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Bérenger : ?Le tourisme est entre de bonnes mains?
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Bérenger : ?Le tourisme est entre de bonnes mains?
On a disserté ferme sur l?avenir du tourisme hier. Le nouveau Tourism Bill, débattu et adopté dans le même souffle, a jeté les bases. Le député Xavier-Luc Duval a résumé les appréhensions de l?opposition, qu?après le sucre et le textile, le gouvernement ne laisse péricliter le tourisme. Et les critiques venant du Premier ministre ont fusé.
Paul Bérenger n?admet pas qu?on qualifie le sucre et le textile d?industries en voie de disparition. Il a remis les choses dans leur contexte et a assuré que son administration dirige ce secteur d?une main ferme.
Jusqu?à présent, l?administration a poursuivi une politique résolue en faveur d?une augmentation de la capacité d?accueil de l?industrie. Les projets d?hôtels se sont multipliés : cinq établissements à Bel-Ombre, trois autres à St.-Félix, quatre à Les Salines, trois à Balaclava? D?innombrables projets sous l?Integrated Resort Scheme qui englobe hôtel, villas et golf, attendent d?être mis en chantier. En moyenne, le nombre de chambres rien que dans les hôtels devrait augmenter de 2 000.
Mais il faut remplir ces chambres, surtout par les temps difficiles qui courent. Paul Bérenger se veut rassurant : son gouvernement, dit-il, songe sérieusement à marquer un temps d?arrêt par rapport au développement hôtelier après la réalisation des projets en cours.
Le marketing sera également boosté. La Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), organisme chargé de vendre Maurice, est tenue à l??il. Car nos élus ne sont pas contents de sa performance. Ils ont des réserves sur sa manière de dépenser les précieux deniers publics consacrés au marketing. Mais d?autres intervenants ont estimé que ce budget est grandement insuffisant au vu de la compétition sur la place.
Paul Bérenger est loin de partager cet avis. ?Rs 160 millions, ce n?est pas rien. Nous sommes prêts à considérer une augmentation du budget si nous sommes convaincus que chaque roupie est dépensée de la manière la plus efficiente possible et qu?il est nécessaire de consacrer plus d?argent au marketing.?
Opposition et membres du gouvernement ont tous réclamé plus de transparence à la MTPA. Ils demandent que l?organisme rende des comptes par rapport à ses dépenses. Paul Bérenger a fait taire leur indignation en affirmant qu?il a déjà demandé au ministre de tutelle de compiler un rapport détaillé sur les dépenses de la MTPA. Le ministre du Tourisme, Anil Gayan, a ajouté que ce document est en cours de préparation. Les gouvernants attendent beaucoup du changement à la tête de cet organisme qui tombe désormais sous la présidence de Suresh Seegobin, ancien directeur de marketing d?Air Mauritius.
Libérer le ciel mauricien avec prudence
Anil Gayan avait auparavant élaboré sur un nouveau partenariat conclu avec le secteur privé pour doper le marketing de la destination. Les principaux transporteurs aériens assurant la liaison Maurice-Europe sont d?accord pour une stratégie conjointe. Le Premier ministre se dit pour sa part satisfait de ce nouveau mood qui anime l?industrie.
En ce qui concerne le positionnement de la destination, Paul Bérenger a assuré que la Vieille Europe continuera à être le marché privilégié de Maurice. Cela dit, on explorera tout de même les potentiels chinois et indien, a-t-il précisé. Pas question non plus de négliger le tourisme régional, particulièrement important pour les petits hôtels et le secteur informel. A ce titre, l?impact de la taxe sur les arrivées sur le marché régional est en train d?être surveillé de près.
On ne peut discuter de l?avenir de l?industrie du tourisme sans parler de l?accès aérien. L?opposition a reproché au gouvernement de ne pas accorder suffisamment d?attention à la question. Le Premier ministre s?est empressé de le détromper. Une réelle cacophonie caractérise le débat dès qu?il en est question, constate le chef du gouvernement. Il relève néanmoins un regain de confiance induite largement par la prise de position d?Air Mauritius sous l?impulsion de son nouveau directeur général.
Paul Bérenger précise la position de son administration : le ciel mauricien sera libéré mais ce ne sera fait que sous la plus grande prudence. Car il n?est pas question de compromettre Air Mauritius, d?autant que celle-ci a pris un engagement formel de se débrouiller pour augmenter la capacité sur tout marché où la demande est justifiée.
Promesse non tenue
Entre-temps, petite confirmation : un deuxième porteur français sera bel et bien admis. Mais son identité n?est pas encore connue. On prendra le temps qu?il faut à ce sujet car il n?est pas question d?effaroucher l?allié traditionnel et fiable qu?est Air France. Le cas Emirates sera prochainement discuté avec les responsables de cette compagnie qui n?a pas tenu sa promesse de promouvoir Maurice sur le marché arabe.
Il faut donc maintenir le cap et rendre plus efficiente encore l?administration de cette industrie. Et le Tourism Bill en a l?ambition. Le projet de loi est une amélioration des dispositions prises en 2002 quand une Tourism Authority de même qu?une Travel Agents and Tour Operators Authority ont été créées. Le présent projet consiste à fusionner ces deux instances dans un souci de rationaliser leurs opérations.
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