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Grand-Baie : l?Etat sollicite l?avis des experts sud-africains

10 août 2004, 20:00

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Le rapport préliminaire du Federal Bureau of Investigation (FBI) et celui du Forensic Science Laboratory (FSL) sur l?explosion du complexe Grand-Bay Store divergent. Et pour y voir plus clair, le pays a recherché l?aide sud-africaine, a déclaré hier le Premier ministre. Il s?agit de déterminer si l?explosion est intentionnelle ou accidentelle.

Depuis quelques jours, les autorités envisageaient cette possibilité puisque le FBI penche pour la thèse du gaz alors que le FSL estime avoir trouvé des traces de nitroglycérine dans les débris.

Déjà, dans la matinée, durant la Private Notice Question (PNQ), Paul Bérenger avait affirmé que si le FBI et le FSL maintiennent leurs avis contradictoires, des experts sud-africains trancheront pour essayer d?établir les faits sur l?origine de la déflagration. Les prélèvements effectués par le FSL seront ainsi envoyés en Afrique du Sud pour contre-expertise.

?Produit hautement explosif?

?Les résultats préliminaires de l?enquête indiquent qu?aucun high explosive damage n?a été observé sur la structure ou son contenu dans l?enceinte du bâtiment?, ont écrit Rex Stockham, Supervisory Special Agent et Ronald Kelly, chimiste médico-légal dans leur rapport préliminaire. Ils ajoutent qu??aucun dégât secondaire n?a été observé dans les structures proches qui pourraient indiquer le high explosive detonation?. Des extraits lus par le Premier ministre, Paul Bérenger.

Ce dernier indique toutefois qu?il ne sait pas si les officiers du FBI ont effectué des prélèvements sur le site pour les besoins d?analyses. ?Le rapport préliminaire ne fait pas état de cela.? S?il confirme qu?aucun cylindre ou bonbonne à gaz n?a explosé, le Premier ministre ajoute que ?du gaz peut exploser sans que le cylindre n?explose?.

Le discours est tout autre du côté du FSL. Dans son rapport préliminaire, datant du 28 juillet dernier, le directeur et chimiste médico-légal en chef informe le Premier ministre que ?l?analyse chimique des échantillons prélevés sur des débris provenant du site ont révélé la présence de résidus d?explosifs, en l?occurrence de la nitroglycérine (dynamite)?.

Ils concluent ainsi que ?l?explosion était causée par une détonation de haute densité impliquant l?utilisation d?un produit hautement explosif?.

Un autre volet de la PNQ était consacré au transfert de Vidhu Madhub-Dassyne de la direction du Scene Of Crime Office (Soco), où elle assurait la suppléance au poste de directrice depuis le 29 août 2002. Elle a ainsi rejoint, en début de semaine, le FSL où elle a travaillé pendant 20 ans.

?N?êtes-vous pas en train d?envoyer un mauvais signal en la transférant alors qu?une enquête aussi importante n?est pas encore terminée?, demande Navin Ramgoolam. Il ne s?agit pas de cela, a soutenu le Premier ministre. ?Le mauvais signal était qu?une personne postée au Soco fasse des déclarations dans la presse au nom du FSL alors qu?elle était affectée au Soco?, répond le chef du gouvernement. Ce dernier a ainsi expliqué que, pour ces raisons, il n?a pas objecté au transfert décidé conjointement par le commissaire de police et le secrétaire aux affaires intérieures. L?opposition interprète pour sa part ce geste comme étant une ?mesure punitive?.

Néanmoins, Paul Bérenger et Navin Ramgoolam s?accordent sur au moins un point : l?enquête doit se dérouler dans une parfaite transparence. C?est d?ailleurs au nom de cette transparence que le leader travailliste demande que ?les rapports soient rendus publics ou du moins une copie remise au leader de l?opposition?. Et le Premier ministre d?insister : ?Nous ferons plus que cela ? accident ou crime : nous voulons tous connaître la vérité.?

Il semblerait ainsi que, comme la semaine dernière, l?exercice de la PNQ s?est déroulé dans une atmosphère relativement calme, la gravité du sujet n?ayant pas incité les parlementaires à s?adonner aux provocations habituelles?

INJONCTION

La cour interdit la destruction du Grand-Bay Store

Ce qui reste du Grand-Bay Store ne sera pas détruit tant que l?expert en explosifs engagé par ?La Langouste Grisée? n?aura pas livré ses conclusions. Le juge Keshoe Parsad Matadeen a ainsi donné gain de cause à Benoît Giblot-Ducray, propriétaire du restaurant, hier. L?expert sud africain, Jopie Van Staden, arrive pour sa part au pays demain.

Benoît Giblot-Ducray estime qu?il est important pour lui de démontrer que l?explosion n?a pas eu lieu dans son restaurant. Il faudrait ainsi que l?expert qu?il a engagé puisse visiter le site et tirer les conclusions qui s?imposent. Pour cela, il faudrait que le Grand-Bay Store ne soit pas détruit.

Le propriétaire du restaurant, ?La Langouste Grisée? dit détenir des informations, confirmées par l?édition de ?l?express? d?hier matin à l?effet que le Grand-Bay Store allait être démoli. Il est d?avis qu?une semaine de plus ne va pas faire de différence et demande donc que la démolition du bâtiment soit temporairement gelée. Le temps pour son expert d?examiner les lieux. ?Les conclusions de ce dernier pourront aussi aider l?enquête de la police?, soutient Benoît Giblot-Ducray, qui se propose de soumettre le rapport à la police.

Ayant entendu l?injonction de Benoît Giblot-Ducray, rédigée par l?avoué Robin Mardemootoo, le juge Keshoe Parsad Matadeen a agréé la requête et une notice a été servie au commissaire de police. Ceux qui objectent à la demande du propriétaire devront expliquer leurs raisons devant le juge Matadeen aujourd?hui.

Entre-temps, Benoît Giblot-Ducray affirme, lui, que de toutes les rumeurs entendues, les articles de presse publiés, les théories avancées et les déclarations faites, il semblerait que seules deux thèses ont été retenues : la bombe et la fuite de gaz. Certains pensent que l?explosion aurait eu lieu dans le restaurant.

Mais le propriétaire du bâtiment estime qu?après avoir entendu ses employés et après certains renseignements obtenus, la thèse de la fuite de gaz ou encore celle d?une bombe peut également être remise en question. Cela, à cause de la présence d?un large trou dans le sol du restaurant qui indiquerait que l?explosion proviendrait en dessous du restaurant. Et le propriétaire compte sur son expert pour y voir plus clair.

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