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Le chant du cygne de Yahmi
Une guitare qui pleure, des refrains saccadés et une petite foule d?intimes accompagnaient un cercueil lundi au cimetière Bigara, à Curepipe. Le soleil est rayonnant. Il rappelle celle qu?on enterre : Yahmi Paratian, ses yeux et son sourire pétillants, éclatants.
La veille, au cours d?une banale nuit d?hiver, le soleil de sa vie s?est couché et s?est refroidi. Comme une fausse note. D?un coup, Yahmi Paratian est partie sans prévenir, laissant tout le monde pantois. « Ce n?est pas possible qu?elle soit morte. Elle avait un tas de projets en cours. » Mamoune Govinden, sa s?ur, cherche à comprendre. Mais n?y arrive pas. Elle trouve quand même des mots pour réconforter les trois enfants de Yahmi : « Maman va se reposer? »
Yahmi travaillait sur un projet original : promouvoir l?apprentissage des langues grâce aux chansons. Elle comptait former des enseignants. « Comme cela, ils pourront aider des enfants à mieux réussir leur scolarité. Moi, c?est la chanson qui m?a permis d?être prof d?anglais et de français. La musique a transformé ma vie », déclarait-elle dans l?édition de l?express dimanche du 4 janvier 2004.
Elle nous parlait avec passion de ses expériences musicales, de la façon dont elle testait sa technique avec son entourage : « Ma fille par exemple, ne parle pas très bien le créole, mais elle chante Cassiya sans accent. »
À 14 ans, Yahmi, benjamine d?une famille de six enfants s?envole en France pour rejoindre ses proches. Elle découvre Brassens, Moustaki, Brel.
À 46 ans, elle s?en est allée, pour de bon, en nous laissant ses notes remplies d?espoir, de bonheur et de vie.
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