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Les doigts de fée de Geneviève
Geneviève Pitchia est une femme pétillante de bonne humeur. Pas étonnant qu?elle ait été doublement récompensée au 4e Women in Business SADC Fair and Investment Forum qui a eu lieu au Botswana en juin dernier. Outre le fait d?avoir coiffé au poteau une centaine de participantes africaines en décrochant le premier prix dans la catégorie crochet, elle a aussi été récompensée pour son aptitude à communiquer.
Ce prix booste le moral de la jeune femme originaire de Malherbes qui laisse libre cours à sa passion depuis vingt ans. « Je ne m?y attendais pas du tout. Il y avait neuf pays qui ont participé, vous vous rendez compte ? », dit-elle en écarquillant les yeux. Grâce aux trophées remportés par Helena Talbot (1er prix en artisanat) et Geneviève Pitchia, Maurice a pu se hisser à la deuxième place.
Geneviève rêve maintenant d?horizons lointains. « J?aimerais exporter mes produits dans la région », affirme-t-elle. Sous ses doigts fébriles, le petit sac qu?elle va plus tard décorer avec du satin bleu prend forme, maille après maille. Comme fermoir elle utilisera une graine de tamarin, histoire d?apporter une touche originale à son ?uvre.
Elle aime utiliser des produits locaux : feuilles de cannes, colliers cipaye, toile de jute, bref tout ce qui peut apporter de la valeur ajoutée au produit. C?est cet esprit novateur qui a émerveillé le jury et les exposantes étrangères. Geneviève Pitchia leur en a en effet mis plein la vue avec ses savates à crochet pailletées, ses sacs et ses bikinis colorés.
« Elles étaient étonnées de voir la multitude de choses que l?on peut faire avec le crochet. Là-bas elles sont limitées en termes de matériaux et de connaissances. C?est là qu?on réalise qu?on est gâté à Maurice, car les entrepreneuses reçoivent une formation gratuite grâce au ministère de la Femme. »
Son minuscule atelier de Curepipe Road regorge de sacs, de tops, de ceintures et de savates réalisés au crochet. Si elle ne les vend pas au Market Centre de Quatre Bornes, aux Artisanes à Grand -Baie ou encore dans les hôtels, les jeunes filles se jettent pourtant sur ces accessoires. « Ce sont mes principales clientes. Elles aiment expérimenter les nouveaux produits, et puis elles ne rechignent pas à payer. »
Alors le crochet est-il un métier d?avenir ? Geneviève n?ose pas se prononcer. « Les jeunes ne s?intéressent pas à ce métier, cela demande trop de patience. Mais j?espère de tout c?ur que cet art ne disparaîtra pas. » Quoi qu?il en soit, si elle n?y trouve plus son compte, elle ira cultiver des fraises. Et ce n?est pas une blague !
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