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Quatre commerces en feu à la gare Victoria

5 août 2004, 20:00

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Les flammes ont crépité de nouveau à la gare Victoria, à Port-Louis. Un incendie de nature inconnue a éclaté hier après 22 heures dans le vieux bâtiment en pierre, sous une toiture de bois et tôle, attenant à La Poste, à Port-Louis.

L?édifice abritait le restaurant Cheminots, deux magasins vendant des articles divers et dont l?un porte le nom de son homonyme incendié il y a trois ans, l?Amicale ainsi qu?un entrepôt dans lequel étaient emmagasinés des produits divers représentant les stocks des marchands.

Mohamad Zakir Hossen Hajim, un des vigiles de New Security Guards, affecté à la surveillance de la gare et des toilettes s?y trouvant, bavarde avec un chauffeur de taxi encore sur la place malgré l?heure tardive quand il entend des grésillements de fils électriques. ?Mo finn tan difil kouran fer pak, pak, pak! Tou de suit, mo finn telefonn ponpie ek lapolis?.

Aussitôt alertés, les pompiers de Port-Louis et de Coromandel, dirigés par Kailasson Kothandaraman, Divisional Officer pour la région de Port-Louis et du Nord, se rendent sur place. De l?autre côté de la construction, trois hommes du feu ont toutes les peines du monde à casser les cadenas d?un rideau de fer du magasin jouxtant celui de l?Amicale. Après s?être essayé au marteau, ils ont recours à une tenaille. Les cadenas finissent par céder, permettant aux pompiers d?accéder au local.

Plusieurs unités de la police débarquent sur les lieux, prêtes à toute éventualité : la Special Supporting Unit sous la direction de l?ASP Laval Fokman, l?Emergency Response Service et des policiers des Casernes centrales.

Accident ou crime ?

Le visage ravagé et l??il morne, Yaw Kan Tong, le propriétaire du magasin Amicale, qui habite à Coromandel, éclaire à la torche, les cendres des articles qui constituaient encore son stock quelques heures plus tôt. Cela fait 34 ans qu?il commerce là avec son épouse. Tout ce qu?il possède est parti en fumée. ?Get sa bez-la, tou so zafer ladan. Tou lelon so lavi linn travail isi?, s?exclame une de ses connaissances sur un ton compatissant alors que le principal concerné se mure dans un silence lourd.

Mais les plus excédés dans l?histoire, ce sont les marchands possédant des étals à 20 mètres de là et dont certains ont brûlé dans le courant de la semaine. ?La semen pase, nou latab ti brile. Ena pa mem dis minit ki nou finn ranz latab ek nounn ale e pa ti ena narien?, raconte l?un. Selon un autre, cet incendie serait délibéré. ?La semen dernie, troi letal inn brile, magazin lot kote, muse osi. Dernie dife isi zordi. Kitfoi proseneman ou pou tan dir lot kote pe brile osi. Li enn krim! Nou travail gramatin pou manze tanto. Zot pe fer sa pou tir nou ladan. Li enn taktik met dife pou fer nou ale.?

A l?aide de six citernes et en une vingtaine de minutes, les pompiers ont circonscrit le feu et évité qu?il ne gagne le bâtiment neuf de La Poste. A la lueur des torches des pompiers, on n?aperçoit plus que des murs noircis et des caissons de boissons gazeuses tordus sous l?intensité des flammes. Accidentel ou criminel ? Impossible de le dire à ce stade. Toujours est-il que la gare Victoria semble poursuivie par la loi des séries?.

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