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Eckankar présente depuis 14 ans
L’une des dix victimes retrouvées au domicile des Mawooa à St.-Paul vendredi, Rajesh Dhayam, a fait partie d’Eckankar de 1990 à 1996. C’est ce qu’a affirmé à l’express hier, Jean Maunick, âgé de 72 ans et fondateur de cette secte à Maurice.
Créée en 1990, la secte compte aujourd’hui une quarantaine de membres mauriciens. Jean Maunick a décidé de fonder une branche d’Eckankar à la suite d’un voyage en Australie. “J’ai découvert l’existence de cette organisation à travers des livres traitant de la question et j’ai réalisé qu’Eckankar correspondait à mes idéaux”, explique t-il. Il serait celui qui a “porté l’enseignement d’Eckankar à Maurice” .
Il ajoute que Rajesh Dhayam a été l’un des premiers adeptes d’Eckankar. Ce dernier était connu comme membre actif qui participait à l’organisation des rassemblements d’adeptes. Cet Administrative Assistant du Mahatma Gandhi Institute (MGI) aurait, en 1996, prétexté des problèmes personnels pour prendre un peu de recul. Depuis, explique Jean Maunick, il n’aurait plus donné signe de vie.
Le fondateur d’Eckankar affirme ne rien savoir des médaillons portant le sigle EK, découverts sur les cadavres de Rajesh Dhayam et de Crithika Mawooa. “Je ne savais pas que Rajesh était en possession d’un médaillon”, déclare t-il en montrant sa chevalière, portant également le sigle EK. Cela pourrait s’expliquer, selon lui, par le fait que l’ancien Administrative Assistant aurait voulu reprendre Eckankar à son compte et se prendre pour un “gourou”. “ Les rassemblements de la secte étant accessibles au public, Rajesh et Crithika auraient pu y assister à plusieurs reprises sans se faire remarquer.”
Le suicide, explique Jean Maunick, va à l’encontre même de la “loi spirituelle” d’Eckankar. “La philosophie d’Eckankar est : aimer et servir la vie. Nous chérissons la vie et non sa destruction.”
La secte a récemment fait l’acquisition d’une ancienne boutique, située à la rue Monneron, à Beau-Bassin. Elle a été convertie en centre de rassemblement pour les adeptes et inaugurée dimanche dernier.
Inquiétude des dirigeants étrangers
Ces rassemblements hebdomadaires débutent inlassablement par la lecture d’un passage provenant de livres écrits par les nombreux dirigeants d’Eckankar à l’étranger. Il s’agit principalement de textes traitant de l’importance des rêves, des vies antérieures ou encore du voyage de l’âme. Vient ensuite le “Hu ”, un chant spirituel, qui dure une vingtaine de minutes, dédié à l’amour que portent les adeptes de cette secte à Dieu. “Nous mettons, lors de nos rassemblements, l’accent sur le troisième œil et nous nous emplissons d’amour”, explique Jean Maunick. Des intervenants étrangers, venus d’Afrique du Sud et d’Australie ont, en plusieurs occasions, animé des séminaires à Maurice.
Eckankar, estime son fondateur mauricien, est une “religion à part entière”, dont l’objectif est de promouvoir “ l’harmonie de la famille”. Les rêves, qui sont inclus dans les rites d’initiation des nouveaux membres, sont considérés comme faisant partie intégrante de la spiritualité de l’organisation. Plusieurs livres traitant du sujet ont été écrits par des adeptes.
Côté financement, les adeptes d’Eckankar doivent s’acquitter d’une contribution annuelle de Rs 1 500. La secte compte également sur leur “générosité” pour alimenter la caisse. “Contrairement à ce que croient les gens, nous ne recevons aucune aide financière de la maison mère basée au Minnesota”, soutient Jean Maunick.
Certains dirigeants d’Eckankar à l’étranger auraient fait part hier de leurs inquiétudes à Jean Maunick par rapport à cette affaire.
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