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HARRY POTTER III
Dans le premier film, notre jeune héros découvrait un monde merveilleux qui le fascinait; dans le second volet, il réagissait à cet univers dont il découvrait aussi les mauvais côtés. Dans Le Prisonnier d?Azkaban, Harry Potter prend conscience de la réalité quotidienne de la vie d?un sorcier.
D?entrée de jeu, le nouveau réalisateur Alfonso Cuaron change les données. Loin de l?image du parfait petit héros, le réalisateur s?est donné pour mission de présenter au public un personnage qui évolue. Harry Potter (Daniel Radcliffe) version 3 est un jeune homme au physique et aux manières changeants. C?est un adolescent. Il doute, se révolte, devient de plus en plus fort quand les dangers, eux, sont de plus en plus grands et effrayants.
L?ombre de Voldemort, associée à celle de l?évadé d?Azkaban, Sirius Black (Gary Oldman), plane sur ce troisième épisode résolument sombre. Désormais, chacun des personnages évolue avec son lot de secrets et de peurs. C?est notamment le cas d?Hermione (Emma Watson), qui se refuse à expliquer ses soudaines apparitions en classe, c?est le cas du Professeur Lupin (David Thelwis), le remplaçant de Gilderoy Lockhart, et de ses absences répétées. C?est enfin le cas, comme à chaque fois, du Professeur Rogue (Alan Rickman) l?homme en noir, inquiét(ant) et soupçonneux.
Comme les esprits, le temps se fait mauvais et transporte jusqu?à Poudlard de nouvelles créatures. Certaines merveilleuses, comme l?Hippogriffe, d?autres terrifiantes, les Epouvantards.
Harry Potter nous fait rire aussi ? Ou plutôt Ron Weasley (Rupert Grint) nous fait rire, toujours aussi trouillard et blagueur. L?acteur ayant grandi également, il a pu étoffer son répertoire de grimaces et expressions comiques.
Il y a aussi la pauvre tante Marge, qui «gonfle» sérieusement Harry à tel point qu?elle finit par s?envoler dans les airs, sous les yeux pathétiques de la famille Dursley, toujours égale à elle-même.
On retiendra aussi avec plaisir une hippie accro aux feuilles de thé vert qu?elle contemple avec les énormes loupes qui lui servent de lunettes. Et il ne s?agit autre que de la nouvelle professeur de divination, Sybille Trelawney (Emma Thompson).
A ces égards, Harry Potter et le Prisonnier d?Askaban, n?est pas un film qui se veut effrayant. C?est surtout qu?il intrigue. Et l?habile scénario de nous ensorceler davantage.
Il commence par se poser de nombreuses questions. Qui est Sirius Black ? Pourquoi veut-il tuer Harry ? Que prépare Malfoy (de pire en pire), Où est Croutard ?? auxquelles il répond au fur et à mesure en distillant intelligemment les informations nécessaires. Ainsi jusqu?à la scène finale, l?on est jamais à court de mystères et de surprises. Alfonso Cuaron et son scénariste Steve Kloves ont trouvé le ton et le rythme qu?il fallait donner à cette saga «fantasmagique» et qui manquait aux précédents épisodes.
Par la psychologie et l?esthétisme mis en valeur, Harry Potter et le Prisonnier d?Azkaban gagne en maturité et en finesse.
Aflonso Cuaron a réussi à transformer un générique joli film pour enfant en un film de sorcellerie à part entière qui réunit petits et grands. Joli tour de passe-passe !
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