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Grand-Baie au rythme de l?Afrique australe

9 août 2004, 20:00

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Poignées de mains et grands sourires dans un air de fraternité. L?atmosphère était détendue au Centre de conférences de Grand-Baie hier après-midi. La grande semaine de la Southern African Development Community (SADC) a débuté, sans grands cérémonial, par la réunion des hauts fonctionnaires.

?Je ne m?attends pas à des controverses ou des problèmes majeurs?, souligne Vijay Makhan, secrétaire aux Affaires étrangères. Il préside le Standing Committee of Senior Officials de la SADC qui siégera jusqu?à mercredi.

La SADC réunit 13 pays : Afrique du Sud, Angola, Botswana, République Démo-cratique du Congo, Lesotho, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.

Hier, les officiels ont passé en revue le budget de fonctionnement de l?organisation. Chaque pays cotise une certaine somme mais certains sont en retard sur leurs paiements. A la sortie des réunions, il se murmurait que les contributions dues à la SADC tourneraient autour de Rs 210 millions. Les Seychelles, par exemple, auront à effacer une ardoise de Rs 60 millions, s?ils veulent réintégrer la SADC. Ils ont quitté ce bloc en juillet dernier. ?Les autres commencent déjà à payer leurs dettes? assure un délégué mauricien.

Thèmes chauds à l?agenda

Autre sujet d?étude hier après-midi, le protocole commercial de la SADC qui est arrivé à mi-terme. L?objectif est de créer un Free Trade Area d?ici 2008, quand 85 % des échanges commerciaux seront à zéro tarif. A ce jour, 11 pays implémentent le protocole commercial. L?Angola vient de s?y joindre.

Les délégués ont également travaillé sur un rapprochement entre le New Economic Partnership for African Development (Nepad) et le plan stratégique de la SADC. Le Nepad est un programme conçu pour s?occuper des défis du continent africain tels que l?accroissement de la pauvreté, le sous-développement et la marginalisation, dans le but de permettre une renaissance du continent.

L?ambiance fraternelle restera au Centre de conférences de Grand-Baie mais les sourires risquent de disparaître en cours de semaine. Jeudi, les hauts fonctionnaires laisseront la place aux ministres qui auront de quoi s?occuper. Tout en préparant l?agenda du sommet par rapport aux préoccupations économiques et politiques de la région, ils auront à se pencher sur la demande d?adhésion de Madagascar et du Rwanda. La réunion des ministres durera jusqu?à dimanche quand arriveront les Mbeki, Mugabe et autres chefs d?Etat.

L?ambiance risque d?être toute autre à la même heure la semaine prochaine. Le sommet de la SADC battra alors son plein. Tous les chefs d?Etat ou de gouvernement des pays membres ont confirmé leur participation, à l?exception de Joseph Kabila, président de la République Démocratique du Congo (RDC).

Plusieurs thèmes chauds seront à l?agenda, dont notamment les principes et directives pour la tenue d?élections démocratiques dans les pays membres. Un premier jet rédigé à la fin de juillet sera peaufiné avant d?être présenté aux chefs d?Etat. L?objectif est de s?assurer que les élections tenues dans la région sont libres et justes tout en évitant les controverses du passé.

Si les Principles and Guidelines Governing Democratic Elections sont approuvés lors du sommet, ils lanceront un signal fort à la communauté internationale. Les électeurs du Botswana, du Mozambique et de la Namibie iront certes aux urnes cette année, mais c?est le scrutin zimbabwéen de mars 2005 qui est particulièrement ciblé.

Le gouvernement de Robert Mugabe a déjà proposé des réformes que la communauté internationale considère toutefois insuffisantes. Elle espère que les directives de la SADC pour la tenue des élections démocratiques iront plus loin, ce qui imposera des conditions plus strictes au régime Mugabe pour les élections de mars 2005. En d?autres mots, la SADC a les moyens de résoudre indirectement la crise politique au Zimbabwe. Un rapport de l?Union africaine sur les abus des droits de l?homme commis dans ce pays sera également présenté au sommet.

La RDC, où la situation ne cesse d?empirer, sera également à l?agenda. Le gouvernement de transition peine à apaiser les rebelles et faire redémarrer le processus de paix. Les affrontements se poursuivent même si les prochaines élections sont prévues dans un an.

La SADC a déjà envoyé une délégation ministérielle en RDC pour évaluer la situation à la suite du coup d?Etat manqué de juillet. Le Rwanda, qui veut se joindre à la SADC, est accusé par les Nations unies d?avoir soutenu le soulèvement dans l?Est de la RDC.

Les chefs d?Etats profiteront du Sommet pour finaliser la mise sur pied d?un tribunal spécial destiné à résoudre les problèmes entre pays membres. Cette instance sera basée en Namibie.

Les fléaux de la région

Le Sommet se penchera également sur l?élaboration d?une politique commune sur la sécurité et la défense. L?Afrique du Sud veut motiver une décision sur la menace que posent les mercenaires sur le continent. Une prise de position sera pratique car le Sommet précède une conférence régionale sur la question. A noter qu?une douzaine de citoyens sud-africains sont en détention en Guinée Equatoriale et au Zimbabwe. Ils sont suspectés d?être des mercenaires.

Au-delà de l?aspect économique et politique, la SADC s?attaquera également à deux fléaux qui rongent les pays membres : le sida et la pauvreté. L?organisation est en passe de publier un business plan de cinq ans pour mater le VIH-Sida. Ce document prévoit une harmonisation des politiques pour vaincre l?épidémie et préconise des mesures pratiques. Parmi lesquelles on retrouve l?achat de médicaments en gros, la production de certains génériques dans la région et la mise en place d?un système d?information.

La SADC est la région du monde la plus touchée par le sida. Le virus est responsable de l?existence de quatre millions d?orphelins âgés tout au plus de 14 ans. La région s?est aussi engagée à réduire le nombre d?enfants infectés par le VIH de 50 % d?ici 2010. Selon le plan d?action de la SADC, 95 % des jeunes âgés entre 15 et 24 ans devront avoir accès à l?information et à l?éducation sur le sida.

La SADC compte également trouver une solution à l?insécurité alimentaire car la région est très susceptible aux inondations et sécheresses qui minent la production agricole. L?escale mauricienne ne sera pas de tout repos pour les hauts fonctionnaires, ministres et chefs d?Etat de la SADC. Elle sera cruciale pour l?émergence de la région et la renaissance de l?Afrique.

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