Publicité
PTr : la MRA ?agresse? les fonctionnaires
Par
Partager cet article
PTr : la MRA ?agresse? les fonctionnaires
La mobilisation syndicale contre la création de la Mauritius Revenue Authority (MRA) s?intensifie. Les syndicats essayent maintenant d?obtenir le soutien des politiques, du moins celui de l?opposition. Le porte-parole du Parti travailliste (PTr), du PMXD (Xavier Duval) et de Lalit (Ram Seegobin) ont participé hier à un forum-débat organisé par la Fédération des syndicats du service civil (FSSC). Des représentants des partis au pouvoir ont été invités mais ils n?étaient pas présents à cette rencontre qui s?est déroulée au Sunnee Surtee Hall à Port-Louis.
Les trois partis de l?opposition ont promis leur soutien aux employés concernés par la mise sur pied de la MRA, ainsi qu?à leur syndicat. La menace sur l?emploi du personnel affecté aux différents départements de revenus du gouvernement a été le principal thème abordé. Le porte-parole du PTr estime que la nouvelle loi est une ?agression? des fonctionnaires.
Le gouvernement a décidé de regrouper les différentes agences qui collectent les revenus de l?Etat (douanes, Income Tax, VAT, Large Tax Payers?) sous un même toit. Le projet de loi sur la MRA a été introduit au Parlement mais il n?a pas encore été adopté. Le gouvernement veut accorder plus de temps au dialogue avant d?aller de l?avant.
Les syndicats dénoncent le fait que les employés des agences appelées à disparaître ne seront pas automatiquement recrutés dans la nouvelle structure. Les intervenants au forum d?hier ont été particulièrement sévères à l?égard du contrôleur des douanes, Bert Cunningham. Ils le tiennent pour responsable des problèmes du moment.
Xavier Duval trouve dangereux la décision de centraliser les départements de revenus. La MRA deviendra un géant avec sous sa seule responsabilité des recettes de quelque Rs 30 milliards. ?Je suis contre le fait qu?une seule institution ait autant de pouvoir. Il y a, de plus, des possibilités d?ingérence politique avec la loi dans sa forme actuelle?, fait remarquer le dirigeant politique. Il a fustigé le gouvernement et le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, pour ?sa mauvaise gestion de la transition et son manque de dialogue? sur ce dossier.
Le leader du PMXD a axé une bonne partie de son intervention sur la sécurité d?emploi dans le service public. La méthode de la MRA remettrait en question la sécurité d?emploi des fonctionnaires car cela les rendra vulnérables à des pressions politiques. Il trouve regrettable que des employés du service civil perdent leur sécurité d?emploi après avoir travaillé pendant de longues années pour des salaires relativement bas.
Le PTr exprime sa sympathie envers ceux qui sont dans l?angoisse de perdre leur emploi mais se défend de vouloir se ranger dans le camp des employés corrompus. Il tient le contrôleur des douanes pour responsable du climat d?inquiétude qui prévaut au sein des différents départements de collecte de revenus.
?Nous (l?alliance PTr-PMXD) prenons l?engagement de ne nommer aucun étranger à la tête des institutions une fois au pouvoir ?, affirme-t-il solennellement sous un tonnerre d?applaudissements. Sous un tel gouvernement, des cadres étrangers seront recrutés uniquement comme personnel de soutien et d?encadrement dans les agences de l?Etat.
Ram Seegobin, leader de Lalit, a axé son discours sur un plan surtout idéologique. Il accuse le gouvernement de vouloir privatiser la collecte des recettes fiscales. ?La MRA agira en tant qu?agent collecteur de l?Etat et elle ne fera pas partie du gouvernement.? Il évoque les pressions que subirait le gouvernement des institutions financières internationales et du patronat local pour dégraisser la fonction publique.
Les recettes douanières, ajoute-t-il, sont sous l?influence de l?Organisation mondiale du commerce, d?où la tentative du gouvernement de réajuster ses finances à travers la TVA. Ce souci aurait donc largement motivé la mise sur pied d?une agence unique de revenus. Il lance un appel aux employés concernés à maintenir leur combat. ?Si vous cédez, c?est tout le service civil qui sera menacé ?, a-t-il mis en garde.
Publicité
Publicité
Les plus récents