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La grâce énergisante du Taï-Chi Chuan
Perchée sur le toit du centre social, une dizaine de personnes se prépare pour leur session de taï-chi chuan. Principalement composé de personnes âgées, le groupe Ping-On (synonyme de bonne santé) pratique cet art martial depuis cinq ans.
Le vent frais de l?hiver port-louisien ne décourage pas les adeptes de cet art martial millénaire aux nombreuses vertus. Ils viennent ainsi chaque lundi et jeudi à ce cours pour initiés. Mais qu?est-ce que le taï-chi chuan ? C?est un art martial vieux de plus de deux mille ans avant Jésus-Christ. Il est fondé sur les principes bipolaires du Yin et du Yang. Le taï-chi chuan est pratiqué à travers le monde. Il apporte le bien-être au corps et à l?esprit. Ignace Kon Kam King, président de Ping-On, est un adepte de cette discipline depuis de nombreuses années.
Lorsqu?il prend sa retraite, il a l?idée de former un groupe pour sa pratique. «Quand on est jeune, le corps réagit différemment. Avec l?âge, les choses changent. Par exemple, lorsque l?on se réveille le matin, les articulations ont besoin d?un moment pour s?assouplir. La pratique régulière du taï-chi chuan aide beaucoup,» explique Ignace Kon Kam King, ancien projet manager à la Banque de Développement.
Celui-ci a une manière très imagée de parler des bienfaits du taï-chi chuan. Notre corps serait une batterie qu?il faut recharger en énergie, le Chi. Les mouvements permettent à cette énergie de circuler et d?irradier ainsi dans tout le corps.
La respiration est aussi une partie intégrale de ce sport qui peut être pratiqué à tout âge. D?autre part, la pratique du taï-chi n?est pas uniquement un moyen de faire circuler l?énergie mais aussi de se relaxer et de méditer. Le taï-chi chuan applique quasiment les mêmes règles que le kung-fu. La principale différence étant les mouvements au ralenti. «Si on fait les mouvements plus rapides, on se rend compte qu?il s?agit de vrai technique de combat proche du kung-fu », souligne Ignace Kon Kam King.
Alors que nous discutons, le groupe a déjà fait ses échauffements, nécessaire avant toute pratique. Ils commencent une série de mouvements appelés le 24. Il s?agit de vingt-quatre mouvements qui se répètent à plusieurs reprises. Les gestes sont posés et calculés.
Face à la chaîne de montagnes, le Pouce surplombant la ville majestueusement, les pratiquants change de sphère pour se retrouver dans celui de la relaxation, de la détente et du bien-être.
Au rythme d?une musique chinoise, les bras fendent l?air, le caressent et tentent de l?emprisonner dans leurs mouvements. La pratique du taï-chi chuan ressemble à une danse. Un gracieux ballet où l?âge, le poids, l?esthétique physique n?est que détail. Avant de finir leur séance, les différentes personnes se munissent d?épées factices. Une autre série de mouvements est ainsi répétée à trois reprises. Les gestes ressemblent à une scène de combat au ralenti. Chacune des personnes présentes semble alors être animée d?une force et d?un calme absolu.
Dans cet espace ouvert, la trinité Terre, Homme et Ciel se complète. Le lent enchaînement de mouvements masse en profondeur les muscles et les organes. Ainsi, la souplesse et la tonicité sont retrouvées. La nuit tombée, la séance s?arrête. Déjà une heure écoulée. Les visages sont souriants et détendus. Les corps visiblement plus souples, les pratiquants se donnent rendez-vous à la semaine prochaine.
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