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Priscilla Chery-Lebon Entraîneur de la sélection de la CJSOI “Nous ne pouvons avoir de regrets”

9 août 2004, 20:00

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<B> Cinq d’or, sept d’argent et deux de bronze. La récolte des médailles répond-elle à vos attentes ?</B>

– Entièrement. La stratégie que Marie Michèle (NdlR: St Louis-Durhône) et moi-même avions établie était de prendre trois médailles d’or, samedi et trois autres lors de la deuxième journée. La première journée a été à la hauteur de nos espérances mais nos plans pour dimanche ont été boulversés par la défaite de Pascal l’Éveillé à 25 secondes de la fin du combat des +81 kg.

<B>Donc, vous pensez que nous n’aurions pas pu faire mieux…</B>

– Il aurait pu y avoir des surprises. Pascaline Moothoo en -44 kg en était une. Elle a fait mieux que ce qu’on attendait d’elle. Elle était agressive et très bonne en attaque. Elle a également fait du bon travail au sol. Ces efforts lui ont valu une médaille d’or. Néanmoins, nous devons être réalistes. Notre capacité était de cinq à six médailles, pas plus. On savait d’avance qu’obtenir la médaille d’or en -52 kg et -57 kg (filles) était impossible. En -60 kg, le Réunionnais Anderson Baleya était très fort. Nous ne pouvons avoir de regrets.

<B> Qu’est-ce qui a manqué à notre sélection cadette pour réaliser de meilleurs résultats ?</B>

– Les partenaires d’entraînement. A la Réunion, le pôle espoir qui est l’équivalent de notre centre de formation compte cinq ou six judokas dans chaque catégorie. Nous n’avons que deux judokas par catégorie. À l’avenir, nous inviterons les judokas des autres clubs à venir au centre de formation qui sera, désormais, à Beau-Bassin, chaque mercredi, pour combler cette lacune.

<B>Les quatorze Réunionnais sont tous allés en finale et ont remporté dix médailles d’or. Cette domination est-elle alarmante ?</B>

– Ce n’est pas alarmant mais il faut qu’on remédie à cette situation immédiatement afin que la relève soit prête pour les prochaines échéances comme les Jeux des îles de 2007. Comme je l’ai dit plus tôt, la meilleure stratégie serait de regrouper le maximum d’enfants au centre de formation afin d’avoir plusieurs judokas dans les mêmes catégories. Il y aurait plus de challenge et cela relèverait le niveau dans cette catégorie d’âge.

<B>Si Madagascar avait été présent, pensez-vous que les données auraient changé ?</B>

– Ce serait fort possible mais rien n’est certain. Dans une compétition, tout peut arriver. En tout cas, avec Madagascar, le niveau de la compétition aurait été relevé surtout en féminin. Il y aurait eu un meilleur partage des médailles.

<B> La non-sélection d’Alvin Mothai en -50 kg avait provoqué des remous. Après la défaite du sélectionné Nicolas Lionnet en finale, croyez-vous avoir commis une erreur ?</B>

– Pas du tout. La sélection a été faite selon la méritocratie. C’était Nicolas Lionnet le plus performant dans cette catégorie, il n’y a rien à redire. Il s’est battu et a gagné trois combats. Son premier succès a été de baisser son poids à temps. Le second a été de se maintenir en sélection envers et contre tous et, le troisième, c’est d’avoir donné le meilleur de lui-même lors de la compétition. Ce garçon a su justifier sa place en sélection.

<B> La semaine dernière, pendant que vous suiviez un stage d’entraîneur à la Réunion, la Fédération de judo avait envisagé d’organiser un nouveau combat de sélection pour départager Nicolas Lionnet et Alvin Mothaï. Que pensez-vous de cette initiative ?</B>

– Je voudrais remercier Marie-Michèle St-Louis qui a géré à la perfection la pression pendant mon absence. Quant à cette initiative, elle était injuste. Heureusement, cette démarche n’a pu aboutir. La fédération a prétendu que la sélection contenait des manquements qu’ils attribuent à mon inexpérience. Si je manque tellement d’expérience, pourquoi m’avaient-ils nommée entraîneur national en novembre dernier ? Pourquoi avaient-ils sollicité mon aide pour la préparation du Brevet d’État de cadres sportifs spécifique et surtout pourquoi me confient-ils le centre national de formation depuis 96 ?

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