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Ringo échoue à Washington et Sookdeo Issur s?explique

6 septembre 2004, 20:00

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Le ministre des Finances, Sir Veerasamy Ringadoo, rentre de Washington les mains vides. Banque mondiale et Fonds monétaire international acceptent d?aider l?économie mauricienne à condition toutefois que nous acceptions le package deal qu?ils veulent nous imposer. Pas possible de maintenir le niveau de vie du Mauricien s?il n?est pas disposé à faire sa part de travail supplémentaire puisqu?il vit déjà au-dessus de ses moyens. Nadess qualifie la situation financière de grave, de critique même. Les dernières grèves l?ont d?autant fragilisée. Les Mauriciens doivent s?attendre à des décisions draconiennes. Rien ne va si l?économie ne marche pas. La crise est mondiale. Elle touche même les pays industrialisés. Avant de rentrer au pays, le Grand Argentier et Lady Ringadoo ont assisté au lancement du Ro-Ro Mauritius II que construisent les Japonais pour le compte du gouvernement.

La situation n?est pas meilleure pour Sookdeo Issur, le grand patron de la Vacoas Transport Co. Ltd (VTC). Il écrit au gouvernement et impose ses conditions quant à une éventuelle reprise de ses activités professionnelles. La VTC n?est plus en mesure de payer ses employés. Ses banquiers refusent d?honorer ses chèques et exigent le remboursement immédiat de ses dettes. Le gouvernement ignore ses difficultés financières. Il refuse systématiquement les demandes d?augmentation du coût du ticket d?autobus. La compagnie ne peut plus s?acquitter de ses dettes en raison de la cessation de ses activités. Elle demande de nouveau au gouvernement de prendre charge de ses activités après l?avoir dûment indemnisée. Elle a rendu à la Road Traffic Licensing Authority (RTLA) ses permis d?opération. La RTLA a refusé de les reprendre. Elle veut vendre certains autobus pour payer les arriérés salariaux dus mais la RTLA refuse de transférer les permis d?opération aux nouveaux acquéreurs. La VTC ne peut de ce fait rendre plus fluide le déplacement des usagers du transport en commun sur les lignes d?autobus Nos 3 et 4, Vacoas-Port Louis et Curepipe-Quatre Bornes.

De leur côté, des employés de la VTC veulent mettre sur pied une coopérative et reprendre en partie les activités de leur ancienne compagnie d?autobus.

Sookdeo Issur explique qu?il est né en 1913 dans un milieu plutôt modeste. A 14 ans, il perd son père. Il n?a droit qu?à une éducation sommaire car il doit intégrer jeune encore le marché du travail. Il est à la fois laboureur et laitier. Les responsabilités familiales et professionnelles ne manquent pas sur ses jeunes épaules. Il est le principal soutien de sa mère et de ses nombreux frères et s?urs. A 25 ans, il ouvre une boutique aux Vacoas. Il parvient aussi à acheter son premier autobus, Virginia, qu?il place sur la ligne Curepipe-Mahébourg. Le deuxième autobus s?appelle Luxor. Le transport par autobus est alors assuré seulement par des propriétaires individuels. M. Arthur Jessop, conseiller du gouvernement en matière de transport en commun, invite les propriétaires individuels à se regrouper en compagnies. Issur fait de la résistance. Il ne croit pas dans la rentabilité des compagnies d?autobus. Les 24 actionnaires de la nouvelle compagnie réclament son aide. Il crée avec eux un ?holding? dont il contrôle 51% des actions. Il n?a pas le choix. Le gouvernement exige sa présence à la tête de la nouvelle compagnie, la VTC. Refuser c?est s?exposer à perdre ses permis d?opération d?autobus. De 25 autobus au départ, la flotte de la VTC comprendra à son apogée 235 véhicules. Depuis 1973, les affaires stagnent parce que le gouvernement s?ingère de plus en plus dans le fonctionnement des compagnies d?autobus mais surtout en gelant toute hausse du coût du ticket d?autobus. Quand il consent à une hausse des tarifs, elle est toujours partielle et accordée longtemps après. De ce fait, les compagnies doivent s?endetter davantage et la hausse tant attendue n?a pas l?efficacité voulue. Il conclut ainsi cette histoire : ?La récente grève nous permet d?en finir une fois pour toutes avec une situation devenue progressivement intenable.? Et qu?on ne vienne surtout pas contester le droit de la VTC de s?approvisionner de préférence à la Beechand Co. Ltd.

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