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Un référendum qui reflète les divisions des Indiens
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Un référendum qui reflète les divisions des Indiens
Un référendum s?est tenu hier en Bolivie sur la gestion des ressources en gaz naturel, scrutin que beaucoup perçoivent comme un vote de confiance sur la politique du président Carlos Mesa, au pouvoir depuis octobre dernier.
Mesa a accédé à la présidence après la démission de son prédécesseur, intervenue à la suite d?une révolte des Indiens hostiles à sa politique économique. La répression du mouvement par les forces de l?ordre avait fait des dizaines de morts chez les Indiens.
?Les organisations indiennes sont plus divisées (qu?en octobre)?, estime Mario Roque, directeur d?El Alteno, journal d?El Alto, cité-satellite de la capitale La Paz. ?Cette fois-ci, certains croient en Mesa. Et les blessures d?octobre ne sont pas encore guéries. Ils (les Indiens) ne sont pas prêts à de nouvelles manifestations, de nouveaux morts?, explique-t-il.
La ville d?El Alto, avec ses 700 000 habitants issus pour l?essentiel de l?ethnie indienne Aymra, a été au coeur de la révolte d?octobre dernier, provoquée par le mécontentement de la population face à la politique économique du gouvernement, notamment dans le secteur de l?énergie. La révolte d?octobre s?était soldée par la chute du président Gonzalo Sanchez de Lozada. Au temps fort de cette insurrection, la quasi-totalité des rues d?El Alto étaient barrées par des tas de pneus incendiés.
Près d?un an plus tard, les dirigeants indiens appellent à des manifestations contre le référendum, qui ne prévoit pas la question qu?ils auraient aimé voir poser: à savoir si le secteur de l?énergie doit ou non être nationalisé. Une telle demande était devenue le cri de ralliement des manifestants l?année dernière.
Pour se maintenir au pouvoir, Mesa espère l?emporter dans ce référendum, par lequel cinq questions sont posées aux électeurs sur la gestion du gaz, principale source de revenus à l?exportation. Selon les sondages, une majorité de Boliviens devrait voter ?oui?. Le président préconise par ce référendum un accroissement du contrôle de l?Etat sur la production et les exportations de gaz naturel, plutôt qu?une nationalisation du secteur de l?énergie comme le réclament certains Indiens et la gauche.
Les Indiens sont partagés en deux tendances, celle de la gauche modérée incarnée par Evo Morales, plutôt favorable à Mesa, et celle incarnée par l?ancien rebelle Felipe Quispe, qui n?hésite pas à dire que les Indiens vont incendier les urnes.
Alistair SCRUTTON
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