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Le marché mondial des hydrocarbures affolé

7 août 2004, 20:00

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La menace terroriste, l?incertitude sur l?avenir du groupe pétrolier Ioukos, les tensions au Moyen-Orient ainsi que les déclarations d?impuissance des dirigeants de l?Opep provoquent une flambée des prix du brut.

Les prix du pétrole ont battu de nouveaux records le 3 août. Le brut de référence américain a ainsi franchi le seuil des 44 dollars le baril, une première depuis le début des échanges à New York, en 1983. Il a même bondi jusqu?à 44,24 dollars tôt dans la matinée lors des échanges électroniques.

Le baril de light sweet crude s?était déjà hissé lundi à un record historique en clôture à 43,82 dollars. Quant au Brent de la mer du Nord à Londres, il s?est installé au-dessus des 40 dollars, grimpant jusqu?à 40,45 dollars mardi matin en séance électronique. Il n?est désormais plus qu?à quelques encablures de ses records historiques atteints en octobre 1990 après l?invasion du Koweït par l?Irak, à 40,15 dollars en clôture et 40,95 dollars en séance.

En fin de journée, la poussée des prix s?est toutefois essoufflée et les prix se sont un peu repliés. Vers 18 heures (heure de Paris), le baril de brut valait 40,09 dollars à Londres et 43,62 dollars à New York.

« C?est une combinaison d?un certain nombre de facteurs », qui explique la flambée des prix, note Jon Rigby, analyste à la Commerzbank. « Il y a l?alerte terroriste aux États-Unis, qui souligne l?ampleur du risque politique pris en compte dans les prix du pétrole actuels » et « la déclaration du président de l?Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) disant que le cartel n?a plus beaucoup de capacité excédentaire de production », explique l?analyste.

« Nous ne pouvons pas accroître l?offre »

Le président de l?Opep, Purnomo Yusgiantoro, a en effet déclaré, mardi, que le cartel avait besoin de temps pour accroître l?offre de brut et contrecarrer la forte hausse des prix à des niveaux « fous ». « Actuellement, nous ne pouvons pas accroître l?offre », a-t-il lancé. Le ministre du pétrole saoudien, Ali al-Nouaïmi, a annoncé que « l?Arabie Saoudite le pourrait, mais elle aura besoin de temps », a-t-il ajouté.

« Les commentaires de Purnomo Yusgiantoro sur l?incapacité du cartel à accroître davantage son offre a placé la question des capacités excédentaires de production de l?Opep au c?ur des inquiétudes du marché », estime Kevin Norrish, analyste à la banque Barclays.

« Il est indéniable que les capacités excédentaires de l?Opep sont tombées à des niveaux inquiétants : à juste un peu plus d?un million de barils par jour, elles sont à leur plus bas niveau depuis le début des années 1990 », lors de la guerre du Golfe, souligne-t-il.

Les cours du pétrole ont été soutenus par l?annonce d?un nouveau sabotage, mardi, sur l?oléoduc du nord de l?Irak et par les inquiétudes sur l?avenir du géant pétrolier Ioukos.

Le numéro un du pétrole russe risque de perdre sa principale unité de production s?il ne rembourse pas d?ici à un mois les 3,4 milliards de dollars qu?il doit à la justice. Un remboursement que les analystes estiment impossible.

« L?autre chose à garder en mémoire est le référendum au Venezuela prévu le 15 août, qui pourrait interrompre la production du pays en cas de troubles civils », explique Jon Rigby. « L?inquiétude est que l?Opep peine à compenser toute perte de brut résultant de perturbations de la production », estiment, pour leur part, les analystes de la maison de courtage Sucden.

2004 Le Monde ? AFP et REUTERS Distribué par The New York Times Syndicate

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