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Mauvilac arbore les couleurs du success

6 août 2004, 20:00

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Dans un pays où souffle l?air salin, les façades s?usent vite. Un entrepreneur en peinture peut se faire de l?or. Surtout quand ce pays commence à percevoir tout le développement auquel il peut prétendre? C?est l?idée qui trotte dans la tête d?un jeune étudiant mauricien alors qu?il visite des usines d?Allemagne.

Sa formation en comptabilité complétée, Roland Maurel revient d?Angleterre avec un projet : ouvrir Mauvilac. Quarante ans plus tard, Mauvilac arbore les couleurs de la réussite. Une dizaine d?unités à l?étranger : la Réunion, l?Europe, l?Afrique, les Etats-Unis, le Moyen-Orient?les seules frontières qui lui ont résisté sont celles qui n?ont pas de mur à peindre.

Derrière Mauvilac, il y a Maurel. Quand l?idée lui vient d?ouvrir l?entreprise, la peinture utilisée dans le pays, par l?industrie sucrière surtout, est sud-africaine ou anglaise. Et pas toujours adaptée à l?environnement. Tant mieux. Roland Maurel s?installe à Pailles. « Quand on a commencé, il n?y avait rien. Pas d?eau, pas d?électricité, même pas de toilettes. Pour se soulager, les gens se rendaient à la rivière et revenaient bien souvent avec des piqûres de mouches jaunes !»

L?effectif est mince. Pas plus de dix personnes. « Je travaillais à l?usine, au laboratoire, à la vente et le soir je faisais les comptes», raconte Roland Maurel, qui assure, en outre, le transport des employés après la journée. « Mon petit camion était toujours bondé. Si bien qu?un jour, un policier m?a menacé d?une amende. Alors que l?agent de police a traversé la rue pour parler à son chef, j?ai détalé. »

Les débuts sont difficiles. La matière première est lourdement taxée (88 %). Mais passé les deux premières années, l?entreprise devient vite rentable. « Les employés ont joué un rôle très important dans ce succès. On était comme une famille. » C?est aussi la capacité de Roland Maurel à apprendre des échecs qui fera grandir la compagnie.

DIVERSIFIER LA GAMME

Au début des années 80, Mauvilac se met à voir plus grand. Son savoir-faire s?est tellement perfectionné qu?il estime pouvoir satisfaire les marchés étrangers. Mauvilac lorgne d?abord la Réunion où il ouvre une unité de fabrication. Puis ce sera les Seychelles, l?Afrique du Sud, le Kenya, Oman, et aussi loin que? Philadelphie aux Etats-Unis. Une « passionnante » aventure américaine » qui durera 22 ans.

Alors que les unités étrangères sont autonomes, toute la recherche de Mauvilac se fait à Maurice. « Nous avons une équipe de recherche très importante. C?est une des clés de notre réussite. » Cette équipe diversifiera la gamme de Mauvilac selon les besoins des différents marchés en créant 200 types de peinture différente, sans compter les encres, colles, vernis et pinceaux, entre autres. La tendance étant aux couleurs? « tendances », c?est un éventail de couleurs,

Colour Lifestyle 2004, que le client peut aujourd?hui effeuiller. « Les gens veulent plus qu?une simple couche de peinture, explique Bernard Maurel, directeur, ils veulent quelque chose qui sied à leur identité. »

S?il est une image que Roland Maurel chérit en cette période de fête, c?est la relation « géniale » avec ses employés, qui sont aujourd?hui au nombre de 350. Ils semblent aussi partager son sentiment. « Une de mes plus grandes réussites, ajoute-t-il, ému, c?est qu?ils n?ont jamais ressenti le besoin d?un syndicat. »

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