Publicité
Au rythme de l’innocence avec la chorale Mary Ward
Par
Partager cet article
Au rythme de l’innocence avec la chorale Mary Ward
Au premier rang, un peu raides dans leur uniforme à carreaux, les “petites” de Form I chantent. Tout à l’heure, si naturelles dans l’amphithéâtre du collège de Lorette de Curepipe, elles n’ont pu s’empêcher de prendre la pose dès qu’elles nous ont aperçues. De vrais petits personnages. C’est à qui ouvre la bouche en gardant une main levée. D’autres, l’air inspiré, regardent un point fixe perché au-dessus de la tête d’Armand Landinaff, l’infatigable maître à chanter de la chorale.
“Nous présenterons un répertoire qui pourrait paraître choquant pour les amateurs de chorale.” Le mot est lâché, le professeur de musique est moins tendu. Laisser libre cours à ses goûts musicaux. Mélanger allègrement les genres, les langues, les époques pour concocter deux concerts identiques placés sous le titre Rhythm. Deux rendez-vous, les 10 et 11 septembre au théâtre de Port-Louis.
Trois, quatre. La répétition repart de plus belle. Les voix fluettes et adolescentes se posent sur la bande son, élaborée pour l’occasion. “Il a fallu ajuster les arrangements pour convenir à la vingtaine d’élèves qui seront sur scène.” Retrouvant ses gestes de guitariste pour diriger la chorale, Armand Landinaff opine du chef, compte sans cesse les temps. Encore une fois, notre regard est aimanté vers la première rangée. Timidement, elles tapent du pied. Vient le moment d’agrémenter les evergreen d’une chorégraphie de leur cru. Mains levées, coudes à angle droit, les “petites” de devant sont visiblement crispées. Derrière elles, le deuxième rang bouge un peu plus, mais leur sens de la mesure n’égale pas celui de la troisième rangée de collégiennes.
“Trop vite, trop vite, c’est deux secondes plus loin. Ne criez pas, allez. Réveille-toi un peu.” Aidé du métronome qu’il a dans la tête, Armand Landinaff cherche depuis dix ans à donner une dimension nouvelle au chant chorale classique. Pour les deux concerts du théâtre de Port Louis, il a fait appel à Thierry Gango au clavier, Stéphane Gébert à la batterie. “Nous n’avons pas les moyens de nous payer un orchestre.”
Le playback soutiendra les concerts d’une heure et trente minutes, avec entracte, articulés sur le modèle des “chorales américaines qui gesticulent beaucoup.” Après 18 mois sans faire de représentation, la chorale Mary Ward a donné un coup de neuf à son répertoire. Le public pourra reprendre en chœur Ami oh, Mamzel l’amour, Chiwawa, Now I can dance et Un autre horizon, Sorry seems to be the hardest word entre autres.
Ceux qui s’attendent à retrouver des rangées de jeunes filles engoncées dans leur indémodable costume bleu et blanc, seront déçus. Relookées dans des caftans, des ensembles seyants, la chorale Mary Ward entend renouveler son genre de divertissement.
Publicité
Publicité
Les plus récents