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Les law lords ?intrigués? par les juges mauriciens
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Les law lords ?intrigués? par les juges mauriciens
Les Lords du Privy Council, devant le dossier Hurnam, auraient avoué leur ?incompréhension? de ?la philosophie guidant les notions de remise en liberté conditionnelle pratiquée par les juges mauriciens.? C?est la première explication au fait qu?ils aient tranché aussi rapidement la question. Il ne leur a pas semblé qu?il y avait débat : le détenu Dev Hurnam devait au regard de la loi être relâché sous caution comme l?avait recommandé le senior district magistrate de Port-Louis, Lutchmee Parsad Aujayeb, dans son jugement du 23 avril dernier. ?The matter is so urgent that we are giving an oral judgment today. À written judgment will follow.?
Cette ?incompréhension? fait tiquer. Elle remet en mémoire celle maintes fois exprimée par des légistes du pays. On a, en effet, entendu par le passé le désarroi ou parfois la colère devant un jugement de la Cour suprême ou une position du DPP qui n?auront pas semblé admissibles. La colère, voire ? des allégations de ?persécution?.
?Si ce n?est pas de la persécution, qu?est-ce que c?est ?? lançait, le 23 avril, Dev Hurnam, à qui la liberté conditionnelle venait d?être refusée, le DPP ayant demandé une suspension de la décision du magistrat Lutchmee Parsad Aujayeb. C?est par le libellé de la charge que l?avocat parlementaire aurait été ?coincé?. Provisoirement accusé d?avoir comploté pour agresser physiquement le Senior Puisne Judge Bernard Sik Yuen et pour assassiner l?inspecteur Hemandass Goorah ainsi qu?un autre officier de police, Dev Hurnam aurait dû, pensent certains, faire l?objet d?une charge de ?giving instructions?, une charge qui est ?bailable?. Or c?est de ?conspiracy? qu?on l?accuse. Pourquoi ? Cela aurait-il été délibéré ?
?Solidarité? des juges
Certains le pensent mais n?osent le reconnaître publiquement par crainte. ?Nous avons à comparaître devant ces mêmes juges?? affirme un avocat. En fait, les avocats du barreau et du parquet sont partagés. ?Ecoutez, les juges sont humains. Ils ne devraient pas se laisser influencer sur leurs a priori sur les gens, mais, malheureusement, cela arrive. Mais ce n?est pas une raison pour parler de persécution?, entend-on ici. ?Nous ne voulons pas subir le même sort que Dev Hurnam !? suggère-t-on par là, quand on n?évoque pas ?une solidarité? des juges. ?Les juges ici sont, en général, solidaires des décisions de leurs confrères?, soutient un avoué. Ce qu?on a du mal à admettre vu que les uns renversent bien les décisions des autres.
Si la ?complicité? des juges ou des allégations que certaines ?affinités? juge-avocat aident la tournure du procès sont difficilement vérifiables, en revanche, que la personnalité de Hurnam lui ait attiré l?antipathie du judiciaire semble plausible. Une certaine arrogance, une agressivité à fleur de peau.
Cela peut-il cependant influencer un juge ? ?Je vous explique comment : prenez un procès X. Le juge demande à voir un avocat et lui fait comprendre que ce ne serait pas bien de poursuivre dans telle voie. Une chance sur dix que l?avocat essaiera de convaincre son client à adopter la voie ?suggérée? par le juge. Que ferait Hurnam? Il se mettrait à crier et à insulter le juge parce que, ce qui prime à ses yeux, ce sont les intérêts de son client. Voilà pourquoi les juges n?aiment pas cet homme?, explique un éminent légiste.
Alors, persécution ou pas ? On aimerait croire que non, on aimerait croire qu?il y a juste une différence d?appréciation. Le ?written judgment? des Lords anglais sur cette troublante affaire sera certainement l?occasion d?une mise au point dans le judiciaire.
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