que Bernard Maigrot était interrogé, d’autres policiers, dirigés par l’inspecteur Prem Radhooa, faisaient irruption, l’ont menacé, et ont tenté de l’enlever. Mais ils en ont été interdits par leurs collègues du MCIT.

Après le prélèvement des empreintes digitales, les enquêteurs de la MCIT ont perquisitionné la demeure de Bernard Maigrot, et examiné des vêtements et des chaussures, trouvés sur les lieux.

Dans l’après-midi du 23 avril 2001, Bernard Maigrot était emmené par des policiers. Il devait par la suite alléguer avoir été torturé par les hommes de l’inspecteur Radhooa, contraint de faire une confession, sans pouvoir contacter son avocat.

Ce n’est que tôt, le lendemain matin, qu’il put rencontrer son avocat et être véhiculé à l’hôpital où il a été examiné par les Drs Adam et Mooneegan. Il a ensuite été détenu dans une cellule à Line Barracks, et il a comparu plus tard devant le tribunal de Mapou où il a raconté sa mésaventure entre les mains des hommes de l’inspecteur Radhooa.

Bernard Maigrot a ensuite été transféré à la prison de la Grande-Rivière-Nord-Ouest où il a été retenu jusqu’au 6 juillet 2001. Ce jour-là, il était libéré sous caution et demandait, par l’intermédiaire de son homme de loi, le dossier à charge complet contre lui. Sans succès.

Le 14 avril 2003, il était formellement accusé du meurtre de Vanessa Lagesse, ce qu’il a nié. Le 23 du même mois, le DPP ordonnait l’institution d’une enquête préliminaire pour définir les circonstances de la mort de Vanessa Lagesse. Les travaux de cette enquête n’ont pas encore démarré.

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