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La zone franche veut redorer son blason

24 juillet 2004, 20:00

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Environ 30 ans après sa création, la zone franche est à la recherche d?un second souffle salutaire. Le retrait des investisseurs hongkongais du textile à Maurice, et le manque d?intérêt pour les emplois que propose ce secteur inquiètent. Les incertitudes de l?après-Accord multifibre en 2005, n?arrange d?ailleurs en rien le pessimisme ambiant. Mais la Mauritius Export Pro-cessing Zone Association (Mepza) passe au plan B. Elle veut redorer le blason de la zone franche et poursuivre une stratégie pour obtenir l?efficience et la réduction des coûts dans le secteur.

« Nous allons construire une nouvelle image de la zone franche », affirme Danièle Wong, la directrice de la Mepza. Et cela passe par la valorisation de l?employé lui-même. « On ne parlera plus d?ouvrier d?usine mais de technicien du textile par exemple. En effet, ceux qui travaillent dans les usines textiles doivent désormais posséder et maîtriser des connaissances techniques. »

Il faut savoir que l?expérience a été tentée en France et certains métiers ont été rebaptisés. L?homme de ménage, par exemple, est devenu un « technicien de surface ». Pourtant, ce succès n?a été que relatif, car c?est le salaire, attractif, qui attire vers ce métier et non le nouveau titre.

La zone franche cherche à apporter du sang neuf et à démontrer que le secteur a changé. Danièle Wong explique ainsi qu?il y aura plus de journées portes ouvertes. L?objectif : faire connaître le monde de la zone franche au grand public, et faire découvrir aux jeunes les nombreuses possibilités d?emplois qu?offrent les usines.

La zone franche veut aussi se débarrasser de l?image d?un secteur avec des conditions de travail déplorables, qui recrute et licencie à tour de bras. Pour cela, elle veut organiser une série de consultations avec les syndicats et le gouvernement.

Celles-ci auront pour but de redéfinir les modalités de redéploiement des employés licenciés à cause des fermetures d?usines. Les employés qui ont de longues années de service pourront bénéficier d?un statut et d?un traitement spécial, au terme de ces consultations.

Soucieuse de projeter l?image d?un secteur dans lequel les conditions d?emploi s?améliorent, la zone franche va effectuer des changements en profondeur pour ce qui est de la main d??uvre étrangère. Ainsi, les procédures pour l?octroi de permis de travail seront améliorées, et les conditions de travail et d?hébergement des travailleurs étrangers seront contrôlées par une commission spéciale mixte.

La Mepza privilégie toutes les pistes

Mais au-delà de l?aspect social, la Mepza privilégie toutes les pistes qui permettront aux entreprises de réduire leurs coûts. L?un des sujets d?inquiétude à ce sujet est la hausse du prix du fret, provoquée par la demande gargantuesque de la Chine dans ce domaine. La Mepza propose, pour y remédier, de mettre en place un Shippers?Council à Maurice.

Cette organisation aura pour but de promouvoir et de défendre les intérêts des exportateurs et importateurs mauriciens, qu?il s?agisse de commerçants ou d?industriels. « Ce conseil permettra aux entreprises locales de négocier les meilleurs tarifs, dans un marché libre, auprès des transporteurs », ajoute Danièle Wong.

Ce Shippers?Council travaillera également en étroite collaboration avec le gouvernement pour déterminer les meilleurs politiques pour ce secteur. C?est le Shippers Council hongkongais qui servira modèle aux Mauriciens.

Mais avant d?arriver dans les entrepôts des clients étrangers ou de nos entreprises locales, les marchandises doivent passer par la case douane. Et là les longues et fastidieuses procédures finissent souvent par exaspérer les entrepreneurs.

La Mepza veut éviter cela en organisant une campagne d?information. Le 30 juillet, toutes les entreprises de la zone franche seront invitées à participer à une séance de travail interactive avec des douaniers. Cela leur permettra de se familiariser avec les nouvelles règles de vérification des conteneurs.

Malgré la situation difficile, la directrice de la Mepza affiche un certain optimisme. La prochaine rencontre gouvernement-secteur privé, prévue pour le 7 août, sera l?occasion pour elle de faire avancer le dossier de la nouvelle zone franche mauricienne.

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