Publicité
Zizou fait pleurer la France
La page la plus glorieuse et la plus fabuleuse de la grande histoire du football tricolore est tournée. Huit ans après son premier match en Bleu et son doublé contre la République tchèque, en match amical (2-2), Zinedine Zidane tire sa révérence en équipe de France.
“Je pense qu’à un moment donné il faut savoir dire stop”, déclare “Zizou”. C’est difficile de se dire qu’on arrête tout cela. Mais à un moment donné il faut savoir le faire. C’était l’heure, c’est mon heure à moi.”
Sans lui, c’est certain, la sélection au fameux maillot frappé du coq ne sera plus jamais la même. C’est comme si la magie s’était soudainement rompue après avoir tenu des millions d’amateurs du ballon rond du monde entier en haleine des années durant.
Inimitable, inégalable, virtuose et esthète du ballon rond, ZZ a taillé sa réputation à la pointe de son épée et restera comme un authentique artiste, au sens propre comme au figuré. Capable de redonner vie à une action tronquée, de transformer le vilain en beau, Zidane peut même mettre en valeur des canassons (et les exemples sont nombreux chez les Bleus…) par la grâce de ses pieds.
Mais comme toutes les belles choses ont une fin, le magicien s’en est allé un beau jour. Le rêve est fini, les Français le savent mieux que quiconque. Si Platini était un leader naturel et un génie du jeu, Zizou représente plus que cela encore aux yeux des jeunes…
Certes, il ne possédait pas le même charisme, le même leadership que Michel Platini en équipe de France, mais l’aura de la star du Real Madrid semble bien supérieure, même si l’on entre dans des considérations subjectives…
Bien aidé par l’omniprésence des médias et la surmédiatisation dont font l’objet les sportifs, Yazid Zinedine Zidane est devenu le modèle et l’idole des jeunes, par sa gentillesse, sa disponibilité, sa classe.
Déclenchant un vaste phénomène d’identification en France parce qu’il est fils d’immigrés algériens, issu des quartiers difficiles de Marseille, et parce qu’il a réussi son intégration au-delà de toutes les espérances, Zizou a marqué sa génération et même plus.
Car ne marque pas deux buts en finale de la Coupe du monde contre le Brésil qui veut, avec un 3-0 pour la France qui fera date dans l’histoire du sport français, depuis un certain soir de 12 juillet 1998.
Un Ballon d’Or, une victoire à l’Euro 2000 qui porte sa griffe, une reprise de volée en finale de la Ligue des champions avec le Real Madrid et quelques arabesques envoûtantes plus tard à Bordeaux, à la Juve et au Real plus tard, Zidane a décidé qu’il était temps de dire adieu aux Bleus.
Le fiasco à la Coupe du monde 2002 et à l’Euro 2004 n’ont pas assuré à ce grand champion la sortie qu’il méritait. Mais il semble qu’il ait pris sa décision bien avant le Championnat d’Europe des Nations de cet été au Portugal.
Hier soir, sur Canal +, un numéro 10 de légende a officiellement quitté le peloton français. Quand on sait le temps qu’il a fallu pour reconstruire les Bleus après la fin de la génération Platini, Giresse, Tigana, Trésor, le nouveau sélectionneur Raymond Domenech peut se faire du souci…
Publicité
Publicité
Les plus récents