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Le bon élève

7 août 2004, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

On n'échappe pas aux Fourches Caudines de la Trinité de la mondialisation : l'Organisation mondiale du commerce, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). C'est ce faisceau qui pose depuis quelques décennies déjà le cadre géo-économique dans lequel opèrent 140 pays du monde. C'est en bon élève que l'île Maurice a suivi jusqu'ici les régimes imposés par ces institutions dirigées par le monde développé. Après l'application du programme d'ajustement du FMI en 1982, le pays s'est soumis de manière inconditionnelle aux différents choix de politique économique tels que préconisés par les lois du libre-échangisme.

Bataillant pour faire durer traitement préférentiel et profiter des accords bilatéraux reposant sur des liens symboliques avec certaines nations, le pays a pu accompagner la transformation de son économie traditionnelle en une économie répondant mieux aux défis des temps modernes. Sans excès, et recherchant souvent le juste équilibre, nos différents gouvernements se sont ainsi évertués à concilier intérêts économiques et acquis sociaux, tout en tentant une démocratisation de l'économie.

Entre-temps, le processus s'est accéléré. De la crainte d'une privatisation généralisée des services publics, on est passé à une modernisation structurelle de l'économie qui participe inévitablement du régime de réduction des effectifs et de celui de la compétitivité. On l'a constaté avec les réformes du secteur sucrier, du textile et maintenant de certains secteurs de l'administration centrale à travers la Mauritius Revenue Authority. Du coup, les critiques du secteur concurrentiel sont devenues plus virulentes. On lui a trouvé une volonté velléitaire dès qu'il est question d'investissement et de prise de risques.

Les syndicats n'ont pas été épargnés. Leurs archaïsmes ont été, à cet effet, mis en exergue. Même la population a été la cible de critiques. Sa capacité d'adaptation et son aptitude à intégrer une dynamique de modernisation ont souvent été mises en question. Sans doute, toutes ces critiques ne sont-elles pas fondées.

Car il n'y a pas de démantèlement des services publics. La diabolisation du privé procède trop souvent de préjugés de classes pour être prise au sérieux. Mais il importe aujourd'hui de réaliser que les lectures critiques sur la société mauricienne

s'appuient sur l'exigence d'une ascèse économique imposée par l'OMC et les pays les plus riches. Nous sommes si pris par la course au commerce mondial, que nous avons oublié que les accords et autres négociations ne sont qu'éphémères.

C'est ce qui explique mal l'enthousiasme de nos gouvernants concernant le traitement des dossiers sucre et textile à l'OMC. Ceux qui tirent les ficelles ne peuvent légitimement défendre que leurs intérêts prioritairement. Et il serait crédule de croire que nous jouirons indéfiniment de certaines préférences autant que de la promesse de certaines petites inégalités actuelles.

Le bon élève qu'est Maurice peut, d'un autre côté, se targuer de recueillir de bonnes notes ou encore de vives félicitations des maîtres du monde.

Ce positionnement privilégié ne devrait pour autant s'éterniser. Car les grosses économies intermédiaires n'ont pas encore dit leur dernier mot et cette parole qui nous a été accordée n'a de valeur que relative.

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