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?Le Trust Fund arrive au bon moment?

9 septembre 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>On a du mal à situer le rôle du Trust Fund for Excellence in Sports ? </B>

? Au contraire, c?est très clair. Nous avons deux objectifs comme stipulé dans le règlement du Trust Fund. Premièrement, combattre le problème du chômage chez les athlètes de haut niveau qui sont déjà en activité ou qui sont en fin de carrière. Cela, à travers une formation professionnelle. Deuxièmement, trouver des solutions pour que les athlètes puissent concilier sport et études. S?il faut mettre sur pied des pôles espoir, nous le ferons. Mais il ne faut absolument pas voir en ce Trust un autre organisme, du même style que la High Level Sports Unit, qui distribue aide financièrement aux athlètes selon des critères très précis.

<B>Avez-vous des projets précis concernant la formation professionnelle des athlètes de haut niveau ? </B>

? Certainement. Nous avons déjà rencontré un certain nombre de fédérations olympiques pour leur expliquer notre rôle, qui est de collaborer pleinement avec elles. Nous avons également établi des liens très étroits avec le directeur de l?IVTB, qui est du reste un des membres du Trust. Nous avons aussi fait comprendre aux fédérations que le Trust n?est pas là pour aider tous les athlètes mais uniquement ceux ayant atteint le haut niveau.

<B>C?est quoi le haut niveau pour vous ? </B>

? Le haut niveau pour moi c?est au moins le niveau des Jeux des îles. Il faut aussi que l?athlète ait représenté le pays un certain nombre d?années. Mais il est aussi de notre rôle de soutenir les athlètes qui sont toujours à l?école où encore à l?université à l?instar d?Arielle Brette, Melissa Vincent ou encore Nicolas Li Yun Fong. Il faudra convaincre le ministère de l?Éducation de changer son attitude, au cas contraire, il n?y aura point de sport de haut niveau pour ces athlètes. Pour ne vous citer qu?un seul exemple, Arielle Brette ne peut plus s?entraîner car elle a cours tous les jours, depuis le matin jusqu?à tard dans l?après-midi. Il faudra également qu?on encourage plus d?athlètes à suivre des cours d?éducation physique au MIE pour ensuite devenir professeur de sport. Il faudrait apporter non pas une révolution mais une évolution rapide du sport de haut niveau. Quelque part, les JIOI ont été la sonnette d?alarme pour le sport mauricien. Beaucoup d?athlètes sont en fin de carrière. Le sport mauricien est à la croisée des chemins. Je pense que le Trust fund arrive au bon moment pour redynamiser le sport.

<B>Justement, avez-vous un projet spécifique pour ces athlètes qui sont en fin de carrière ? </B>

? Nous sommes là pour les encourager, voire même les aider à mettre en place une petite entreprise. Nous allons travailler de concert avec les différents ministères et institutions concernés dont la SMIDO et la banque de développement, pour faciliter la tâche des sportifs. Il faut que les gens, jeunes et moins jeunes, soient rassurés quant à leur avenir après leur carrière sportive. On a créé quelque chose qui manquait même à mon époque. Il n?y a personne à blâmer. Mais je dirais qu?il y avait une lacune qui est en train maintenant d?être comblée avec la mise sur pied du Trust Fund.

<B>Le Trust Fund, à travers ces projets, révolutionnera-t-il le visage du sport dans 15-20 ans ? </B>

? Pour moi, ce n?est pas une question de révolution. Si on ne va pas dans cette direction, il y aura de moins en moins d?athlètes de haut niveau. Pour être franc, dans quatre ans à Beijing, à part Jonathan Chimier, Stéphane Buckland, Eric Milazar et Arnaud Casquette, je ne vois personne sortir du lot. Au niveau du Trust on est conscient des lacunes du sport mauricien. On ne peut pas demander au ministère de tout faire. Nous sommes conscients de cela également mais notre rôle est de conseiller et d?aider.

<B>Bon nombre d?athlètes sont issus de milieux sociaux défavorisés. Ils ont un minimum de bagage académique. Quelle formation pensez-vous leur accorder ? </B>

? L?île Maurice n?est pas un cas unique. Dans beaucoup de pays, la majorité des athlètes vivent dans des conditions modestes. l?IVTB offre toute une panoplie de formation. C?est à nous d?aller vers les athlètes pour leur expliquer les possibilités qui existent en termes de formation. S?il le faut, nous retiendrons les services d?un psychologue pour guider les athlètes dans le choix de leur carrière professionnelle. Toutefois, ce n?est pas le rôle du Trust de leur trouver un emploi. Par ailleurs, il faut que les firmes privées ou même les corps para-étatique songent sérieusement à venir en aide aux athlètes de très haut niveau. Comme cela se passe ailleurs. C?est super ce que Mon-Loisir à fait pour Stéphane Buckland. Ce groupe a eu le courage de sponsoriser de façon importante un athlète de haut niveau. Mais je trouve qu?il aurait pu faire différemment. Au lieu de donner autant d?argent, il aurait pu trouver un plan de carrière dans le groupe pour Stéphan. À la fin de sa carrière sportive il aurait été certain de trouver un emploi. Le Trust proposera un projet en ce sens au secteur privé et aux corps para-étatiques.

