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MIE : la quête d?un second soufflé

6 août 2004, 20:00

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A nouvelle direction, nouvelle vision. Depuis mardi, une nouvelle équipe, avec Raj Mathur comme président et Pritam Parmessur en tant que directeur, s?installe au Mauritius Institute of Education (MIE). Son ambition : piloter l?institut de pédagogie vers de nouveaux horizons.

Pour y parvenir, le MIE fera davantage de terrain pour constater de visu si ses formations sont en ligne avec les demandes éducatives du pays. La nouvelle direction souhaite aussi renouer avec certaines habitudes du passé dont la préparation de manuels scolaires. La recherche, un aspect légèrement oublié, sur des sujets liés à l?éducation, aura une plus large place.

Et le ministère de l?Education et le MIE sont unanimes sur la nécessité de dynamiser l?institution. Et pour cause : créé en janvier 1973, l?institut de pédagogie avait, selon le MIE Act de 1973, la vocation « de fournir des facilités et d?engager des recherches au niveau de l?éducation, du développement des programmes d?études et d?offrir la formation aux étudiants ». Cela, dans la perspective « d?offrir une éducation en phase avec les réalités sociales, économiques, linguistiques, scientifiques et technologiques du pays ».

Mais en 1985, le MIE a été amputé d?une part importante de ses activités : le développement des programmes d?études. Cette tâche a été confiée au National Centre for Curriculum Research & Development (NCCRD).

L?année dernière, lors de son trentième anniversaire, le MIE s?était lancé dans une profonde réflexion sur son rôle dans le paysage éducatif du pays. Une initiative des plus importantes car sa tâche a évolué avec la grande réforme de l?éducation entamée il y a quatre ans.

Selon le MIE Act, la nomination du directeur de l?institution revient au Premier ministre. Ainsi, pour piloter ce changement de cap, Paul Bérenger a décidé de remettre l?institut entre les mains de la personne qui connaît sans doute le mieux le MIE. La candidature de Pritam Parmessur a ainsi été retenue parmi une vingtaine de postulants.

Car il est le premier cadre, spécialiste en pédagogie et éducation, à avoir été recruté par le MIE. Après le départ précipité de deux enseignants australiens, il a également achevé le premier cours de teacher training en 1973. Pritam Parmessur, c?est en fait trente ans de carrière au sein de l?institution du Réduit.

Le poste de directeur adjoint revient de son côté à l?ancienne directrice par intérim, Sheela Thancanamootoo. Cette dernière avait quitté cette fonction pour assurer l?intérim pendant deux ans après le départ de Prem Saddul, devenu directeur par intérim de la Private Secondary Schools Authority (PSSA).

Surendra Bissoondoyal, conseiller au ministère de l?Education, qui était président du MIE a été pour sa part remplacé par Raj Mathur. Ce dernier a ainsi quitté son poste de président du Mahatma Gandhi Institute. Me Lokraj Nuckchady lui a succédé.

QUESTIONS À?

Pritam Parmessur nouveau directeur du MIE

■ De quoi notre système éducatif a-t-il besoin aujourd?hui ?

Il faut une refonte totale de notre système éducatif. Ça prendra du temps et coûtera de l?argent mais il y a nécessité de répondre aux demandes de la société. Le rôle du MIE est crucial. Il est devenu très important de redynamiser les ressources pour pouvoir aider à satisfaire les objectifs nationaux. S?il y a mauvaise planification, il faudra des années pour rétablir la situation. Heureusement, avec la réforme, nous allons dans la bonne direction.

■ Quel est le rôle du MIE dans ce contexte ?

Stratégiquement parlant, l?avenir de plus de 80 % des enfants passe, d?une façon ou d?une autre, par l?institut de pédagogie. Le curriculum doit être adapté afin de satisfaire à la fois ceux qui arrêtent au secondaire et ceux qui souhaitent poursuivre des études supérieures.

Le pourcentage d?enfants qui ont accès au tertiaire est très minime. Mais l?éducation permet à tous d?avoir une chance égale dans la vie. Aujourd?hui, grâce aux avancées pédagogiques, nous savons comment l?enfant pense. Nous avons des outils pour savoir si l?enfant apprend ou pas en classe. Le curriculum devrait être adapté en prenant ces facteurs en considération. Une société moderne demande un apprentissage polyvalent.

■ Mettre en pratique ce que vous préconisez n?est pas chose facile?

Non, il faut de la volonté et de la compétence. Il n?y a pas de place pour la médiocrité. Notre devoir est d?être au fait des dernières innovations pédagogiques. C?est une des priorités de l?institut. Nous travaillons dans cette direction. L?argent du contribuable doit être utilisé à bon escient. Les demandes du pays en matière d?éducation deviennent de plus en plus compliquées. Pour atteindre nos objectifs, nous devons travailler avec les enfants, les parents et les professeurs.

■ Le MIE doit donc sortir de sa tour d?ivoire et faire davantage de terrain?

Comment allons-nous savoir ce qui est désirable et valable sans données sur les réalités dans nos écoles ? Nous devons absolument aller sur le terrain. Et en général, je suis satisfait que tout le monde offre le support voulu puisque nous devons travailler en équipe.

■ Vous parlez de programme d?études, mais est-ce de votre ressort ?

Le MIE ne doit pas se confiner à la seule formation des enseignants. Il faut aussi faire de la place pour la recherche. Avant nous écrivions des manuels scolaires jusqu?en Form III. Rien qu?en élaborant nous-mêmes les manuels, le pays peut économiser Rs 80 à Rs 120 millions.

■ N?est-ce pas le rôle du National Centre for Curriculum Research & Development (NCCRD) de s?occuper du curriculum ?

Je suis pour la réintégration du NCCRD au MIE. Il n?est pas bon de séparer la pensée, l?enseignement et la connaissance. Il est souhaitable de relancer la fusion entre enfant, enseignant et le materiel scolaire.

■ Vous préconisez donc un changement radical de la politique du MIE ?

C?est incontournable dans le contexte de la réforme. Nous devons rediriger nos projets d?avenir. Nous avons à montrer notre capacité d?innover et de travailler dans l?intérêt du public et de l?enfant. Il nous faut de nouvelles méthodes de travail. Beaucoup de collègues pensent comme moi.

■ La formation des enseignants est-elle adéquate ?

Nous sommes très en retard sur certains plans. Les mentalités doivent changer. L?enseignant doit avoir le statut et le respect qu?il avait avant au sein de la société. Pour cela, il est nécessaire de changer la mentalité de certains enseignants. A Maurice, nous ne manquons pas de professeurs passionnés par leur travail. Il suffit de se rendre dans les petits établissements. Le tout, c?est de généraliser cette passion pour l?enseignement.

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