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Quand les rouages de la vente à la barre ruinent?
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Quand les rouages de la vente à la barre ruinent?
Sheila Padaiachy pleure sa maison et son supermarché. Elle les a perdus à cause d?un casseur sans scrupules. Comme elle, plusieurs centaines de familles, ont été victimes d?avoués malhonnêtes ou de notaires qui abusent de la naïveté des gens. Ou encore, d?avocats qui ne pensent qu?à soutirer de l?argent à des familles désespérées de conserver leurs biens. Ces victimes, environ 300, étaient réunies, hier, au Centre Marie Reine de la Paix. Aujourd?hui, 68 personnes seront à nouveau privées de leurs biens en Cour suprême.
Les victimes racontent tour à tour leur histoire. Les drames humains s?enchaînent. Leur porte-parole, Harish Boodhoo, est exaspéré devant tant de souffrances. Le journaliste politicien compte aller jusqu?au bout de son combat pour dénoncer cette ?mafia?, auteur de ?crimes, injustices et exploitations en Cour suprême?.
Dans la salle, le désespoir de ces hommes et femmes ruinés par les rouages de la vente à la barre est palpable. Ils ont le visage triste, fatigué et les larmes aux yeux. Ils veulent croire que la mafia qui les a escroquées sera punie. Ils applaudissent chaudement à l?annonce de cette éventualité. Les policiers et les enquêteurs de l?Icac présents sont conscients de la lourde tâche qui leur est confiée.
Sheila a emprunté Rs 600 000 d?un casseur en 1992. Elle procède à des paiements partiels de sa dette. Entre-temps, le casseur estime qu?elle lui doit Rs 3 millions. L?affaire va en cour. L?avoué lui réclame de l?argent pour faire renvoyer l?affaire et pour trouver une solution à son problème. Elle doit également débourser de l?argent pour le casseur. Malgré ces démarches, sa maison et son supermarché qui étaient hypothéqués seront vendus en 1997.
Radhika Boupun est aujourd?hui une femme qui a tout perdu. Son témoignage est incompréhensible car elle ne trouve pas assez de mots pour décrire les abus dont elle a été victime. Elle emprunte Rs 40 000 pour le mariage de son fils. Elle paie partiellement sa dette à cause de graves problèmes de santé de son fils. Son casseur indifférent lui réclame cette fois Rs 110 000. Sans compter les frais de l?avoué qui lui assure que sa maison de Ville Noire, Mahébourg, offerte en gage pour cet emprunt, ne sera pas saisie. Mais elle a mis sa destinée entre les mains d?un malhonnête.
Mira Dissouri, les larmes aux yeux, garde espoir. Elle s?est portée garante d?une amie pour un prêt de Rs 100 000 à la banque. L?amie n?arrive pas à repayer sa dette. Elle n?a pas plus de moyens que sa copine. Un beau jour, Mira reçoit une lettre qui l?informe que son terrain à Le Hochet sera saisi. Sans qu?elle ne soit avertie, son terrain est par la suite vendu à Rs 180 000 alors qu?elle estime que le terrain vaut beaucoup plus. Elle prend contact avec un avoué qu?il lui donne l?assurance qu?elle peut récupérer son terrain. Sa tante propose d?acheter à nouveau ce terrain qui est un héritage familial. Elle espère avoir eu affaire à quelqu?un qui ne la mènera pas en bateau.
Harish Boodhoo veut aider toutes ces Mira, Sheila, et Radhika à retrouver le sourire. D?où le fait qu?il souhaite vivement que la commission d?enquête instituée ne soit pas un bouledogue sans dents. Et, si la situation n?évolue pas, il compte organiser un meeting public le 6 août devant la Cour suprême.
Le journaliste politicien a fait signer une pétition, qui sera remise au Premier ministre. Dans la pétition, il est demandé, entre autres, que les cas des victimes soient reconsidérés, que les pouvoirs de la commission d?enquête soient étendus, que les procédures en cour soient suspendues en attendant les conclusions de la commission d?enquête.
Par ailleurs, une des victimes, Ibrahim Amode, a témoigné à l?Icac, hier. Il vient soutenir la déposition de son père, qui a témoigné mardi, et il poursuit sa déposition, demain.
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