Publicité

Enfin un discours de chef

24 juillet 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Cela fait longtemps que l?on n?a pas eu un discours de chef à l?Assemblée nationale. C?est pourquoi celui prononcé mardi par le Premier ministre mérite que l?on s?y attarde. Délaissant son rôle d?animateur de conférences de presse à la petite semaine, le chef du gouvernement est monté au créneau pour insuffler de l?optimisme, galvaniser la nation et réclamer la coopération de tout un chacun afin que le pays puisse surmonter un pessimisme qui risque de s?installer.

Un discours qui a été passablement bien accueilli par l?opposition, même si personne n?accepte de l?avouer ouvertement. « C?est bon que le Premier ministre ait adopté un ton optimiste. Personne n?a intérêt à laisser pourrir les choses, » confie un député travailliste. Ce dernier regrette toutefois que le chef du gouvernement ait utilisé des termes « très durs envers Xavier Duval qui ne fait que son boulot et qui a le devoir d?attirer l?attention sur des choses qui demandent à être corrigées. »

Si l?on peut cependant en vouloir à Paul Bérenger pour le ton qu?il a parfois employé à l?égard du leader du PMXD, il n?en reste pas moins qu?il a su mettre en exergue les points forts de notre économie sans pour autant escamoter la réalité des chiffres.

C?est vrai, dit-il que le secteur sucre et de la zone franche passent par des moments difficiles, mais c?est précisément lorsque les choses vont mal qu?il faut se retrousser les manches. « When you go through very difficult times, this is precisely the time not to fall into catastrophes. » Le catastrophisme : un sentiment qu?il s?acharnera à démolir tout au long de son exposé.

Intervenant sur le nouveau projet de loi sur le tourisme, il en a profité pour citer à profusion les chiffres se rapportant à la zone franche et à l?industrie sucrière.

« Otherwise heads will roll »

Il s?en est surtout pris à Xavier-Luc Duval qui avait soutenu que « le pays fait face à un état d?urgence économique » que la zone franche est en train de disparaître et que le tourisme reste le seul pillier.

Des commentaires qui ne laissent pas le leader du PMXD insensible. Ce dernier tente de placer un mot et trouve que le Premier ministre « should not impute motives. » Mais Paul Bérenger n?en démord pas. Il y a lieu, dit-il, de combattre l?irresponsabilité hystérique, le catastrophisme qui est très dangereux pour le pays.

Le chef du gouvernement ne se voile cependant pas la face. Il reconnaît que la zone franche connaît des moments difficiles. Le secteur, dit-il, a perdu quelque 5 700 emplois à son point le plus bas, mais il reste le plus gros employeur puisqu?elle compte à ce jour 80 000 salariés. Il fait aussi remarquer que le secteur manufacturier hors zone franche a recruté 1 500 personnes.

Le dégraissage dans le secteur sucrier a entraîné une réduction de 2 600 emplois, mais l?agriculture, autre que le secteur sucrier en a créé 1 200. En gros, l?industrie sucrière offre de l?emploi à 20 000 personnes. Dans l?ensemble le tourisme compte quelque 26 000 emplois, directs et indirects. « The figures show that the worse is behind us. »

Paul Bérenger se fait fort de rappeler qu?il n?y a pas que le sucre, la zone franche ou le tourisme. Il reproche au porte-parole de l?opposition ne n?avoir pas pipé mot de l?informatique et des services financiers.

Le chef du gouvernement lance par la même occasion des rappels à l?ordre. D?abord à la Mauritius Tourism Promotion Authority qui se doit de démontrer qu?elle utilise au maximum chaque sou mis à sa disposition par le contribuable. « Otherwise heads will roll. » Ensuite aux entreprises hôtelières dont les unités de traitement des eaux usées ne fonctionnent pas comme il faut.

Il rend hommage à tous ceux engagés dans le tourisme. Il en appelle à plusieurs reprises à l?opposition et à l?ensemble de la population pour assurer la réussite de ce secteur.

« We cannot fail. We do not have the room to fail. » De par son discours de mardi, Paul Bérenger nous a enfin rappelé qu?un Premier ministre, c?est aussi fait pour galvaniser ses troupes et la nation.

Il était grand temps.

Publicité