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Logiques à l’œuvre

8 septembre 2004, 20:00

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On pourrait appeler cela un paradoxe politique. Tandis qu’en général l’opposition joue la confrontation et le gouvernement l’apaisement, c’est l’inverse qui se produit depuis la démission du député Siddick Chady.

La direction du Parti travailliste (PTr) a exprimé hier le souhait qu’il n’y ait pas de partielle en attendant les élections générales. En revanche, le gouvernement dit considérer la possibilité d’organiser une partielle à brève échéance. En tout cas, il n’écarte pas d’emblée l’idée d’organiser “très vite” une partielle. Les premiers renseignements disponibles hier indiquaient que les dirigeants abordent la question avec un “esprit ouvert”. Contrairement à ce que l’on prévoyait, il n’est pas acquis d’avance que le régime évitera la partielle et ira directement vers les générales.

La position du PTr surprend car pour l’ opposition chaque rendez-vous électoral est une occasion d’amplifier le mécontentement à l’égard du pouvoir. Les opposants mettent à profit chaque scrutin pour exacerber l’insatisfaction populaire. Les conséquences d’une partielle ne peuvent qu’être positives pour eux. Si, de surcroît, il y a une victoire à la clé, cela ne peut que les réjouir davantage.

Après l’onde de choc provoqué par la victoire de son candidat à Rivière-du-Rempart, le PTr aurait pu espérer, à la Plaine-Verte, susciter une dynamique capable de mobiliser tous ses partisans avant les législatives de 2005. Pourtant la partielle ne semble pas l’intéresser.

Cette hésitation du Parti travailliste à engager le fer avec ses adversaires politiques ajoute à une situation de confusion qui existe déjà. L’opinion reste déboussolée par la position adoptée par le leader de l’opposition lors de l’adoption du “Mauritius Revenue Authority Bill”. Navin Ramgoolam a joué, à cette occasion, un rôle de médiateur qui a permis de désamorcer une crise.

Ces postures inexpliquées de Navin Ramgoolam cacheraient-elles des tractations que son parti mène en ce moment en vue de nouer une alliance avec le MMM ou le MSM? Cette hypothèse est contredite par la réalité. Les états-majors des deux partis au pouvoir ne manquent pas une occasion de réaffirmer qu’ils iront ensemble aux prochaines législatives. Il existe certes des nuances dans leur appréciation de certaines questions politiques mais, visiblement, le lien entre les deux partenaires n’est pas près de se dénouer.

Au-delà des affinités qui existent entre Paul Bérenger et Pravind Jugnauth, il existe de simples logiques à l’œuvre pour les unir. Le MMM ne peut contracter une alliance avec le PTr car il est impossible à deux leaders ayant occupé le poste de Premier ministre de cohabiter au sein d’une même alliance. Pour sa part, Pravind Jugnauth ne peut accepter de devenir prisonnier d’un arrangement avec le PTr . Il a de l’ambition, le leader du MSM. Il ne se contentera pas d’être le n° 2 de Ramgoolam.

La seule formation qui peut avoir un intérêt à forcer une recomposition de la configuration actuelle est le PTr. Même si dans son analyse la reconquête du pouvoir semble acquise, il doit craindre l’avenir. La conjonction de plusieurs facteurs économiques, liés au sucre, au textile et au tourisme, pourrait compliquer les choses pour lui dans la perspective d’une alternance en 2005. Cela l’arrangerait s’il pouvait provoquer des fissures dans l’alliance en face.

La stratégie solitaire du député Chady a fait l’événement pendant 48 heures. Ses retombées tiendront l’opinion en haleine pendant longtemps.

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