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Talat Aziz exceptionnel et inoubliable
La soirée avait pourtant mal commencé et laissait présager le pire quant à la sonorisation du concert. Comme promis, Talat Aziz a emmené avec lui un DVD de trois-quarts d?heure, retraçant ses 25 années de carrière. L?idée est excellente, mais ce qui devait être une belle surprise a plutôt fait peur.
Les organisateurs n?ont pas eu le temps de préparer le matériel pour le DVD. Résultat: une diffusion difficilement audible et floue. Un grésillement sortait des enceintes et nombreux se demandaient si ce problème se reproduirait une fois leur chanteur venu.
Heureusement non. Car si de petits problèmes de sons ont parsemé le concert, chacun d?eux fut vite oublié tant le spectacle laissait le public bouche bée.
De plus, dès son arrivée sur scène, Talat Aziz s?est immédiatement excusé pour la mauvaise qualité du DVD et s?est dépêché de s?installer avec ses musiciens. Pendant qu?ils réglaient leurs instruments, le chanteur déclara d?un ton rieur :«On va commencer, je pense que vous avez assez souffert.» Cette toute petite phrase aura suffi pour que le public efface de sa mémoire ce DVD.
Le concert commence alors pour deux heures trente du mariage de la poésie et du rythme indien. Talat Aziz, en parfait chef d?orchestre, organise son spectacle avec minutie et attention.
De temps en temps, Talat Aziz parle, traduit ses textes, rend hommage à ses maîtres. Le chanteur est très proche de son public, qui l?en admire davantage.
Peu importe son génie musical et sa parfaite maîtrise du ghazal, il reste un artiste d?une grande humilité, d?une grande simplicité qui chante tout simplement et qui témoigne sa gratitude envers ce public, d?ici ou d?ailleurs, qui lui permet de chanter depuis 25 ans.
Comme un ami, il raconte de petites anecdotes. Ceux présents n?oublieront jamais celle de son concert improvisé à un cocktail à l?Hôtel du Gouvernement, lors de son dernier passage à Maurice en 1991.
«Le Premier ministre d?alors, Sir Anerood Jugnauth, m?a demandé si je voulais bien lui faire le plaisir de chanter. Malheureusement, j?ai dû lui expliquer que je ne pouvais pas car tous mes musiciens étaient restés à l?hôtel. Que me répond-t-il ? «No problem, the Police Band is here.»
Hilarité générale, sûrement portée par le rire de l?intéressé aujourd?hui Président de la République, qui assistait au concert. Dans la bonne humeur, la musique reprenait de plus belle. Talat Aziz nous fait faire un voyage dans le temps.
Il commence et conclut le spectacle par l?une de ses premières chansons éditées. Au milieu, le parcours du jeune talent, la reconnaissance rapide du public et de ses pairs, ses tournées à travers le monde, la fusion de différents styles musicaux, les maîtres qui l?inspirent depuis toujours.
La musique qui accompagnait ce voyage était formidable. Tantôt lente et poétique, tantôt endiablée. En parfait chef d?orchestre, Talat Aziz dirigeait ses musiciens.
Un poing dressé et un mouvement de coude et l?énergique joueur de tabla paraît dans un solo des plus exaltants, entraînant le public à battre la mesure. Une main qui se referme lentement et le discret et retenu joueur de flûte calme la musique pour laisser place à la voix du maestro.
Un concert inoubliable que n?ont pas manqué d?applaudir, debout, les plus de 800 personnes présentes.
Un retour en décembre
Les bonnes choses ont une fin. Pas cette fois-ci. Après le sublime concert de Talat Aziz de dimanche dernier, l?on apprend que ce dernier reviendra à Maurice et dans l?océan Indien, en décembre avec son groupe Dynamic Fusion. Leur musique est un mélange de rap, de blues, de jazz et de ghazal. Sur scène il sera accompagné par Sonia Sehgal, Louis Banks et Rashid Khan.
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