Publicité
Le dilemne d?Arafat
Yasser Arafat affronte depuis quatre jours une crise interne sans précédent depuis son entrée à Gaza, en 1994, après vingt-sept ans d?exil. La crise des services de sécurité, pléthoriques et rivaux, qui a éclaté à la suite du rapt du chef de la police de Gaza, s?est doublée d?une crise politique avec la menace de démission du premier ministre. Une démission refusée par le président de l?Autorité palestinienne, mais sur laquelle Ahmed Qoreï n?entend pas revenir, sauf à recevoir une fois pour toutes la garantie d?obtenir des moyens de travailler, notamment dans le domaine de la sécurité, pour préparer l?éventualité d?un retrait israélien de Gaza.
Bref, l?Autorité palestinienne mérite moins que jamais son nom. De cette situation incertaine, Yasser Arafat apparaît comme le principal responsable, du moins si l?on ne considère que le camp palestinien : il a failli depuis 1994 comme gestionnaire d?un espoir, celui d?un État, contrarié il est vrai par les innombrables ratés du processus d?Oslo. Mais, ballotté par les événements ou retranché dans l?ambiguïté, il a également échoué depuis le début de l?Intifada, qu?il a déclenché en 2000, à définir un avenir pour son peuple.
<B>Sortir de ce bourbier</B>
Certes, M. Arafat a réchappé par le passé à des situations autrement plus périlleuses. Mais il affronte celle qu?il a contribué à créer dans les pires conditions, enfermé à Ramallah par les Israéliens, rattrapé par l?âge (il aura 75 ans en août) et privé des marges de man?uvre, notamment financières, que lui assurait par le passé un pouvoir sans partage.
Cet affaiblissement fait certainement le bonheur de ses adversaires israéliens et de leurs alliés américains, qui ont tiré un trait sur une personnalité à laquelle ils sont fondamentalement imperméables. Il plonge le camp palestinien un cran plus bas dans l?infernale spirale qui l?emporte depuis quatre ans : des territoires assiégés, un Conseil législatif qui n?a pas pu être renouvelé depuis huit ans, un premier ministre faible, un président contesté. Difficile d?imaginer plus sombre tableau. Pourtant, Israël n?aurait rien à gagner à avoir l?anarchie à sa porte.
S?il ne parvient pas à se sortir de ce bourbier, M. Arafat n?aura plus que deux choix : affronter ses anciens obligés devenus rivaux, au risque cette fois-ci d?un véritable chaos, ou bien changer, consentir à des compromis qui ne le tireront peut-être pas de son isolement physique et politique, mais sans lesquels sa résurrection semble improbable. Il lui faut refaire la preuve qu?il peut être encore utile à son peuple, grâce à son statut de symbole d?une lutte de libération nationale.
L?opposition, en partie réelle mais schématique, entre une « vieille garde » corrompue et une « jeune génération » nimbée de toutes les qualités. Mais il ne reste guère de temps au chef de l?OLP, confronté à l?islamisme et à ses dérives terroristes.
<B>Avec AFP et Reuters</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents