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L’Italie sous le choc après l’enlèvement de deux femmes

8 septembre 2004, 20:00

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Le président du Conseil italien Silvio Berlusconi s’est joint mardi à l’opposition pour appeler à constituer un front unifié à la suite de l’enlèvement à Bagdad de deux Italiennes travaillant pour une organisation humanitaire.

Mais les inquiétudes sur le sort des deux premières femmes italiennes enlevées depuis l’invasion américaine ont provoqué de nouvelles manifestations et nourri les critiques sur l’engagement de l’Italie en Irak.

Une vingtaine d’hommes armés de kalachnikovs et de pistolets munis de silencieux ont fait irruption à bord de plusieurs véhicules dans un quartier très animé de la capitale, avant de s’engouffrer dans un immeuble abritant l’organisation “Un pont pour Bagdad”, selon des témoins.

Ils ont ensuite quitté les lieux sans encombre en emmenant Simona Pari, Simona Torreta et deux Irakiens, dont une femme travaillant pour Interso, autre organisation italienne.

En apprenant la nouvelle, Berlusconi est rentré précipitamment à Rome pour une réunion de crise avec ses ministres de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires étrangères.

“Le gouvernement, convaincu que le terrorisme doit être combattu avec l’unité du pays, a proposé une réunion demain avec les représentants de l’opposition”, déclare le chef du gouvernement dans un communiqué.

Le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini a contacté des représentants des musulmans sunnites et chiites à Badgad qui ont fermement condamné l’enlèvement et réclamé la libération immédiate des deux femmes.

<B>Rapatriement souhaité </B>

Mais de plus en plus de voix s’élèvent pour critiquer le maintien des 2 700 soldats italiens en Irak, en dépit des sondages montrant que la plupart de leurs compatriotes souhaitent leur rapatriement. L’Italie possède le troisième contingent militaire en Irak, après les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

“Tout doit être fait et toutes les initiatives doivent être mises en oeuvre pour sauver ces deux jeunes femmes”, a déclaré Piero Fassino, chef du principal parti d’opposition, les Démocrates de la gauche.

Plus d’une centaine de manifestants se sont réunis devant les bureaux romains de Berlusconi.

L’Italie a déjà été secouée ces derniers mois par des prises d’otages en Irak. Capturé le mois dernier sur la route menant de Bagdad à Nadjaf, le journaliste italien Enzo Baldoni a été exécuté le 26 août. Fabrizio Quattrocchi, agent de sécurité de même nationalité, avait quant à lui été tué par ses ravisseurs le 14 avril.

Le pays a en outre été fréquemment la cible de menaces diffusées sur internet d’organisations islamistes revendiquant des liens avec Al Qaïda. Certains menacent l’Italie d’attentats à la voiture piégée, d’autres promettent d’ensanglanter Rome et de tuer Berlusconi.

<B>Phill Stewart</B>

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