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Julien Green ou le souffle de la chair à l’esprit

5 septembre 2004, 20:00

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“Tout dire sur soi-même. ” Mais a-t-on jamais finit de se connaître soi-même ? Vaste besogne qui pourrait résumer l’œuvre de Julien Green. Sa plume féconde, “ à la fois romanesque et autobiographique ”, son esprit alerte ont réuni une diversité de traits. Exigence littéraire, classicisme, surnaturel et quête de sens. Définition à tiroirs pour cet auteur qui s’est évertué à fouiller les profondeurs de son nombril.

Il est né le 6 septembre 1900, de parents américains établis en France depuis 1893. Transvasement des origines qui a poussé l’auteur reconnu pour le Léviathan, en passant par son fameux Journal en 17 volumes, à fuir les honneurs. Il s’en est jamais caché : les conventions l’ennuyaient. Elles rognaient les ailes de sa sensibilité paradoxalement individualiste et universelle.

Dans ses fictions, comme dans sa vie – marquée par la solitude et l’ennui -s’affrontent Dieu et le démon, l’esprit et la chair. Ses personnages constituent une édifiante galerie de portraits d’êtres déchirés que le destin conduit soit à la folie, soit au suicide. Solitaire dans l’âme, l’itinéraire de Julien Green a cependant été encensé à la fois par ses pairs et un public fidèle. Avec un style à la fois pur et complexe, il est considéré à juste titre comme un des plus grands écrivains du siècle dernier. Marqué par le catholicisme -il se convertit d’ailleurs à 16 ans alors qu’il était protestant-, l’ensemble de son oeuvre s’imprègne de mysticisme et d’angoisses existentielles.

Les lecteurs sont intrigués, choqués, puis tolèrent les penchants homosexuels qui émaillent l’œuvre de Green. C’est d’ailleurs à travers ses écrits que l’auteur va à la découverte de lui-même. Le raisonnement syntaxique devient catalyseur de vérité identitaire. Julien Green se dévoile surtout en 1960 dans son roman Chaque homme dans sa nuit et dans son autobiographie. Celle-ci en quatre volumes (Partir avant le jour, Mille chemins ouverts, Terre lointaine, Jeunesse), a été reprise dans la Pléiade (Œuvres complètes, V, 1977) et dans la collection Points au Seuil (Autobiographie de jeunesse).

L’auteur obtient de nombreuses distinctions littéraires et est élu à l’Académie française. On lui doit aussi, en plus de ses nombreux romans, quelques essais et pièces de théâtre.

0 Julien Green se rend pour la première fois en Amérique en septembre 1919 et achève ses études universitaires à l’Université de Virginie, où il écrit son premier livre en anglais. De retour à Paris en 1922, le jeune homme commence à écrire en français et publie son premier ouvrage en 1924. Il s’agit de Pamphlet contre les catholiques de France, ouvrage qui sortira sous le pseudonyme Théophile Delaporte.

Julien Green réside à Baltimore et à New York en 1940. Il sera mobilisé en 1942. Les canons font saigner sa plume. C’est ainsi qu’il obtient le Prix Harper pour Memories of happy days en 1942. Trois ans après, l’auteur revient à Paris. En 1950, Julien Green cumule les sièges. Il est tour à tour élu à l’Académie de Bavière, puis à celles de Mayence, de Mannheim et à l’Académie royale de Belgique. L’année suivante, il obtient le prix littéraire Prince Pierre de Monaco pour l’ensemble de son œuvre.

En 1966, la longue liste de distinctions s’enrichit du Grand prix national des Lettres. En 1970, c’est au tour du grand prix de Littérature de l’Académie française de tomber dans son escarcelle. Julien Green sera élu à l’Académie des États-Unis en 1972.

Un an auparavant, l’auteur est élu à l’Académie française. Une auréole qui se pose sur sa tête le 3 juin 1971. Il accède au fauteuil de François Mauriac. Il se déclare démissionnaire en 1996, mais son fauteuil ne sera remplacé qu’après son décès, le 13 août 1998.

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