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Triste à pleurer…comme une vache

8 septembre 2004, 20:00

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Elle est toute mignonne la vache qui pleure parce qu’elle ne peut pas se faire manger au Kentucky Fried Chicken. Ce n’est même pas une vraie vache, juste un dessin. Mais voilà. Certains se sont élevés parce que c’est “un manque de respect.”

À quoi reconnaître une société malade de trop de susceptibilités ? À son manque d’humour. Triste et grave de voir comment même une pauvre vache qui est interdite d’abattoir peut faire l’objet de polémique. Comme quoi, on n’est jamais assez prudent. Quelle est l’explication psychologique à ce phénomène, qui fait que quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, une communauté - ou ceux qui s’en déclarent les porte-parole – se sentent visés ? Paranoïa.

La fois d’avant c’était le masque blanc, cette fois-ci c’est la vache, la prochaine ce sera une croix, l’autre l’utilisation de telle couleur, ou le lapin, le dragon, le tigre, et pourquoi pas les poissons… bref, lorsque l’on manque cruellement d’humour, que l’on prend trop au sérieux certaines idées, tout peut être mal interprété. Et l’on se dirige vers une société où l’on ne dit plus rien, où l’on n’ose plus rien, de peur de froisser les uns et les autres. Une société morne, sans créativité, où tous les lobbies se déclarant d’un groupe quelconque (on l’a également vu avec la Mauritius Revenue Authority) pourront modifier une décision. Et l’on cède, parce que l’on a oublié ce qu’était avoir le courage de ses opinions.

Mais, évidemment, en écrivant cela nous ne sommes pas politiquement corrects. Nous allons aussi nous attirer les foudres divines. La dérision est incomprise, même si elle permet de relativiser, et l’humour est un excellent exutoire. Alors chut, taisons-nous, et laissons-nous engloutir par la peur de l’expression libre…

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