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Nouvelle insurrection chiite dans plusieurs villes
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Nouvelle insurrection chiite dans plusieurs villes
Les forces irakiennes, américaines, britanniques et italiennes font face depuis 48 heures à un nouveau soulèvement chiite en Irak et, à Bagdad, le ministère irakien de la Santé a fait état de 19 morts et 111 blessés dans les combats qui font rage depuis jeudi matin dans le quartier chiite de Sadr City.
Le colonel Robert Abrams, commandant de la 1re brigade de la 1re division de cavalerie, responsable de Sadr City, a dit que ses forces faisaient preuve de retenue face aux violences auxquelles même des enfants de six ans participent en jetant des cocktails Molotov.
Dans la ville sainte de Nadjaf, les forces américaines soutenues par des hélicoptères ont affronté hier «l'armée du Mehdi» de l'imam Moktada Sadr aux abords du cimetière de la ville. Un responsable du ministère irakien de la Santé y a fait état d'un mort et de 25 blessés parmi la population irakienne.
L'armée américaine a, de son côté, annoncé la mort à Nadjaf de deux membres du 11e corps expéditionnaire des marines.
Hier, à l'aube, des F-16 et des hélicoptères de combat survolaient Nadjaf afin de couvrir les forces américaines combattant les insurgés à l'intérieur et aux abords du cimetière, le plus grand du monde arabe.
Nadjaf abrite le sanctuaire le plus sacré de l'islam chiite et les membres de cette communauté sont nombreux à s'indigner que des combats éclatent près de ce site.
Des militaires britanniques et italiens ont également été attaqués par des membres de l'armée du Mehdi à Bassorah, Amara et Nassiriah, villes du sud à dominante chiite.
Le ministère irakien de la Santé a avancé un bilan de six morts et 13 blessés à Nassiriah.
L'IMAM SADR PRET A NEGOCIER
Un porte-parole des forces italiennes a déclaré que des patrouilles avaient essuyé plusieurs attaques dans la nuit à Nassiriah et qu'une caserne des forces de sécurité irakiennes avaient été attaquée tandis qu'une centrale électrique était la cible de tirs de mortier.
A Bassorah, les forces britanniques ont, elles aussi, été attaquées et une porte-parole a fait état d'un soldat blessé vendredi matin par un tir de mortier.
Elle a ajouté que la situation était plus calme que jeudi, où des affrontements dans le centre-ville ont causé la mort de deux membres de l'armée du Mehdi.
Ce regain de tensions avec des membres de la communauté chiite, majoritaire en Irak, intervient moins de trois mois après un premier soulèvement chiite dans le sud.
Mais deux jours après le début des affrontements, l'imam Sadr a fait savoir par son porte-parole à Bagdad, Mahmoud Soudani, qu'il était prêt à négocier et voulait la paix.
Au cours des négociations qui ont mis fin au soulèvement d'avril-mai, les autorités irakiennes avaient dit qu'elles ne chercheraient pas à arrêter l'imam Sadr, bien qu'il fasse l'objet d'un mandat d'arrêt pour son implication dans le meurtre d'un autre religieux, l'an dernier à Nadjaf.
Mais, prié de dire si Sadr risquait d'être arrêté, le ministre de l'Intérieur, Falah al Nakib, a répondu que «quiconque troublerait la sécurité de l'Irak» serait arrêté.
Pour le gouvernement intérimaire du Premier ministre Iyad Allaoui, les affrontements avec les chiites s'ajoutent à l'insurrection menée depuis 15 mois dans le «triangle sunnite».
OPERATION A SAMARRA
A Samarra, située à la pointe nord de ce triangle, à une centaine de km de Bagdad, un porte-parole militaire américain a annoncé que trois personnes avaient été tuées hier au cours d'une opération menée par les forces américaines pour réprimer des insurgés à la périphérie de la ville.
Le regain de violences à Samarra depuis juillet fait craindre qu'elle ne devienne un autre Falloudja, foyer de rébellion à l'ouest de Bagdad.
Jeudi, la 1re division d'infanterie américaine y a déclenché l'opération «souricière cajun» qui se poursuit, a déclaré le commandant Neal O'Brien, porte-parole militaire américain.
Il a ajouté que neuf personnes soupçonnées d'avoir orchestré et financé l'explosion de bombes au passage de patrouilles américaines avaient été appréhendées au cours d'une série de perquisitions près de Samarra.
Un médecin de l'hôpital de Samarra a confirmé que trois personnes avaient été tuées et il a aussi fait état de 20 blessés.
La ville, où plusieurs maisons ont été détruites, retentissait de l'écho de tirs et d'explosions et des hommes armés parcouraient les rues en brandissant des fusils.
A Beyrouth, une source proche du ministère des Affaires étrangères a annoncé l'enlèvement en Irak de quatre routiers libanais.
Les quatre hommes ont été enlevés sur une route entre Bagdad et Ramadi, dans une région à l'ouest de la capitale irakienne où la résistance contre la présence étrangère est particulièrement forte, a ajouté cette source, sans pouvoir dire qui les avait enlevés ni pour qui travaillaient les quatre chauffeurs.
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