Publicité

Fallait-il faire appel aux agents du FBI ?

7 août 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

oui Satish Purmesur

Port Facility Security Officer

Pourquoi fallait-il avoir recours à des membres du FBI ?

Ils ont acquis un savoir-faire qui peut nous être très utile face à des situations pareilles. Il n?y a pas de mal à reconnaître la compétence des autres et à vouloir en tirer profit.

Quel crédit peut-on accorder à une police fédérale dont les manquements concernant les attaques du 11 septembre ont été mis en évidence ?

Ces manquements se situent principalement au niveau de la collecte, de l?examen, du partage et des suites à donner à certaines informations. Cependant, ces défaillances ne mettent nullement en cause la compétence du FBI.

La présence du FBI était-elle nécessaire, vu qu?il a été établi, dès le départ, que les signes accréditant la thèse d?un attentat ont été écartés ?

Elle l?était. L?explosion de Grand-Baie a jeté la confusion dans le public. Les garanties offertes étaient certes réconfortantes, mais aussi insuffisantes. Il fallait rassurer la population. Plus vite l?origine de cette explosion serait établie, mieux ce serait. L?aide des agents du FBI sur ce plan était un plus que le pays ne pouvait pas refuser.

En tant que directeur de l? « Interna-tional Network for Safety & Health Practitioners? Organisation » (Inshpo), quelle évaluation faites-vous de notre capacité à gérer les situations de crise ?

L?explosion de Grand-Baie nous offre une occasion en or pour faire un audit de notre capacité à réagir dans des situations extrêmes. Il est grand temps que nous ayons un plan d?intervention rapide qui nous permette d?assurer la sécurité dans tous lieux publics où il y a foule.

L?implication des Américains n?aurait-elle pas été plus appropriée si ces derniers faisaient d?un panel d?experts étrangers ?

Il est peu probable que face à une telle situation, un pays puisse rejeter l?aide du FBI en attendant que soit constituée une équipe d?experts. Le temps pressait. La priorité était de situer le plus vite possible l?origine de l?explosion. L?apport du FBI dans ce domaine était capital.

NON Jagdish Jassoodanand

ex-numéro 1 du Central Criminal Investigation Department (CCID)

Sur quoi repose votre opposition à la présence des agents du FBI ?

Nous avons des hommes compétents, capables de mener avec succès une enquête dans une affaire telle que celle de Grand-Baie.

En quoi consistent ces compétences ?

Des équipements sophistiqués, dont des détecteurs de bombe, sont à la disposition de la Very Important Persons Special Unit, de la Special Mobile Force et de la Bomb Disposal Unit. Des policiers ont reçu une formation poussée pour gérer les explosions d?origine criminelle.

Maurice pouvait-elle se permettre de refuser l?aide américaine ?

Non. Pas plus que de l?aide que tout autre pays aurait voulu apporter. Cependant, nous aurions pu refuser que ce coup de main prenne la forme d?un empiétement sur nos plates-bandes. Des Mauriciens ont été à la hauteur dans des situations à risque, comme lors de la visite de chefs d?État. Pourquoi ne pas étendre cette confiance à d?autres domaines, comme celui des enquêtes sur les explosions criminelles ?

Le refus d?une intervention américaine ne risquait-il pas de nous mettre dans l?embarras ?

Cette attitude aurait pu créer la perception que nous sommes réticents à nous engager de plain-pied dans la lutte globale contre le terrorisme. Mais ce n?est pas de cela dont il est question dans le cas de l?explosion de Grand-Baie. Ce qui est contestable, c?est le fait que des agents du FBI se sont comportés comme s?ils travaillaient chez eux.

Leur savoir-faire ne justifie-t-il pas le rôle qu?on leur a attribué ?

Il aurait fallu envisager la présence d?experts étrangers que lorsque les Mauriciens auraient atteint la limite de leurs compétences. Il faut éliminer les facteurs pouvant blesser les susceptibilités des enquêteurs. Ces derniers ont besoin de sérénité pour mener à bien leur mission.

Publicité