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Renaud, le patriarche

3 août 2004, 20:00

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Le septuagénaire est à la fois bûcheron, charpentier, menuisier, planteur et pêcheur. Il s’est lancé dans la fabrication de planches depuis le 25 mars 1947. Celles-ci peuvent être utilisées pour la fabrication de meubles et de bateaux. “Je recommande le bois, qui est plus dur, pour la fabrication de bateaux”.

<B>Cinquante-sept ans comme cultivateur</B>

Après avoir abattu des arbres dans la forêt de Baie-Malgache, il fait transporter les troncs dans sa cour à Mangues. Se servant d’une grande scie à main, il doit déployer une force herculéenne pour scier le bois.

“J’avais tout juste 14 ans lorsque j’ai appris le métier de bûcheron de mon papa. Je travaille tous les types de bois : le teck, l’acajou, le bois noir, le tamaka, le técoma… ”, dit-il.

Pendant cinquante-sept ans, Renaud a été cultivateur de maïs, de patate, de manioc et de haricots. Il s’occupait seul d’une superficie de deux arpents.

Renaud a su évoluer avec son temps. Parallèlement à son métier de bûcheron, il décide d’exercer comme charpentier parce qu’à l’époque on construisait la plupart des maisons en bois. “Je vivais dans une maison en chaume avec mes dix enfants. Nous ne consommions très souvent que du manioc ou de la patate. La famille élevait aussi des animaux pour suppléer à nos besoins.”

Au moment où le métier de charpentier commence à perdre de son prestige, Renaud se recycle comme menuisier. Il fabrique des tables, des chaises, des lits,d es sofas, des armoires et tout autre type d’ameublement pour maison ou bureau.

Comme la plupart des Rodriguais, il a aussi été pêcheur. “Aujourd’hui, je n’ai plus le temps. Depuis quatorze ans, j’ai abandonné ce métier pour me consacrer uniquement à la fabrication de planches”.

Renaud aime vivre entouré des membres de sa grande famille, même si un de ses six fils a choisi de vivre à Maurice. Il compte vingt-sept petits-enfants, dont certains ne le quittent pas des yeux lorsqu’il est au travail dans son atelier en plein air. Lorsqu’il a du temps libre, il leur raconte des anecdotes ou des contes.

Aujourd’hui encore, Renaud se lève à cinq heures du matin. “Je me blesse souvent au travail, mais je ne m’arrêterai jamais aussi longtemps que j’en aurai la force. C’est le travail qui me donne une robuste santé”.

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