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Jean-Jacques Annaud Le Spielberg français
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Jean-Jacques Annaud Le Spielberg français
Après 16 ans, Jean Annaud revient au film animalier (Deux frères). Du plus loin qu’il se souvienne, le réalisateur français a toujours rêvé de faire du cinéma. A la suite d’un BTS de technicien du cinéma obtenu à l’Ecole Vaugirard en 1962, il réalise à 19 ans son premier court-métrage, intitulé Les sept pêchés capitaux du cinéaste. Après avoir obtenu le diplôme de l’IDHEC dans la section réalisation, il se lance dans la réalisation de films publicitaires, métier qu’il pratique pendant une dizaine d’années, avant d’aborder le long- métrage en 1977.
Jean-Jacques Annaud connaît dès son enfance, deux passions : l’histoire – en particulier l’archéologie – et la collection de vieux projecteurs et de caméras d’amateurs. “Une fois par mois, le dimanche après-midi, mes parents m’emmenaient au cinéma. Si Versailles m’était conté, Ben-Hur, des westerns, j’adorais ça! ” (…) En 1965, il part accomplir son service militaire au Cameroun : “L’Afrique m’a bouleversé et, très vite, j’ai eu envie d’y retourner pour réaliser mon premier film.”
Ce premier film, La Victoire en chantant, qui a aussi pour titre Noirs et Blancs en couleurs, est couronné de l’Oscar du Meilleur Film Etranger. Il marque en même temps un retour vers l’Afrique, en Côte d’Ivoire. Selon un critique, c’est “une réjouissante charge contre l’esprit colonialiste et la bêtise cocardière”, qui raconte comment, en janvier 1915, les Français et les Allemands vivant aux confins du Cameroun et de l’Oubangui apprennent que leurs pays respectifs sont en guerre, et comment la colonie française, enrôlant de force des Noirs, mène cette guerre contre la colonie allemande. Le film est un échec commercial. En revanche, Coup de tête (1978), avec Patrick Dewaere, est un vrai succès public.
A lire la filmographie du cinéaste, on comprend tout de suite qu’il s’agit là de l’œuvre d’un humaniste et d’un lettré. La Guerre du feu (1981), tiré du roman de Rosny aîné, est un film muet sur la préhistoire, qui consacre le cinéaste au niveau international. Il illustre également son intérêt pour la nature et son besoin d’offrir au grand public autre chose que ce cinéma commercial qui rappelle beaucoup trop la prestation de certains services touristiques dont le but principal est de rassurer le touriste en lui offrant ce qu’il connaît déjà.
Coup de tête est une satire du football professionnel où l’argent règne en maître et asservit les joueurs aux appétits politico-financiers des dirigeants, tandis que Le Nom de la rose (dont Sean Connery sera la vedette) est tiré du roman d’Umberto Eco. Oeuvre complexe, plaidoyer pour la liberté d’expression, Le Nom de la Rose, coproduction européenne, est un nouveau succès international – César du meilleur film étranger – grâce auquel Annaud peut enfin entreprendre L’ours. Ce film, “hymne à la nature et à l’animal qui lui vaut des louanges partout dans le monde”, est un nouveau triomphe : César du meilleur réalisateur et Grand Prix National du Cinéma décerné par le ministre de la Culture.
Après l’adaptation du roman de Marguerite Duras, L’Amant, le cinéaste fait sensation en 1996 en réalisant le moyen-métrage expérimental Les Ailes du courage avec, une première en France, le procédé en relief IMAX 3D. C’est la toute première fois que cette technologie est utilisée pour un film de fiction.
Jean-Jacques Annaud continue une carrière internationale, avec Brad Pitt en 1996 pour Sept ans au Tibet, puis, quatre ans plus tard, avec Stalingrad, film de guerre basé sur la bataille du même nom et porté par Jude Law. En 2004, il revient à l’aventure animalière avec Deux frères, ou l’incroyable destin de deux frères tigres séparés à l’enfance.
<B>Ref : Monsieur Cinéma</B>
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