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Deux options pour dissoudre le Parlement avant la partielle
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Deux options pour dissoudre le Parlement avant la partielle
A moins d’un revirement spectaculaire, il n’y aura pas de partielle à Port-Louis Maritime -Port-Louis Est. Le Parlement sera dissous avant la date fixée pour l’élection de remplacement. Cette éventualité s’est précisée hier à l’issue du Conseil des ministres. Il est peu probable que les choses évoluent après la réunion des instances dirigeantes des deux partis au pouvoir aujourd’hui.
Le communiqué du Conseil des ministres rappelle que tant «le gouvernement que le principal parti de l’opposition se préoccupent des dépenses additionnelles qu’engendrerait l’élection partielle dans la circonscription n° 3 à quelques mois des prochaines élections générales». En mettant l’accent sur cette convergence de vues, le régime laisse clairement comprendre quelle voie il privilégie en ce moment. Outre la question financière, les dirigeants ne souhaitent pas aller vers une partielle parce que cela, impliquera, soulignent-ils, un déploiement considérable des logistiques de la police et de la commission électorale à quelques mois des législatives générales.
<B>Procédures caduques</B>
A la suite de la démission du député Siddick Chady, le gouvernement dispose de 240 jours pour organiser une partielle. Mais si le Parlement est dissous avant l’expiration de ce délai, soit en mai 2005, les procédures enclenchées pour la partielle deviennent caduques. Des élections générales doivent alors être organisées dans un délai de 150 jours à partir de la date de la dissolution du Parlement.
Ce scénario présente toutefois une difficulté majeure pour le gouvernement. Une fois le parlement dissous, celui-ci ne pourra qu’expédier les affaires courantes du pays et se trouvera dans l’impossibilité de présenter le dernier budget de son mandat comme prévu en juin 2005. Il y a deux façons de contourner cet écueil. Soit la date de la présentation du budget est avancée de quelques semaines, ou alors , la loi électorale est révisée pour étendre le délai de 240 jours afin qu’il couvre le mois de juin.
Les dispositions actuelles de la loi électorale autorisent le gouvernement à aller directement aux législatives sans passer par la partielle. Si un amendement est envisagé, c’est uniquement pour permettre au gouvernement de présenter le budget en juin, c’est-à-dire avant d’avoir à dissoudre le Parlement.
Cela étant, rien n’est encore totalement acquis. Si l’opposition devait, à la lumière de la nouvelle donne, réviser sa position et insister pour l’organisation d’une partielle, les choses peuvent encore évoluer, expliquaient hier les milieux officiels à l’Hôtel du gouvernement. Dans ce cas, le gouvernement serait en faveur d’une partielle organisée «rapidement» pour que le pays puisse souffler un peu avant les générales.
Les consultations qui ont lieu ce week-end ne devraient pas modifier significativement la position du gouvernement concernant le calendrier électoral mais, comme le font ressortir les milieux dirigeants, «rien ne presse». Selon la Constitution, en cas de vacance, «the writ for an election to fill the vacancy shall, unless Parliament is sooner dissolved, be issued within 90 days of the occurrence of the vacancy».
En attendant, les statistiques électorales de la circonscription n° 3 intéressent sûrement les observateurs. Aux législatives de septembre 2000, Sam Lauthan (MSM-MMM) était arrivé en tête de liste avec 42 % , suivi de Siddick Chady (PTr) avec 38 % et Mahammad Nanhuck (MSM-MMM) avec 34%. Abu Kasenally (PTr) était battu de peu ainsi que Anwar Oomar (MSM-MMM) mais ce dernier a été repêché comme député correctif. Aux municipales d’octobre 2001, l’arrondissement n° 4 à Port-Louis était le seul endroit où le PTr fit élire des conseillers. Siddick Chady arriva en première position avec 53 % tandis que le premier MSM-MMM, Mahammad Nanhuck recueillit 42 %.
<B>Ramgoolam:«Ni le MMM, ni le MSM ne nous intéressent”</B>
Le leader de l’opposition a mis les points sur les «i». Navin Ramgoolam insiste qu’il n’y a aucune tractation d’alliances. Il précise que le Parti travailliste (PTr) est contre la tenue d’une élection partielle dans les circonstances actuelles. Il réclame la tenue d’élections générales anticipées et la dissolution du Parlement «demain s’il le faut». Le leader du PTr a aussi expliqué son attitude lors du MRA Bill et sa position envers Siddick Chady.
«Il n’y a pas de négociations avec le MMM ou le MSM. Nous ne sommes pas intéressés.» C’est sur un ton sobre et déterminé que Navin Ramgoolam a apporté ces précisions «parce qu’il y a trop de spéculations», a-t-il dit lors d’un point de presse, hier. Il rappelle qu’il y a quatre ans, jour pour jour, il aurait pu, s’il le voulait, faire une alliance avec le MMM. «Zot tou kone ki MMM ti pe rod fer lalians avek nou» mais il avait refusé parce que le PTr a des principes et des valeurs qui ne seront «jamais compromis». Il ajoute, cependant, que «si alliance il y a avec quiconque, ce parti devra adhérer à nos principes» mais il maintient que jusqu’ici il est très «satisfait de ses partenaires de l’alliance sociale et que c’est avec eux» qu’il ira aux élections générales.
