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Seewoosagur Ramgoolam honore le Pr A. de Smith
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Seewoosagur Ramgoolam honore le Pr A. de Smith
On ne peut imaginer contraste plus grand. A la place du Quai, un Paul Bérenger, plus virulent que jamais, excite la foule des travailleurs représentatifs des principaux secteurs professionnels. Il les excite contre le gouvernement travailliste, contre le patronat, contre les réactionnaires, contre l?express et Le Cernéen qu?il accuse d?être fascistes, d?être pro-patronat et anti-travailleurs. A quelques kilomètres de là, le Premier ministre, Seewoosagur Ramgoolam, honore la mémoire du Pr Alexander de Smith qu?il qualifie en la circonstance de père de la Constitution de Maurice.
Retour, place du Quai. L?issue du meeting ne fait de doute pour personne. Une grève générale et illimitée affectera, à partir du 13 août 1979, les secteurs vitaux de l?économie (port, transport, sucre, services publics, corps para-étatiques). Elle pourrait affecter directement 75 000 travailleurs et indirectement le reste de l?île. Elle est organisée par la GWF avec l?aide de l?OUA d?Auguste Follet et de la FTU.
Paul Bérenger et Ram Seegobin vilipendent l?express et Le Cernéen, deux journaux accusés d?être pro-patronat. Les orateurs réclament la participation du MMM à deux comités parlementaires restreints sur la question des 40 heures dans le sucre et de l?organisation d?un référendum pour déterminer la représentativité de la SILU et de l?UASI.
Bérenger rappelle qu?Anquetil et Rozemont ont aussi été traités de ?foutères désordre?. Il connaît le prix des répercussions d?une grève d?une telle ampleur. Mais les travailleurs ne doivent pas payer seuls les pots cassés. Les syndicalistes proposent des solutions civilisées. Que See- woosagur Ramgoolam les accepte et la grève sera révoquée sur le champ. Une majorité de 37 députés acceptent le principe de la reprise immédiate des travaux parlementaires.
Lutchmeeparsad Ramsahok, président de la GWF, dénonce les arguments éculés du patronat (le pays connaît des difficultés économiques et ne peut offrir une meilleure rémunération aux travailleurs). Cela n?empêche pas patrons et ministres de rouler dans de belles limousines. Ramsahok déplore que, depuis son retour de Lusaka, Seewoosagur Ramgoolam n?a pas eu le temps de recevoir les porte-parole de la classe laborieuse.
Kader Bhayat s?en prend au ministre du Travail, Yousouf Mohamed, qui déclare a priori illégales toutes les grèves, sauf celles ayant la bénédiction du pouvoir travailliste. Il rappelle la grève dans le port en mars 1979. Le plan machiavélique du gouvernement et du patronat était alors de licencier brutalement la main-d??uvre portuaire pour la remplacer par une main-d??uvre sucrière. L?unité et la solidarité de la classe ouvrière ont bloqué un plan aussi diabolique. Au tour du sucre de faire appel à la solidarité des travailleurs des autres secteurs.
Jimmy Gobin de l?UBIW rappelle le précédent de 1971. Il révèle que les 350 employés de la compagnie d?autobus Flacq Long Mountain Bus Service attendent toujours leurs salaires de juillet 1979.
Et pendant ce temps, dans la fraîcheur verdoyante du Jardin botanique de Pamplemousses, Seewoosagur Ramgoolam se promène, en compagnie de plusieurs centaines d?invités, dont l?épouse du Pr Alexander de Smith et le président du Nord, M. Armoogum Pursuramen, le gouverneur, Sir Dayendranath Burrenchobay, le juge Cassam Moollan, le ministre Veerasamy Ringadoo, le maire de Curepipe, Gaëtan Duval. Barbara de Smith répand les cendres de son défunt mari sur une pièce d?eau, entourant un monument nouvellement érigé en ce lieu, dédié à son défunt mari et que le Premier ministre dévoile. ?Mon mari a tant aimé l?île Maurice?, explique-t-elle. ?Il a toujours professé que l?île Maurice est un exemple de co-existence pacifique pour le reste du monde.?
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