<B>Comment se fera la sélection des athlètes aptes à bénéficier de l?aide du Trust Fund ? </B>

? La fédération devra constituer un dossier et nous l?envoyer. À partir de là, nous ferons le reste. Mais attention, nous allons suivre également à notre niveau les résultats des différents athlètes. Et si la fédération n?a pas recommandé un athlète qui mériterait qu?on le fasse, nous allons certainement lui demander des explications.

<B>L?aide du Trust touchera-t-elle toutes les fédérations ? </B>

? Nous allons, dans un premier temps, nous limiter à un certain nombre de disciplines. Mais valeur du jour, nous n?avons pas encore fait de choix.

<B>Comptez-vous réintroduire les bourses sport-études qui furent abolies par l?ancien ministre des Sports, Navin Soonarane ? </B>

? Le mot sport-études est dépassé. Il a été remplacé par le concept des pôles espoir, qui permet de regrouper les athlètes dans une seule institution et leur offrir toutes les facilités nécessaires pour qu?ils puissent s?entraîner dans les meilleures conditions. Et, là encore, il faudra l?intervention du ministère de l?Éducation pour que le projet puisse voir le jour. Il est aussi possible qu?on envisage un internat. Mais il faudra convaincre les parents. C?est un vaste chantier. Toutefois, l?important c?est que le jeune athlète puisse étudier et aussi pratiquer son sport au plus haut niveau.

<B>Parlons finance. Quel est justement le mode de financement de la fondation ? </B>

? Nous avons une contribution du ministère et les Rs 5 millions de profit réalisés par le COJI dans le cadre des 6es Jeux des îles ont également été versés au Trust Fund.

<B>Justement, il semblerait qu?une banque commerciale ait promis une aide conséquente au Trust Fund?</B>

? Il y a effectivement une possibilité que nous ayons un gros sponsor. N?empêche que nous allons frapper à d?autres portes du secteur privé pour leur présenter notre projet. Il faut savoir que les firmes seront exemptées de taxe à hauteur de Rs 1 m, si elles contribuent au Trust.

<B>Il n?est un secret pour personne que le courant ne passe pas toujours bien entre le ministre des Sports, Ravi Yerrigadoo, et vous. Pensez-vous que vous obtiendrez tout son soutien dans ce projet ? </B>

? Chaque fois que nous avons discuté des projets du Trust, je l?ai trouvé très ouvert et très réceptif. Je le remercie parce qu?il nous accorde quand même beaucoup de latitude pour pouvoir mettre en place ce projet. Je voudrais ajouter un petit mot sur la contribution du nouveau président, Pravin Manrakhan que je connais depuis très longtemps et qui a une grande passion pour le sport. C?est également un pédagogue. Je pense qu?il est un atout majeur pour le Trust.

<B>Vous avez en tout cas le soutien total du PM, Paul Bérenger ? </B>

? Le Premier ministre soutient le projet parce qu?il y croit ferme. Il réalise lui aussi que le sport de haut niveau attire de moins en moins de jeunes parce qu?ils craignent de se retrouver au chômage en fin de carrière.

<B>On a du mal à imaginer que Michael Glover se contentera de diriger le Trust Fund ? On a l?impression que c?est un tremplin?</B>

? Je n?ai pas besoin de tremplin dans la mesure où j?ai déjà fait mes preuves. Pour moi, c?est une contribution additionnelle à la chose sportive. Mais il faudra bien que je m?arrête un jour.

<B>Des rumeurs circulent à l?effet que vous allez effectuer votre retour sur la scène politique l?année prochaine. On parle même d?un rapprochement avec le MMM. Info ou intox ? </B>

? Des rumeurs ou des palabres (rires). Pour le moment, je me concentre sur le Trust, on verra après. Chaque chose en son temps. Je suis apolitique pour l?instant mais si l?année prochaine il faut prendre une décision, je le ferais. Pour le moment il n?y a aucun rapprochement ni du MMM ni du MSM ni du PT?

<B>En tant qu?ancien ministre des Sports, quel regard jetez-vous sur le sport mauricien en 2004 ? </B>

? Ce qui m?inquiète fortement, c?est le manque de relève. J?aurais souhaité que les dirigeants sportifs servent davantage le sport au lieu de se servir du sport.

A part Jonathan Chimier, Stéphane Buckland, Eric Milazar et Arnaud Casquette, je ne vois personne sortir du lot.

Je n?ai pas besoin de tremplin dans la mesure où j?ai déjà fait mes preuves. Pour moi, c?est une contribution additionnelle à la chose sportive.

<B>Interview réalisée par Neeta Persand</B>

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