Navin Ramgoolam explique aussi pourquoi il veut des générales au lieu de partielles. «Si le gouvernement décide d’organiser des partielles, le pays sera en campagne électorale pendant un an. Ce n’est pas sain, surtout dans le contexte économique actuel.» A une question d’un journaliste qui voulait savoir pour quand il veut ces élections et la dissolution du Parlement, Ramgoolam devait répondre : «Mais pour demain s’il le faut ! Depuis le temps que nous réclamons des élections générales !» Le leader du PTr trouve «étonnant» qu’alors que Paul Bérenger a exprimé sa préférence pour une partielle, Pravind Jugnauth vient dire que des élections partielles «coûteraient trop cher au pays».
«Mo sir Bérenger mem inn dir li dir sa. Gouvernma na pena 5 swa. Soi partiel, soi zeneral.» Navin Ramgoolam précise que, pour le PTr, quel que soit la décision du gouvernement, «nous sommes confiants de nous acheminer vers une victoire écrasante». Le gouvernement, dit-il, se désiste «la queue entre les jambes» maintenant que la démission de Chady est devenue une réalité.
«Bérenger vinn fer Goolfee dir ki Chady zafer travayis sa, zot bizin debrouy zot zafer. Be Goolfee so memwar kourt. Li blie li ki ti pren kontak avec Chady, ti dir li demisyone depi travayis.» Le leader de l’opposition explique qu’il avait, dès l’année dernière, expliqué à Siddick Chady que, s’il voulait quitter le parti des rouges, il devait rendre au PTr son ticket «parski linn eli sou banier travayis». Ce dernier avait choisi plutôt de siéger en indépendant. «Ce n’est que maintenant qu’il décide de réparer son erreur mais je lui ai fait comprendre qu’il n’est pas question qu’il brigue les suffrages mais qu’il doit aider le nouveau candidat.»
L’identité dudit candidat qui n’a pas été révélé malgré l’insistance de certains journalistes. «Sak fwa zot dimann mwa mem zafer», a-t-il répondu en riant. «Est-il présent à la conférence de presse ?» a demandé un confrère. Toujours de bonne humeur, «je ne vous le dirai pas», a-t-il répondu. En ce qui concerne le MRA Bill, le leader de l’opposition évoque des commentaires qui feraient état de l’incompréhension de «certains» sur son rôle de médiateur. «J’ai agi dans l’intérêt supérieur et ce n’est pas la première fois. C’est pour cela que je dis qu’une campagne électorale de 12 mois serait néfaste au pays.» Il demande au gouvernement de rendre le pouvoir au peuple dans «l’intérêt supérieur du pays».
Le même thème a été repris lors d’une réunion à Albion hier soir. Devant une soixantaine de sympathisants, le député Arvin Boolell s’est dit persuadé que le MSM-MMM n’ira pas au-delà de 2005. «Ce gouvernement qui est au pouvoir depuis quatre ans n’a plus le contrôle du pays.»
Evoquant la politique sociale du gouvernement, Arvin Boolell a mis en avant l’augmentation du chômage, le manque de volonté du gouvernement à aider les petits et moyens entrepreneurs. La politique étrangère de Maurice a aussi été l’objet de virulentes critiques d’Arvin Boolell. Il a tenu l’alliance au pouvoir responsable du froid avec l’Angleterre dans l’affaire des Chagos. «Jamais le PTr ne serait entré en conflit avec un allié aussi important que l’Angleterre surtout dans une situation économique si difficile.» Pour lui, les jours du gouvernement sont comptés.
<B>Chady analysé au n° 3</B>
La circonscription n° 3 vit, depuis mercredi, au rythme des commentaires sur la démission de Siddick Chady du Parlement. Les habitants de Port-Louis Maritime - Port-Louis Est se plaisent à spéculer sur les événements politiques à venir dans les prochaines semaines. Le travail abattu par le député est analysé d’un œil critique.
La possibilité d’aller tout droit vers une élection générale sans passer par la partielle fait également débat. «Organiser des élections partielles à quelques mois des élections générales serait un véritable gaspillage», soutient Noordally, vendeur de «gâteaux patates». Adam, marchand «d’alouda», renchérit. «Les électeurs du n° 3, comme tous les Mauriciens, sont dans une logique électorale pour 2005 et une élection partielle n’aurait aucun sens.»
Pour sa part, Raffick Goolfee, chef de file du MMM, se dit satisfait de la réaction de l’alliance gouvernementale. «Le gouvernement a su gérer la situation sans panique et sans pression. Il a pris les décisions qui s’imposent dans une telle situation.»
Sharrif, une soixantaine d’années, est persuadé que Siddick Chady a démissionné dans l’espoir d’obtenir un «ticket » du PTr. «C’est un homme qui assume ses responsabilités mais il semble ne pas bien savoir ce qu’il veut en politique.» Evoquant les réalisations des députés de la circonscription, les habitants de la Plaine-Verte sont partagés. Mohammed, 34 ans, affiche une franche satisfaction devant le travail abattu par les autorités, notamment sur la construction de la foire de Cité-Martial. «A cet endroit, il y avait autrefois une foire délabrée et les gouvernements successifs n’ont rien fait. Il était grand temps de le rénover.» Ce vendeur de fruits espère pouvoir bénéficier de cette facilité pour améliorer son quotidien.
Les autres critiques portent essentiellement sur le manque d’espaces récréatifs pour les plus jeunes. «Même si beaucoup est fait pour nous faciliter la vie, le gouvernement semble oublier les plus jeunes. Aucun espace ou presque ne leur est dédié», souligne Adam. La drogue, ajoute t-il, est un réel fléau pour les jeunes qui y sont exposés. Il espère toutefois que la piscine, actuellement en construction, les incitera à s’adonner au sport.
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